Liban : la rue boycotte le nouveau Premier ministre, soutenu par le Hezbollah
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Liban : la rue boycotte le nouveau Premier ministre, soutenu par le Hezbollah

Hassan Diab a été nommé par le président Michel Aoun au terme de plusieurs semaines de tractations

Des Libanais manifestent contre la classe politique, dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban, le 22 décembre 2019. (Crédit : AP / Bilal Hussein)
Des Libanais manifestent contre la classe politique, dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban, le 22 décembre 2019. (Crédit : AP / Bilal Hussein)

Des figures du mouvement de contestation au Liban et des milliers de personnes ont boycotté dimanche après-midi l’appel du nouveau Premier ministre à des négociations avec la rue en vue de former un gouvernement.

Les manifestations, placées sous le slogan « Dimanche de la détermination », ont eu lieu à Beyrouth, notamment sur la place des Martyrs, dans le centre-ville, et dans plusieurs autres villes du pays, et notamment Tyr (sud) et Baalbeck (est). Après la tombée de la nuit, les manifestants de la capitale ont bloqué plusieurs routes et autoroutes.

Ils ont ensuite marché vers le Parlement, gardé par des dizaines de policiers anti-émeute. Contrairement à la semaine dernière, aucune violence n’a été rapportée dimanche.

Des manifestants en provenance de Tripoli (nord) ont eux été arrêtés par l’armée sur le chemin les menant à la capitale.

Des manifestants prennent des photos avec leur téléphone portable d’une affiche taguée du nouveau Premier ministre libanais Hassan Diab et d’une liste de ce que les manifestants décrivent comme les réalisations du nouveau Premier ministre lorsqu’il était ministre de l’Enseignement supérieur, au centre-ville de Beyrouth, au Liban, le 22 décembre 2019. (Crédit : AP / Bilal Hussein)

Désigné jeudi par le président Michel Aoun au terme de plusieurs semaines de tractations, Hassan Diab, soutenu par le groupe terroriste libanais du Hezbollah, est confronté à un mouvement populaire inédit qui, depuis le 17 octobre, exige le départ de l’ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente.

Samedi, il a promis, au terme de consultations avec les principaux blocs parlementaires, de former un gouvernement de technocrates indépendants de la classe dirigeante, restée quasi-inchangée depuis trois décennies.

Le 29 octobre, la contestation avait obtenu la démission du Premier ministre Saad Hariri et de son gouvernement, et réclame désormais la formation d’un cabinet de technocrates, dans un pays au bord de l’effondrement économique.

Mais l’appel de M. Diab à des concertations avec des représentants du mouvement semble avoir été rejeté par la rue.

Des Libanais manifestent contre la classe politique, dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban, le 22 décembre 2019. (Crédit : AP / Bilal Hussein)

Dimanche, en parallèle des manifestations de la place des Martyrs, des militants, notamment des femmes, ont fait le pied de grue devant le domicile de M. Diab, s’engageant dans des apartés parfois tendus avec les rares personnes ayant fait le déplacement chez le Premier ministre et qui affirment représenter la contestation.

« Qui êtes vous ? (…) Vous ne représentez pas la révolution », ont lancé des militantes à leur adresse.

« Aucun groupe réellement actif sur le terrain n’a rencontré aujourd’hui le Premier ministre désigné », a assuré à l’AFP Wassef al-Haraké, une figure de la contestation. « Ils veulent nous embourber dans le jeu des négociations », a-t-il ajouté.

Les partis au pouvoir cherchent à « diviser la rue et les groupes » qui la représentent, a encore accusé M. Haraké.

Les contestataires réclament un changement du système politique à travers la formation d’un cabinet, totalement indépendant du traditionnel sérail politique, qui sera chargé de préparer des élections parlementaires anticipées.

« Ces consultations ont été un échec », a affirmé à l’AFP Ali Haidar, un habitant de la banlieue sud de Beyrouth, estimant que les personnes ayant rencontré M. Diab « ne représentent pas la révolution ».

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