Liberman et Lapid fustigent les Haredim qui ont brûlé l’effigie d’un soldat
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Liberman et Lapid fustigent les Haredim qui ont brûlé l’effigie d’un soldat

Les extrémistes du quartier Mea Shearim de Jérusalem ont brûlé une poupée à l’effigie d’un soldat lors d’une manifestation. Lapid reproche son "silence" au gouvernement

Une effigie d'un soldat ultra-orthodoxe saisi par la police dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem le 2 mars 2018 (Police d'Israël).
Une effigie d'un soldat ultra-orthodoxe saisi par la police dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem le 2 mars 2018 (Police d'Israël).

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid ont critiqué les manifestants ultra-orthodoxes du quartier Mea Shearim qui ont mis le feu à une poupée représentant un soldat en début de semaine.

« S’ils pensent, à Mea Shearim, qu’ils peuvent nous dissuader d’œuvrer en faveur du service militaire égalitaire parmi tous les segments de la société alors ils ont tort », a dit Liberman dans un tweet, mardi.

« Encore et encore dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, des poupées sont habillées comme des soldats et brûlées dans les rues. Le gouvernement d’Israël continue à garder le silence face aux déserteurs et aux incitations contre les militaires. Le gouvernement d’Israël doit s’exprimer en public contre ce phénomène mais il garde le silence », a tweeté Lapid.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 12 mars 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Ces propos sont survenus après que la chaîne Hadashot a fait savoir que des douzaines d’extrémistes ultra-orthodoxes dans le quartier avaient bloqué des routes et brûlé l’effigie d’un soldat dans la rue.

La place Hashabat, un carrefour central au cœur du Jérusalem ultra-orthodoxe, a été fermé plusieurs heures en raison de la manifestation.

Dans un communiqué, la police de Jérusalem a fait savoir qu’elle « n’autorisera aucun événement qui cherche à nuire à ceux qui portent l’uniforme et [qu’elle] se permettra d’utiliser tous les moyens mis à sa disposition pour retrouver les personnes responsables de ces actions ».

Cette dernière mise à feu d’une poupée habillée en militaire survient moins de trois semaines après l’arrestation de deux manifestants ultra-orthodoxes soupçonnés d’avoir accroché des effigies similaires à trois occasions.

Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, en séance plénière de la Knesset le 13 mars 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans au moins l’un des incidents, la poupée était imprégnée de liquide inflammable.

Elles avaient été accrochées à des immeubles du quartier de Mea Shearim.

Le 4 mars, en réponse à l’arrestation, Liberman avait critiqué les politiciens ultra-orthodoxes incapables, selon lui, de dénoncer ce phénomène.

Les tensions sont élevées au sein de la population haredim en raison d’une législation avancée par les députés de la communauté qui vise à exempter du service militaire obligatoire les étudiants en séminaire religieux. Ce projet de loi a menacé de renverser le gouvernement au début du mois.

La question de l’enrôlement des ultra-orthodoxes fait l’objet d’un contentieux en Israël, et évolue autour d’un débat vieux de plusieurs décennies sur le recrutement, obligatoire pour le reste de la population juive, des ultra-orthodoxes au service militaire. Après avoir eu 18 ans, les hommes doivent effectuer un service de 32 mois et les femmes de 24 mois.

Les Israéliens ultra-orthodoxes, qui ont profité pendant des décennies d’une exemption complète du service militaire, s’opposent à ce qu’ils qualifient d’observance laxiste des lois juives au sein de l’armée. De récentes tentatives visant à pourvoir aux besoins des recrues ultra-orthodoxes ont rencontré un certain succès, et leur nombre est passé de 300 par an il y a une décennie à environ 3 000 l’année dernière. Mais de nombreux soldats ultra-orthodoxes doivent encore affronter le harcèlement, les menaces, et les agressions lorsqu’ils reviennent en congé dans les quartiers haredim.

Des manifestants extrémistes ultra-orthodoxes protestant contre le projet de loi sur le service militaire, bloquent l’entrée de Jérusalem le 26 novembre 2017. (Flash90)

Au mois de septembre, la Haute-cour de justice avait rejeté une loi exemptant les ultra-orthodoxes effectuant des études religieuses du service militaire, disant qu’elle sapait le principe d’égalité devant la loi.

La Cour avait suspendu sa décision pour une année pour permettre la mise en place d’un nouvel arrangement, donnant au gouvernement la possibilité d’adopter une nouvelle loi.

Liberman a rejeté la demande des partis ultra-orthodoxes de faire leur propre projet de loi sur le sujet, disant qu’un tel texte ne relève exclusivement que de la responsabilité du ministère de la Défense. Un projet de loi sur la conscription élaboré par le parti YaHadout HaTorah et le Shas a été adopté en lecture préliminaire la semaine dernière à la Knesset mais il sera remplacé le mois prochain, au retour des congés du Parlement, par une nouvelle législation réalisée en coopération avec le ministère de la Défense.

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