Liberman accusé de légitimer le harcèlement sexuel dans une vidéo humoristique
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Liberman accusé de légitimer le harcèlement sexuel dans une vidéo humoristique

Le ministre de la Défense a publié une vidéo avec Matan Gavish, un militaire qui a servi de modèle au personnage d'Eran Morad, incarné par Sacha Baron Cohen dans "Who is America ?"

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman prend la parole lors d'une conférence de presse le 19 juillet 2018. (Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman prend la parole lors d'une conférence de presse le 19 juillet 2018. (Flash90)

Le comédien Sacha Baron Cohen s’est rendu célèbre en causant des problèmes aux politiques américains en les filmant en train d’exécuter des instructions données par un instructeur à la lutte anti-terroriste, personnage qu’il incarne dans sa série Showtime.

Quand le ministre de la Défense Avigdor Liberman s’est prêté à l’exercice, en parodiant le personnage de Baron Cohen dans une vidéo à l’occasion du Nouvel An, il a fait l’objet de vives critiques.

Des organisations féministes ont accusé mardi le ministre de la Défense israélien de légitimer le harcèlement sexuel après qu’il eut diffusé une vidéo présentée comme humoristique montrant un homme prenant une photo sous la jupe d’une femme.

Dans cette vidéo sous forme de parodie diffusée par son bureau pour souhaiter ses vœux à l’armée à l’approche du nouvel an juif (qui commence dimanche soir), le ministre se tient debout sur un ring à côté d’un instructeur lui apprenant des techniques de lutte contre le terrorisme.

Dans une partie de la vidéo intitulée « comment identifier un terroriste sous une burqa ? », l’homme glisse un téléphone fixé à une perche à selfie sous la robe d’une femme voilée de la tête aux pieds dont on n’aperçoit que les yeux.

L’instructeur dans la vidéo est interprété par Matan Gavish, un militaire israélien qui a servi de modèle au personnage d’Eran Morad, interprété par le comédien américain Sacha Baron Cohen dans la série « Who is America ? ».

La vidéo s’achève lorsque le ministre lance à l’instructeur qu’Israël n’a pas besoin de lui, les soldats de l’armée israélienne étant « les meilleurs du monde », et il leur souhaite une bonne année.

« Le ministre légitimise la violence sexuelle au nom de la sécurité en faisant croire que c’est amusant », s’est indignée sur son compte Twitter Bracha Barad, directrice de l’ONG féministe Kulan.

« Encore un type qui ne comprend pas ce qu’est la nouvelle réalité », a-t-elle dit. « Il y a une différence entre un comédien qui anime un programme avec humour et un ministre chargé de la sécurité des citoyens d’Israël. »

Meirav Michaeli lors d’un discours à la Knesset (Capture d’écran : Dixième chaîne)

La députée travailliste Meirav Michaeli a de son côté exigé de M. Liberman qu’il retire cette vidéo, demande pardon et enseigne « à tous les employés du ministère les lois sur le harcèlement sexuel ».

Orit Sulitzeanu, directrice de The Association of Rape Crisis Centers en Israël, un centre d’aide aux femmes victimes de violences sexuelles a également dénoncé cette vidéo, qualifiant le passage controversé « d’autorisation au harcèlement sexuel tout en transformant le sujet en blague ».

« Le ministre de la Défense Liberman a choisi de mettre en scène un acte d’humiliation des femmes musulmane comme vœu de bonne année ; [c’est un choix] pervers et tordu », a-t-elle déclaré.

« Liberman dépeint avec humour l’humiliation et la dégradation que subissent les femmes durant les fouilles de sécurité », a-t-elle dit. « Prendre une photo par dessous une robe est un acte répréhensible, mais cette vidéo encourage le harcèlement sexuel et le tourne en dérision. »

Elle a demandé à ce que le ministre de la Défense présente ses excuses et retire la vidéo de ses réseaux sociaux.

Le bureau de M. Liberman a réagi à ces critiques en affirmant dans un communiqué que cette vidéo est « humoristique et qu’il ne faut pas la voir autrement ».

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