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Liban : l’ex-Premier ministre Saad Hariri annonce son retrait de la vie politique

L'Arabie saoudite était jadis son principal allié régional, avant que leurs relations ne se détériorent, Ryad estimant qu'il était trop complaisant envers le Hezbollah

Le Premier ministre libanais Saad Hariri salue ses partisans à son arrivée à Beyrouth, le 22 novembre 2017. (Crédit : AFP PHOTO / STR)
Le Premier ministre libanais Saad Hariri salue ses partisans à son arrivée à Beyrouth, le 22 novembre 2017. (Crédit : AFP PHOTO / STR)

L’ancien Premier ministre et principal leader sunnite libanais Saad Hariri a annoncé lundi son retrait de la vie politique libanaise, évoquant notamment « l’influence iranienne » sur le pays, le « désordre sur la scène internationale » et les « divisions internes ».

Le quinquagénaire, propulsé sur la scène politique après l’assassinat de son père, l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005, a annoncé sa décision lors d’un bref discours prononcé à Beyrouth.

Cette annonce intervient après une série de revers financiers et politiques au cours des dernières années, tandis que le Liban est frappé par la pire crise socio-économique de son histoire.

« Je suspends ma participation à la vie politique et invite ma famille politique au sein du Courant du Futur à suivre ma voie », a-t-il déclaré, appelant le principal parti sunnite dont il préside, à ne pas présenter de candidats aux élections législatives prévues en mai.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’ est adressé à ses partisans dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 3 novembre 2014. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla, File)

« Il n’existe aucune opportunité positive au Liban (en raison) de l’influence iranienne sur le pays, du désordre sur la scène internationale, des divisions internes, du confessionalisme et du délitement de l’État », a dit M. Hariri.

L’Arabie saoudite était jadis le principal allié régional de M. Hariri, avant que leurs relations ne se détériorent au cours des dernières années, Ryad estimant qu’il était trop complaisant envers le mouvement terroriste chiite du Hezbollah.

Poids lourd de la politique libanaise, le Hezbollah est armé et financé par l’Iran chiite, grand rival régional de l’Arabie saoudite sunnite et représente la seule faction libanaise à avoir gardé ses armes après la guerre civile (1975-1990).

Au Liban abonné aux crises politiques à répétition, M. Hariri a déjà dirigé trois gouvernements. Depuis son accession au pouvoir pour la première fois en 2009, il s’est peu à peu forgé une réputation d’homme de compromis.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri s’exprime lors d’une conférence à Chatham House à Londres le 13 décembre 2018.(Daniel Leak-Olivas/AFP)

Il a présenté sa troisième démission environ deux semaines après le début des manifestations populaires contre la classe politique le 17 octobre 2019.

Malgré sa nomination le 22 octobre 2020 pour former le gouvernement, il n’a pas pu aller au bout de sa mission du fait du ressentiment populaire et des divisions politiques.

Lors des dernières élections de 2018, qui ont consolidé l’influence du Hezbollah, le nombre de sièges du bloc parlementaire de M. Hariri a diminué d’environ un tiers, et certains ont lié la baisse de sa popularité aux concessions politiques qu’il a faites, qui, selon lui, visaient à préserver la paix civile.

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