Liberman demande à Golan de « se taire » pour ne pas faire le jeu de Netanyahu
Le Likud continue d'utiliser à des fins politiques les propos passés du chef des Démocrates à l'approche des élections
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Les tensions entre les chefs des partis d’opposition se sont enflammées mardi. Avigdor Liberman, le président du parti de droite Yisrael Beytenu, et Yair Golan, le chef du parti de gauche Les Démocrates, se sont publiquement pris à partie quant à savoir si les propos de Golan pourraient nuire aux chances de l’opposition de battre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux prochaines élections.
La polémique a débuté lorsque Liberman a déclaré que Golan ferait mieux de se taire, arguant que ses interventions publiques ne faisaient que servir la campagne de Netanyahu, alors que les élections sont prévues le 27 octobre.
Golan devrait « se taire », a affirmé Liberman, lors d’une réunion privée organisée lundi soir. Ce « serait sa plus grande contribution à notre victoire », a-t-il poursuivi, des propos repris par les médias israéliens Ynet et Israel Hayom.
Liberman, un laïc de droite, ancien allié de Netanyahu aujourd’hui devenu son rival acharné, a fait valoir qu’il existait de nombreux points d’accord entre les partis, notamment sur des questions telles que la limitation du nombre de mandats du Premier ministre et la rédaction d’une constitution. Selon lui, en revanche, « soulever presque quotidiennement la question d’un État palestinien ou de l’évacuation des implantations relève de la pure folie » et « profite uniquement à Netanyahu ».
Liberman a également écarté la possibilité que Golan prenne la tête des ministères de la Défense, de la Sécurité intérieure ou de la Justice au sein d’un futur gouvernement dirigé par l’opposition.
En réponse, Golan a appelé Liberman à « cesser de se mettre au service de la campagne d’incitation à la haine » menée par Netanyahu.
« Si Urich affirme que Les Démocrates sont illégitimes, c’est parce qu’il souhaite affaiblir le bloc du changement et ramener Netanyahu au pouvoir », et « il est désormais temps de cesser de se faire l’écho de ses messages », a écrit Golan sur le réseau social X, en référence à Jonatan Urich, proche conseiller en communication de Netanyahu, et au bloc des partis opposés au Premier ministre.
« Nous pouvons nous quereller dès maintenant et offrir un nouveau mandat à Netanyahu. Ou bien nous pouvons faire front commun, remporter la victoire, puis débattre dans le cadre du gouvernement. Nous choisissons la victoire », a affirmé Golan.
Golan fait régulièrement l’objet de vives réactions de la part de l’opinion publique pour ses déclarations controversées concernant l’armée israélienne et les questions palestiniennes. En mai 2025 notamment, il avait semblé accuser Israël de tuer des bébés à Gaza « comme passe-temps », suscitant des condamnations de tous les bords de l’échiquier politique.
Dans l’interview qui avait déclenché cette tempête politique, le général à la retraite a expliqué à la chaîne publique Kan qu’ « Israël, si nous continuons à ne pas nous comporter comme un pays sain d’esprit, risque de devenir un État paria, à l’instar de l’Afrique du Sud. Un pays sain d’esprit ne se bat pas contre des civils, ne tue pas des bébés tel un passe-temps et ne se fixe pas pour objectif d’expulser des populations. »
Cette polémique a poussé le ministre de la Défense, Israel Katz, à décréter que Golan serait définitivement exclu du service de réserve, et interdit de porter l’uniforme militaire et d’accéder aux bases de l’armée. Il a qualifié les propos de Golan sur Gaza « d’accusation de meurtre rituel » susceptible de « permettre aux ennemis d’Israël de continuer à persécuter les soldats de Tsahal à travers le monde », notamment en engageant des poursuites judiciaires à leur encontre.
Le dirigeant de gauche s’est rapidement rétracté. Il a affirmé qu’il ne croyait pas qu’Israël ait agi ainsi, expliquant qu’il avait tenté, par ces paroles, d’exprimer sa crainte que les politiciens extrémistes, au sein du gouvernement, puissent chercher à le faire.
Il n’a néanmoins pas réussi à échapper aux retombées politiques de ses propos. La citation, désormais tristement célèbre, a en effet suscité un regain d’attention internationale la semaine dernière, après qu’elle eut été reprise dans un article du journal britannique The Telegraph, initialement intitulé « Le dernier adversaire de Netanyahu affirme qu’Israël tue des enfants comme passe-temps », avant d’être rebaptisé « L’ennemi juré de Netanyahu, membre de la gauche, se positionne comme le faiseur de rois d’Israël ».
הכותרת בטלגרף הבריטי מצטטת היום את דבריו של יאיר גולן, שותפו של איזנקוט: ״ישראל הורגת ילדים כתחביב״.
איזה שקר מוחלט. איזה נזק נורא למאבקנו הצודק וללוחמינו הגיבורים.
אני מגנה בתוקף את השקר הנתעב הזה! pic.twitter.com/SfxfmPbhvw
— Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו (@netanyahu) July 29, 2026
Netanyahu, pour sa part, a publié une photo de l’article original sur X, accompagnée de la légende suivante : « Le titre du journal britannique The Telegraph d’aujourd’hui cite Yair Golan, le partenaire de [Gadi] Eisenkot : ‘Israël tue des enfants comme passe-temps.’ Quel mensonge révoltant. Quel préjudice terrible pour notre combat légitime et pour nos combattants héroïques. »
Le Premier ministre a par ailleurs utilisé à plusieurs reprises cette citation dans le cadre de campagnes politiques ciblant Golan et Eisenkot, le chef du parti Yashar et principal rival politique de Netanyahu aux prochaines élections.
Tout récemment, cette citation est apparue dans un montage regroupant plusieurs déclarations controversées faites par Golan par le passé et diffusé lundi sur X par le Likud, le parti de Netanyahu – puis republié par Netanyahu lui-même.
Ce montage vidéo de 39 secondes s’ouvre et s’achève sur un texte en hébreu indiquant : « Yair Golan sera le ministre de la Défense d’Eisenkot. »
Aucun témoignage public ne suggère qu’Eisenkot ait l’intention de nommer Golan au poste de ministre de la Défense en cas de victoire de son parti Yashar aux élections. Néanmoins, Netanyahu a déjà eu recours à des tactiques de campagne similaires, accusant notamment Eisenkot de prévoir de s’allier aux partis arabes pour former une coalition.
Personnage controversé de longue date, Golan s’est toutefois brièvement imposé comme un héros de consensus au lendemain du pogrom perpétré par le Hamas le 7-Octobre : il s’était alors rendu en première ligne, et avait personnellement aidé à secourir les festivaliers qui fuyaient l’attaque perpétrée lors du festival de musique électronique Nova.
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