L’ex-chef de Lahav 433 mis en examen pour corruption
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L’ex-chef de Lahav 433 mis en examen pour corruption

La police affirme que Menashe Arviv, qui dirigeait l’unité de lutte contre la corruption de la police, avait passé un accord avec le rabbin Yoshiyahou Pinto

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Menashe Arviv annonçait sa démission de la police israélienne, le 9 février 2014. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Menashe Arviv annonçait sa démission de la police israélienne, le 9 février 2014. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

L’ancien chef de l’unité Lahav 433 de lutte contre la corruption de la police israélienne a été mis en examen dimanche. Il est accusé d’avoir reçu des milliers de dollars et d’autres services du célèbre rabbin Yoshiyahou Pinto.

L’acte d’inculpation présenté à la cour des magistrats de Rishon Lezion a accusé Menashe Arviv de fraude, d’abus de confiance, et d’avoir échoué à remplir ses devoirs officiels.

Entre 2010 et 2013, Arviv aurait établi un accord de contrepartie mutuelle avec Pinto, qui a été jugé inapproprié par Yehuda Weinstein, alors procureur général, qui avait lancé l’enquête en janvier 2016.

Quand il a démissionné en février 2014, Arviv avait clamé son innocence et fustigé l’enquête du procureur général Weinstein, qu’il avait qualifiée de « chasse aux sorcières ».

Pinto, kabbaliste charismatique et influent qui possède de puissantes relations dans le domaine commercial d’Israël, a été libéré de prison en janvier dernier après avoir purgé une peine d’un an pour des accusations de corruption.

Le rabbin Yoshiyahou Pinto à sa sortie de prison, le 25 janvier 2017. (Crédit : Roy Alima/Flash90)
Le rabbin Yoshiyahou Pinto à sa sortie de prison, le 25 janvier 2017. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Depuis 2011, Pinto, 43 ans, qui dirige plusieurs organisations caritatives et des institutions d’étude de Torah à Ashdod, sur la côté méditerranéenne israélienne, et aux Etats-Unis, a fait l’objet de plusieurs enquêtes, par la police israélienne et par le FBI.

En avril 2014, les procureurs fédéraux américains avaient accusé Michael Grimm, représentant américain républicain, car il avait reçu d’importantes contributions financières des partisans de Pinto.

Grimm avait reconnu avoir reçu entre 250 000 et 300 000 dollars des fidèles du rabbin.

Le rabbin Pinto a été suspecté de détournement de fonds d’une œuvre caritative. Selon le FBI, il aurait aussi été la cible d’une tentative de chantage.

Selon l’acte d’inculpation de Rishon Lezion, dans le cadre de « l’alliance des intérêts » entre les deux parties, Arviv et Pinto se seraient tournés l’un vers l’autre pour différents services qui auraient renforcé leur image publique. Le premier voulait être lié à un rabbin important, et le second une relation avec un représentant des forces de l’ordre.

Menashe Arviv, alors chef de l'unité Lahav 433 de lutte contre la corruption de la police israélienne, à gauche, avec le rabbin Yoshiyahou Pinto. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Menashe Arviv, alors chef de l’unité Lahav 433 de lutte contre la corruption de la police israélienne, à gauche, avec le rabbin Yoshiyahou Pinto. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Arviv, qui a également été le représentant de la police israélienne aux Etats-Unis, a demandé de l’aide à Pinto pour trouver des emplois à New York à son épouse et à son fils, en plus de l’aider à obtenir une remise sur la maison qu’il comptait acheter.

Des proches de Pinto ont aidé l’épouse d’Arviv à obtenir un emploi, et ont même payé 2 650 dollars pour qu’elle obtienne un visa de travail aux Etats-Unis.

Arviv a séjourné plusieurs fois à l’hôtel Metro de New York, qui appartient à l’un des proches de Pinto. Cependant, au lieu de payer le prix classique, Arviv laissait derrière lui une enveloppe contenant le montant, en liquide, qu’il jugeait approprié pour son séjour.

Alors qu’il savait, en tant que chef de Lahav 433, que les actes de Pinto faisaient l’objet d’une enquête criminelle, Arviv a maintenu sa relation avec le rabbin, et n’a pas signalé de conflit d’intérêts aux enquêteurs.

Le département des enquêtes sur la police du ministère de la Justice, à Jérusalem, en octobre 2014. Illustration. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le département des enquêtes sur la police du ministère de la Justice, à Jérusalem, en octobre 2014. Illustration. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pinto avait ensuite offert 60 000 dollars à Arviv, pour tenter de faire disparaître les accusations à son encontre. Bien que le policier ait refusé le pot-de-vin, il n’a pas signalé l’évènement aux responsables concernés.

Quand le FBI s’est tourné vers Arviv pour obtenir de l’aide dans sa propre affaire contre Pinto pour ses activités illégales aux Etats-Unis, le directeur de l’unité de lutte contre la corruption a une fois encore laissé de côté des informations cruciales de sa relation avec le rabbin, selon l’acte d’inculpation.

L’enquête sur Pinto avait fait les gros titres en Israël en janvier 2014, quand ses avocats avaient affirmé au bureau du procureur de l’Etat qu’Arviv avait accepté illégalement des services et fourni des informations secrètes en retour.

Pinto avait ainsi pu n’être condamné qu’à un an de prison en se retournant contre Arviv.

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