A Londres, des intellectuels arabes prônent des liens plus forts avec Israël
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A Londres, des intellectuels arabes prônent des liens plus forts avec Israël

Lors de la réunion inaugurale du Conseil arabe pour l'intégration régionale, les participants ont dénoncé le boycott de l'Etat juif - qui, pour eux, nuisent au monde arabe

Des manifestants pour le boycott de l'Etat juif devant la Délégation gouvernementale espagnole à Barcelone, le 20 octobre 2015 (Crédit : Albert Llop/Anadolu Agency/Getty Images/via JTA/File)
Des manifestants pour le boycott de l'Etat juif devant la Délégation gouvernementale espagnole à Barcelone, le 20 octobre 2015 (Crédit : Albert Llop/Anadolu Agency/Getty Images/via JTA/File)

Des dizaines de représentants de la société civile arabe, originaires de 15 pays, se sont rassemblés dans mardi et mercredi à Londres à l’occasion d’une conférence de deux jours, qui a appelé à la fin de l’isolement d’Israël dans le monde arabe.

Réunis sous le nom de Conseil arabe pour l’intégration régionale, les membres de ce nouveau forum ont rejeté le mouvement BDS contre l’Etat juif. Ils ont clamé que les efforts visant à empêcher la normalisation entre leurs nations respectives et Israël avaient fait plus de mal que de bien.

« Les Arabes sont les premières et les seules victimes du boycott », a déclaré l’avocat égyptien Eglal Gheita aux personnes réunies, a fait savoir le New York Times.

Selon le Jewish Journal, un certain nombre des 32 participants initiaux ont pris des risques significatifs en prenant part à la conférence et, malgré l’emphase placée sur la nécessité de construire des liens, aucun Israélien n’était présent dans la salle – une mesure prise afin d’éviter des poursuites judiciaires pour les personnes présentes, qui pouvaient se voir accusées par les autorités de leurs pays respectifs de fraternisation.

Mohammed Anwar Sadat, neveu de feu le dirigeant égyptien Anwar Sadat et leader du parti de la Réforme et du développement pendant une conférence de presse au siège de sa formation au Caire, en Egypte, le 15 janvier 2018 (Crédit : AP Photo/Amr Nabil, File)

Dans un article d’opinion qui a été publié mercredi dans le Wall Street Journal, Gheita et le journaliste arabe Mostafa El-Dessouki ont expliqué penser que « boycotter Israël et sa population n’a fait que renforcer les deux tout en nuisant grandement aux pays arabes – et surtout aux Palestiniens » et que « pour le bien de la région, il n’est que temps d’avancer vers une ère post-boycott ».

Les Arabes, ont-ils écrit, « ont perdu les bénéfices économiques induits par la formation de partenariats avec Israël », comme pour l’obtention des technologies de désalinisation et le boycott « a empêché les Arabes de résoudre les tensions entre les Israéliens et les Palestiniens », ne faisant que renforcer des partisans de la ligne dure, comme le Hamas, tout en marginalisant « les Palestiniens qui œuvrent à juste titre et pacifiquement à construire les institutions nécessaires à un futur Etat ».

« Pire encore », ajoutent-ils, « le boycott régional d’Israël est devenu un modèle d’exclusion et de marginalisation de l’opposition dans le monde arabe. Les divisions ethniques et sectaires se sont durcies, hâtant la désintégration de la Syrie, de l’Irak, de la Libye et du Yémen ».

S’ils ont admis être des marginaux au sein de leurs propres sociétés – deux politiciens seulement (un actuel et un ancien) se trouvant dans l’assistance – les membres du mouvement ont exprimé l’espoir que leur positionnement pourrait finalement influencer le mode de pensée de leurs contemporains.

Ils ont également rejeté l’établissement de relations diplomatiques totales et entières avant la résolution préalable du conflit israélo-palestinien.

Malgré une attitude d’ouverture de plus en plus grande en faveur d’engagements avec Israël dans certaines parties du monde arabe, dans d’autres, l’opposition à de telles éventualités s’est renforcée.

Au mois de mars, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, a ainsi appelé à un « glissement stratégique » dans les liens israélo-arabes, estimant que la décision prise depuis des décennies par le monde arabe de boycotter l’Etat juif avait été une erreur et que ce même boycott avait compliqué les efforts de résolution du conflit israélo-palestinien.

Au mois de juin, le ministre bahreïni aux Affaires étrangères Khalid bin Ahmed al Khalifa a expliqué que son pays reconnaissait le droit à l’existence d’Israël, qu’il savait que le pays était dorénavant définitivement implanté dans la région et qu’il souhaitait faire la paix.

Le nouveau président de Tunisie Kais Saied lors de sa prestation de serment au parlement de Tunis, le 23 octobre 2019 (Crédit : Fethi Belaid/AFP)

Mais, au début de l’année, le président qui a récemment été élu en Tunisie, Kais Saied, a pour sa part qualifié les initiatives visant l’établissement de relations avec l’Etat juif de « haute trahison ».

Et les liens avec la Jordanie, qui a signé un traité de paix avec Jérusalem en 1994, se sont également tendus ces dernières années, le premier envoyé du royaume en Israël clamant récemment que l’accord entre les deux Etats devait être réexaminé, Jérusalem étant susceptible de programmer l’expulsion de masse de millions de Palestiniens.

Parmi les participants à la conférence de cette semaine, le neveu et homonyme d’Anwar Sadate, le président égyptien qui avait signé le premier traité de paix du monde arabe avec Israël en 1979. Prônant une nouvelle approche de l’Etat juif, il a également férocement critiqué Israël pour son traitement des Palestiniens et son soutien au « régime autocratique actuel en Egypte », a fait savoir le Times.

Selon Sadat, ces facteurs ont contribué au « quotient égyptien de culpabilité » concernant le traité de paix conclu avec Jérusalem.

Ecrivant dans le Wall Street Journal, El-Dessouki et Gheita ont affirmé que « peu avant la conférence, des responsables égyptiens ont mis en garde plusieurs membres du Conseil arabe, leur demandant de ne pas s’y rendre. C’est vrai : L’Egypte, allié des Etats-Unis officiellement en paix avec Israël, a tenté de bloquer une avancée vers une paix plus large ».

Néanmoins, ont-ils continué, « nous sommes déterminés à prôner la coopération entre le monde arabe et Israël, fermes dans notre certitude que les bénéfices du partenariat doivent venir remplacer les ravages causés par l’exclusion ».

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