Israël en guerre - Jour 236

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L’hommage d’Israël aux soldats juifs morts en mer durant la Seconde Guerre mondiale

Une journée sera dédiée à la mémoire des 560 guerriers de Palestine mandataire qui ont combattu avec les Britanniques contre les puissances de l’Axe, toujours portés disparus

  • Monument dédié aux victimes du SS Erinpura. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Monument dédié aux victimes du SS Erinpura. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Monument dédié aux victimes du SS Erinpura. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Monument dédié aux victimes du SS Erinpura. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le mémorial dédié aux 23 marins juifs perdus en mer, sur le Mt. Herzl à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le mémorial dédié aux 23 marins juifs perdus en mer, sur le Mt. Herzl à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Jardin commémoratif dédié aux soldats juifs disparus au combat, à Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Jardin commémoratif dédié aux soldats juifs disparus au combat, à Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Mur commémoratif sur le mont Herzl à Jérusalem pour les soldats dont le lieu de sépulture est inconnu. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Mur commémoratif sur le mont Herzl à Jérusalem pour les soldats dont le lieu de sépulture est inconnu. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Mémorial dédié aux marins juifs perdus en mer, pendant la Seconde Guerre mondiale, au nord de Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Mémorial dédié aux marins juifs perdus en mer, pendant la Seconde Guerre mondiale, au nord de Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Mémorial dédié aux 23 marins juifs perdus  en mer, sur le Mt. Herzl à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Mémorial dédié aux 23 marins juifs perdus en mer, sur le Mt. Herzl à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Lieu de commémoration, sur le mont Herzl à Jérusalem, pour les soldats dont les lieux de sépulture sont inconnus. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Lieu de commémoration, sur le mont Herzl à Jérusalem, pour les soldats dont les lieux de sépulture sont inconnus. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Mémorial dédié aux marins juifs perdus en mer pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le Nord de Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Mémorial dédié aux marins juifs perdus en mer pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le Nord de Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

En ce début d’été 1941, sept corps s’échouent sur les rives de Tripoli, au Liban, alors sous contrôle du régime de Vichy, affilié aux nazis.

Dès qu’elle apprend la nouvelle, la Haganah – force de défense pré-étatique d’Israël – dépêche un représentant sur place pour mener l’enquête.

Ce n’est pas un hasard si le 18 mai de cette année-là, un navire britannique appelé le Sea Lion, avec à son bord 23 commandos juifs formés par la Haganah et un officier britannique, part saboter des raffineries de pétrole à Tripoli. Et qu’il disparaît en mer.

Des milliers de Juifs vivant en Palestine sous mandat britannique avant la création d’Israël prennent part à des missions contre les puissances de l’Axe.

Parmi ces combattants, 560 sont portés disparus au combat, car leur lieux de sépulture sont inconnus.

Près de 200 soldats de ce type ont été perdus en mer pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le destin funeste du Sea Lion – connu des Britanniques sous le nom d’Opération Boatswain – est commémoré en Israël sous le nom de « 24 Yordei Hasira », traduit littéralement par « Les 24 marins ». (La mémoire de l’officier britannique est honorée en même temps que celle des 23 soldats juifs.)

Le Sea Lion n’est pas le seul à connaître un triste sort ; deux autres navires transportant des Juifs de Palestine disparaissent également pendant la guerre.

Propriété de la British Indian Steam Navigation Company, le SS Erinpura est un paquebot qui a servi de navire-hôpital pendant la Première Guerre mondiale.

Le navire est également mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale et, le 29 avril 1943, il quitte Alexandrie en direction de Malte, avec à son bord un millier de soldats, y compris des membres du Corps auxiliaire africain des pionniers et 140 Juifs de l’Israël pré-étatique, volontaires pour servir dans l’armée britannique.

Monument dédié aux victimes du SS Erinpura. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Dans la soirée du 1er mai 1943, des bombardiers allemands attaquent le convoi au nord de la ville libyenne de Benghazi. Les navires tentent des mesures d’évitement et ripostent. C’est alors qu’un bombardier torpille un pétrolier britannique, qui prend feu et chavire en l’espace de quelques minutes, tuant 10 membres de son équipage.

Alors que les avions allemands continuent d’attaquer, une bombe touche l’Erinpura, qui sombre rapidement, avec à son bord plus de 800 personnes, dont 173 volontaires juifs, qui périssent en mer.

Un cargo à vapeur danois appelé le St. Jan, construit en 1907 et passé de mains en mains avant que la compagnie Palestine Maritime Lloyd ne le prenne en charge en 1935, acquiert son nom définitif – le « SS Har Zion », ou « Mt. Zion » en anglais – et pare sa cheminée d’une étoile de David.

Basé à Haïfa et armé d’un équipage majoritairement juif, il navigue sous le pavillon de la marine marchande britannique.

Mémorial dédié aux marins juifs perdus en mer, pendant la Seconde Guerre mondiale, au nord de Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

En 1940, le Har Zion est mobilisé par les Britanniques pour transporter du fret pour l’armée britannique.

Le 29 août 1940, il fait partie d’un grand convoi qui part de Liverpool à destination de Savannah, en Géorgie. Deux jours plus tard, le navire est torpillé par un sous-marin allemand : 36 personnes sont perdues en mer, parmi lesquelles 17 marins juifs.

L’enquête sur les corps échoués sur les côtes libyennes suite au naufrage du Sea Lion n’aboutit pas.

Mais que se serait-il passé au cas contraire ? Et si l’enquêteur avait trouvé ne serait-ce qu’un seul des sept corps et avait pu l’identifier comme un des 24 marins ?

Le mémorial dédié aux 23 marins juifs perdus en mer, sur le Mt. Herzl à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Il est possible qu’à l’avenir, une partie des 560 soldats portés disparus soient retrouvés, que ce soit sur une plage, dans une tombe oubliée de tous ou prisonniers à l’étranger.

Parmi ces héros qui se sont portés volontaires pour des opérations de l’armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, figurent des hommes qui ont combattu en Irak, en Égypte, en Syrie, au Liban ou en Grèce.

Pour identifier des corps, il suffit de disposer d’échantillons d’ADN de membres de leur famille.

Eitan, l’unité de l’armée israélienne chargée d’identifier les soldats disparus, travaille sans relâche pour retrouver le lieu de sépulture des soldats tués depuis 1948. Mais l’unité ne recherche pas ceux qui sont morts avant la guerre d’Indépendance d’Israël, et elle a parfois besoin d’aide pour retrouver des parents vivants afin d’obtenir ces précieux échantillons d’ADN, aux fins d’identification.

C’est là qu’interviennent les bénévoles de l’organisation Giving a Face to the Fallen (GFF).

Fondée en 2013, cette organisation a vocation à perpétuer la mémoire des soldats tombés au combat dont le sacrifice a contribué à la création de l’État d’Israël.

C’est elle qui a été chargée de chercher des informations sur les soldats disparus avant et pendant la guerre d’Ondépendance, car on ignore tout d’eux.

Les informations sur les parents vivants sont alors essentielles pour parvenir à identifier l’ADN des soldats tombés au combat dont le lieu de sépulture est inconnu.

Mur commémoratif sur le mont Herzl à Jérusalem pour les soldats dont le lieu de sépulture est inconnu. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Ni les Britanniques ni les dirigeants de la Haganah n’avaient d’informations sur deux des soldats juifs disparus sur le Sea Lion.

Il a été relativement facile pour le GFF de trouver des parents de Gershon Kopler, qui vivait en Palestine mandataire depuis 1933. En revanche, pour le second, Yehuda « Rudi » Czerner, le mystère est demeuré entier jusqu’à ce que GFF enquête sur sa vie.

Il a fallu trois années entières pour retrouver sa trace, en consultant des documents commémoratifs des années 1950, les archives sionistes, celles des passeports, les archives juives de Pologne et des sites Internet.

Ces recherches ont permis de trouver une photo de la pierre tombale du père de Czerner, décédé en 1936 (le reste de la famille a été assassiné pendant la Shoah) et même une photo de la maison des Czerner en Allemagne.

Au terme de longues recherches, GFF a conclu que Czerner avait des parents en Palestine au moment où le navire a coulé.

La fondatrice du GFF, Dorit Peri, a contacté une personne, supposée être un descendant d’un parent commun, afin de s’assure qu’il était lié à Czerner. Après quelques questions détournées sur les oncles, cousins et grands-parents de cette personne, elle a découvert que Czerner et lui avaient un arrière-grand-parent en commun.

Yehuda ‘Rudi’ Czerner, disparu au combat pendant la Seconde Guerre mondiale, sur une photo non datée. (Avec l’aimable autorisation des Archives d’État d’Israël)

Né à Cottbus en Allemagne, le 7 juillet 1920, Yehuda « Rudi » Czerner a participé, enfant, aux mouvements de jeunesse juifs de sa ville.

À l’âge de 16 ans, il a quitté sa famille et immigré en Palestine, où il a travaillé comme jardinier en chef dans un kibboutz et rencontré sa petite amie, Techiya.

Il a été l’un des fondateurs du kibboutz Kedma.

Solitaire, il était dévoué à son travail et loyal envers ses amis. Il passait le plus clair de son temps à apprendre l’hébreu, l’agriculture et était fasciné par la mer.

Il a bénéficié des cours de la Haganah, notamment ceux de marin, et est même devenu instructeur au sein de l’organisation.

Avec la Haganah, il a mené des opérations contre des groupes arabes.

En 1941, il s’est porté volontaire dans les rangs de l’armée britannique. Pour en savoir plus, consultez le site Internet de Face to the Fallen.

Selon une tradition juive du 18e siècle, Moïse est né et mort le septième jour du mois hébreu d’Adar.

Chaque année, à cette date, qui est tombée cette année le 28 février, une cérémonie officielle a lieu sur le mont Herzl en mémoire des morts d’Israël dont le lieu de sépulture, comme celui de Moïse, est inconnu.

Cette année, le GFF a fêté son dixième anniversaire lors d’un événement spécial organisé au Menahem Begin Heritage Center, le 27 février dernier, au cours duquel il a révélé des histoires inédites de soldats disparus et accueilli des vétérans de la guerre d’Indépendance et leurs familles.

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