Liberman à Mattis: L’Iran est la « plus grande menace » de la région « et au-delà »
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Liberman à Mattis: L’Iran est la « plus grande menace » de la région « et au-delà »

Alors qu'il accueille son homologue israélien, le secrétaire américain à la Défense prévient que la confrontation entre l'Iran et Israël en Syrie devient de plus en plus probable

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, deuxième à gauche, et son ambassadeur aux États-Unis Ron Dermer, attendent une réunion avec le secrétaire américain à la Défense James Mattis au Pentagone, le 26 avril 2018 à Washington, DC. (Brendan Smialowski/AFP)
Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, deuxième à gauche, et son ambassadeur aux États-Unis Ron Dermer, attendent une réunion avec le secrétaire américain à la Défense James Mattis au Pentagone, le 26 avril 2018 à Washington, DC. (Brendan Smialowski/AFP)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré à son homologue américain, le secrétaire à la Défense James Mattis, que « la plus grande menace pour la stabilité du Moyen-Orient » est l’Iran.

Les deux hommes se sont rencontrés jeudi au Pentagone, en compagnie du plus haut gradé de l’armée américaine, le général Joseph Dunford, chef d’état-major interarmées, pour discuter des « récents développements au Moyen Orient, en particulier les efforts de l’Iran pour se fixer en Syrie », selon une déclaration du bureau de Liberman.

Lors de la réunion, Liberman aurait dit à Mattis : « Je veux exprimer notre reconnaissance pour la coopération extraordinaire » entre nos deux gouvernements, « et j’espère que nous pourrons traduire les résultats de cette réunion en mesures significatives sur le terrain ».

Israël travaille avec l’administration Trump sur le durcissement – ou l’annulation – de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, et exhorte les États-Unis à maintenir des troupes en Syrie et à aider Israël à repousser les forces militaires iraniennes croissantes dans le pays.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, deuxième à gauche, et son ambassadeur aux États-Unis Ron Dermer, attendent une réunion avec le secrétaire américain à la Défense James Mattis au Pentagone, le 26 avril 2018 à Washington, DC. (Brendan Smialowski/AFP)

Interrogé par un journaliste israélien du site d’information Walla si les États-Unis envisageaient de quitter l’accord nucléaire, Mattis a répondu que les États-Unis n’ont pas encore pris de décision.

Lorsqu’on lui a demandé s’il croyait que les expéditions d’armes iraniennes vers la Syrie étaient destinées à être utilisées dans un conflit futur avec Israël, Mattis a laissé entendre qu’elles l’étaient, disant aux journalistes qu’il ne pouvait pas trouver une autre explication à ces expéditions.

Liberman a salué la décision du président américain Donald Trump de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem.

« La plus grande menace pour la stabilité du Moyen-Orient, et au-delà, est la tentative iranienne de saper la stabilité en Irak, au Yémen, au Liban, en Syrie et, bien sûr, ses ambitions nucléaires », a déclaré M. Liberman à M. Mattis.

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis (2e D) prend la parole en présence du président du chef d’état-major interarmées, le général Joseph Dunford (3e D), lors d’une réunion bilatérale avec le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le 26 avril 2018 au Pentagone à Arlington, Virginie. (Alex Wong/Getty Images/AFP)

Liberman a entamé mardi soir un voyage aux États-Unis pour rencontrer des hauts responsables de la défense américaine pour des pourparlers sur l’Iran et la Syrie, a indiqué son bureau.

Outre Mattis, il a rencontré le nouveau conseiller à la sécurité nationale John Bolton, ainsi que des membres de la Commission des services armés du Sénat américain, qui exerce une influence considérable sur la politique militaire et de défense des États-Unis.

Lors d’une audience au Congrès jeudi, Mattis a averti qu’une confrontation militaire entre Israël et l’Iran en Syrie est de plus en plus probable. « Je peux voir comment cela pourrait commencer, mais je ne sais pas quand et où », a-t-il dit. « Je pense que ce sera très probablement en Syrie parce que l’Iran continue de faire son travail par procuration par l’intermédiaire du Hezbollah. »

Il a accusé l’Iran d’“introduire des armes avancées pour le Hezbollah à travers la Syrie” et a noté qu’Israël « n’attendra pas de voir ces missiles dans les airs. Et nous espérons que l’Iran se retirera ».

Selon une déclaration de Liberman plus tôt cette semaine, sa visite devait se concentrer sur « l’expansion de l’Iran dans tout le Moyen-Orient et sur la question syrienne », ainsi que sur la coopération israélo-américaine en matière de sécurité.

« Je profiterai également de l’occasion pour remercier nos amis américains pour le transfert de l’ambassade à Jérusalem – le cadeau parfait pour les célébrations du 70e anniversaire », a écrit Liberman dans un tweet.

La visite du ministre de la Défense à Washington intervient dans une période de tensions particulièrement fortes entre l’Iran, Israël et les Etats-Unis.

L’Iran, qui a appelé à la destruction de l’État juif, est considéré comme le principal ennemi d’Israël, finançant des groupes terroristes qui mènent des attaques contre des civils et des soldats israéliens. Israël a donc désigné l’enracinement iranien en Syrie comme inacceptable, ce qu’il s’efforcera d’empêcher militairement si nécessaire.

Au cours des deux dernières semaines, des responsables israéliens et iraniens ont échangé des menaces de plus en plus belliqueuses à la suite d’une frappe aérienne sur une prétendue installation de drones iraniens située sur une base aérienne syrienne le 9 avril. L’Iran, la Russie et la Syrie ont tous affirmé qu’Israël était derrière l’attaque. Israël se refuse à commenter la frappe.

En outre, Trump devrait décider dans les semaines à venir si l’Amérique continuera ou non de faire partie de l’accord nucléaire, connu officiellement sous le nom de Plan d’action global conjoint (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA).

Trump a longtemps critiqué l’accord et l’a récemment qualifié de « fou » mardi.

« C’est un accord avec des fondations pourries. C’est une mauvaise affaire, c’est une mauvaise structure. Il est en train de tomber », a dit Trump.

Il s’est fixé la date limite du 12 mai, date à laquelle il doit prendre la décision de rétablir ou non les sanctions contre la République islamique. Trump a indiqué qu’il continuera de faire partie de I’accord si des changements importants y sont apportés.

L’accord sur le nucléaire (JCPOA) impose à l’Iran de renoncer à ses ambitions nucléaires – mais de laisser intacte la plus grande partie de son infrastructure nucléaire – en échange d’un allègement des sanctions paralysantes qui lui avaient été imposées.

Les détracteurs de l’accord font valoir que les « clauses d’extinction » du JCPOA, périodes de temps après lesquelles l’Iran peut commencer à enrichir de l’uranium, signifient que le pays n’est pas empêché de mettre au point une arme nucléaire, mais qu’il est simplement retardé. D’autres affirment que les inspecteurs internationaux ne sont pas en mesure d’enquêter librement sur des sites comme les installations militaires, ce qui peut être exploité par l’Iran pour violer l’accord sans se faire prendre.

De plus, l’accord nucléaire est étroitement ciblé et ne traite pas des programmes de missiles balistiques du pays ou de son soutien aux groupes terroristes et aux dictateurs du Moyen-Orient.

« Je pense que nous aurons de bonnes chances de faire un accord beaucoup plus important, peut-être », a dit Trump. « Nous allons voir ce qui se passe le 12. »

Les autres signataires du JCPOA – la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et l’Allemagne – ont exprimé soit des hésitations face à ces changements proposés, soit une opposition totale.

Cependant, mardi, le président français Emmanuel Macron a rencontré Trump à la Maison Blanche pour discuter du JCPOA et a indiqué que des progrès ont été réalisés pour que les Etats-Unis restent partie intégrante de l’accord.

« Je peux dire que nous avons eu des discussions très franches à ce sujet, rien que tous les deux », a déclaré M. Macron lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Trump à ses côtés.

« C’est pourquoi nous souhaitons désormais travailler à un nouvel accord avec l’Iran », a-t-il déclaré.

Macron a précisé qu’il ne voulait pas dire que le JCPOA serait mis au rebut, mais plutôt qu’il s’agirait du « premier pilier » d’un effort élargi pour maîtriser Téhéran, qui porterait sur les « clauses de caducité » de l’accord nucléaire, ainsi que sur le programme iranien de missiles balistiques et son soutien aux groupes terroristes à travers le Moyen-Orient.

Judah Ari Gross et les agences ont contribué à cet article.

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