Loi controversée sur la Shoah en Pologne : Netanyahu écoutera les historiens
Rechercher

Loi controversée sur la Shoah en Pologne : Netanyahu écoutera les historiens

Yad Vashem nuance l'affirmation dans la déclaration des Premiers ministres israélien et polonais, selon laquelle de "nombreux Polonais" ont risqué leur vie pour sauver des Juifs

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) reçoit un cadeau de l'Institut Zeev Jabotinsky lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 8 juillet 2018. (Crédit : AFP/POOL/ABIR SULTAN)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) reçoit un cadeau de l'Institut Zeev Jabotinsky lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 8 juillet 2018. (Crédit : AFP/POOL/ABIR SULTAN)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a défendu dimanche un accord entre Israël et la Pologne sur une loi polonaise controversée relative à l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Netanyahu a répondu dimanche à une tempête d’accusations selon lesquelles il blanchissait l’histoire de lA Shoah au sujet d’un accord qu’il avait signé avec la Pologne, et a déclaré qu’il « écouterait … les historiens » et s’exprimerait en conséquence.

La Pologne a amendé le 27 juin une loi qui avait suscité l’indignation en Israël car elle prévoyait des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour ceux qui attribueraient « la responsabilité ou la coresponsabilité de la nation ou de l’Etat polonais pour les crimes commis par le Troisième Reich allemand ».

L’amendement a supprimé les sanctions prévues dans le texte.

Mais la semaine dernière, le mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, a violemment critiqué la loi amendée et la déclaration conjointe publiée ensuite par les Premiers ministres israélien Benjamin Netanyahu et polonais Mateusz Morawiecki.

Selon Yad Vashem, la loi, même modifiée, reste problématique et la déclaration commune contient de « graves erreurs et des supercheries » qui diminuent le rôle joué par la Pologne dans la Shoah.

Dimanche, Benjamin Netanyahu a précisé que le « but des échanges avec le gouvernement polonais était de supprimer les poursuites pénales prévues dans la loi polonaise qui alimentaient des craintes concernant la recherche et la discussion libre autour de la Shoah ».

« Cet objectif a été atteint », a ajouté le Premier ministre, en introduction du Conseil des ministres, précisant qu’un historien avait participé à la rédaction de la déclaration commune avec le Premier ministre polonais.

Le gouvernement israélien et la diaspora juive craignaient que la loi, telle qu’écrite initialement, n’ouvre la voie à des poursuites judiciaires contre des survivants de la Shoah qui témoigneraient de l’implication de Polonais dans les crimes nazis et n’empêche la recherche de publier librement sur le sujet en Pologne.

L’objectif principal du texte, selon ses promoteurs polonais, était d’empêcher que les camps de la mort nazis en Pologne, comme Auschwitz-Birkenau, ne soient qualifiés de polonais.

Six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs ont été tués entre 1939 et 1945, la Pologne ayant subi l’occupation nazie pendant presque toute la guerre.

Yad Vashem met toutefois en cause l’affirmation dans la déclaration commune des Premiers ministres israélien et polonais, selon laquelle de « nombreux Polonais » ont risqué leur vie pour sauver des Juifs.

« L’aide des Polonais aux Juifs pendant la Shoah a été relativement rare et les attaques contre les Juifs et même leur meurtre étaient des phénomènes courants », écrit le mémorial, qui rappelle que si les sanctions pénales ont été abolies, l’amendement de la loi ne prévoit pas de changements dans les domaines de la recherche et de l’éducation.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...