L’Irak se réjouit du classement de 7 sites au patrimoine mondial de l’Unesco
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L’Irak se réjouit du classement de 7 sites au patrimoine mondial de l’Unesco

Le Premier ministre Haider Al-Abadi a félicité le peuple irakien et remercié "tous ceux qui ont contribué à ce succès" tant attendu depuis 2003

Un homme dans les marais du sud de l'Irak (Crédit : domaine public/wikimedia commons)
Un homme dans les marais du sud de l'Irak (Crédit : domaine public/wikimedia commons)

Les marais irakiens, ravagés par Saddam Hussein dans les années 1990, ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco, une victoire aussitôt saluée par le gouvernement engagé dans une guerre contre les jihadistes auteurs de nombreuses destructions d’antiquités.

Le Premier ministre Haider Al-Abadi a félicité le peuple irakien et remercié « tous ceux qui ont contribué à ce succès » tant attendu depuis 2003.

Il a ajouté que la culture dans son pays continuera à exister « malgré la destruction et la démolition du patrimoine et des antiquités irakiennes par des groupes terroristes barbares », faisant allusion au groupe jihadiste État islamique (EI) qui s’est emparé de vastes pans de son pays en 2014.

L’EI a détruit de nombreux artefacts au musée de Mossoul, son fief dans le nord de l’Irak, ainsi que dans les villes antiques de Nimroud et Hatra. Pour cette raison, cette dernière a été classée au patrimoine en péril par l’Unesco à l’été 2015.

L’EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l’idolâtrie. Mais selon plusieurs experts, les « idoles » si vivement dénoncées dérangent moins les jihadistes lorsqu’il s’agit de les vendre au marché noir.

Asséchés sous Saddam

Dimanche, « sept sites d’Irak ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco : trois sites archéologiques et quatre zones de marécages dans le sud » du pays, selon l’organisation internationale.

« Les villes archéologiques d’Uruk et d’Ur, ainsi que le site archéologique du Tell Eridu font partie des vestiges de villes et d’établissements sumériens qui se développèrent en Mésopotamie méridionale entre le 4e et le 3e millénaire avant JC », a-t-elle précisé.

« Les Ahwar du sud de l’Irak –- également connus sous le nom de régions marécageuses d’Irak — sont uniques car il s’agit d’un des plus grands deltas intérieurs du monde, dans un milieu extrêmement chaud et aride », poursuit l’Unesco.

Les marais couvraient à l’origine une surface de 15 000 à 20 000 km2, ce qui en faisait l’une des plus vastes zones marécageuses au monde. Mais l’ex-président déchu Saddam Hussein a décidé de les assécher dans les années 1990 car ces marais étaient devenus le foyer d’insurgés chiites opposés à son pouvoir.

L’assèchement de 90 % de leur surface est considéré par l’ONU comme « l’un des pires crimes environnementaux de l’histoire ».

De nombreux canaux et digues construits sous le règne du dictateur ont été depuis démolis, permettant aux eaux du Tigre et de l’Euphrate d’irriguer à nouveau les marais et de raviver la faune.

Les Irakiens ont ainsi pu s’y réinstaller, malgré de nouvelles inquiétudes autour du débit des fleuves, diminué en amont par des barrages installés en Turquie et en Syrie. Ces flux amoindris ont entraîné une salinisation inquiétante de l’eau, la rendant non potable et tuant de nombreux poissons.

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