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L’opposition boycotte le texte appelant à une commission « politique » du 7-Octobre

Des manifestations ont eu lieu à la Knesset pendant les débats de la commission de la Constitution sur le projet de loi d'Ariel Kallner ; des élus de l'opposition ont rencontré des familles endeuillées

Des manifestants brandissant des photos des otages assassinés réclamant la création d'une commission d'enquête nationale et la libération du dernier otage encore retenu à Gaza, Ran Gvili, lors d'une manifestation aux abords de la Knesset à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des manifestants brandissant des photos des otages assassinés réclamant la création d'une commission d'enquête nationale et la libération du dernier otage encore retenu à Gaza, Ran Gvili, lors d'une manifestation aux abords de la Knesset à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que les élus de la coalition examinaient lundi un projet de loi pour le moins controversé visant à mener une enquête sous contrôle politique sur les événements du 7-Octobre, les députés de l’opposition assistaient, dans une salle voisine de la Knesset, à une réunion d’urgence des proches des personnes tuées et enlevées lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

L’opposition a boycotté les délibérations sur le projet de loi menées par la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset.

« Les personnes présentes dans la pièce voisine ne sont pas les enquêteurs ; ce sont les personnes sur lesquelles porte l’enquête. L’opposition ne coopérera pas », a déclaré Yaïr Lapid, chef du parti Yesh Atid, accompagné d’Einav Zangauker, la mère de l’ex-otage Matan Zangauker.

« Au cours du premier mois suivant l’entrée en fonction du prochain gouvernement, nous mettrons en place une commission d’enquête nationale afin de garantir que cela ne se reproduise plus jamais », a ajouté Lapid.

« Le gouvernement israélien ne veut pas mener d’enquête et n’a pas l’intention de le faire. Et s’il mène une enquête, ce sera une enquête bidon et un désastre national », a déclaré Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates.

« La lutte pour la création d’une commission d’enquête nationale s’inscrit dans un combat plus large. Si nous ne remplaçons pas le gouvernement, la renaissance d’Israël est en danger, un danger existentiel », a-t-il ajouté.

Des manifestants se sont par ailleurs rassemblés à plusieurs endroits, à l’intérieur et aux abords de la Knesset, pour protester contre le projet de loi très controversé du député Ariel Kallner (Likud), qui vise à mettre en place une commission nommée par le pouvoir politique plutôt qu’une commission d’enquête indépendante. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’y oppose depuis plus de deux ans.

« Il n’existe qu’un seul type de commission d’enquête dans le droit israélien : la commission d’enquête d’État », a déclaré Gilad Kariv (Avoda), membre de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice.

Il a qualifié la commission proposée par le gouvernement de « blanchiment politique » visant à masquer leur responsabilité dans les massacres.

« Ariel Kallner, qui a déclaré en 2018 que ‘nous avons un intérêt stratégique à ce que le Hamas gouverne Gaza’, a de bonnes raisons de saboter une commission d’enquête nationale. L’opposition ne prêtera pas main forte à cette mascarade », a affirmé Kariv.

La député du Likud, Ariel Kallner, présentant son projet de loi visant à créer une commission d’enquête gouvernementale sur les événements du 7-Octobre, lors d’une conférence de presse, à la Knesset, le 14 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mois dernier, la coalition avait approuvé en première lecture le projet de loi très controversé visant à mettre en place une enquête menée par des personnalités politiques plutôt qu’une commission d’enquête indépendante, une décision largement contestée par les familles des otages et les proches des personnes assassinées le 7-Octobre.

Plusieurs familles endeuillées ont brandi des photos de leurs proches lors d’une manifestation silencieuse devant la salle où la commission débattait du projet de loi.

À l’extérieur de la Knesset, des manifestants ont brandi des photos d’otages qui ont été enlevés vivants et tués dans les geôles du Hamas.

« Pendant deux ans, les membres du gouvernement ont affirmé à plusieurs reprises qu’une commission d’enquête nationale serait mise en place à la fin de la guerre. Aujourd’hui, ils continuent d’esquiver leurs responsabilités et tentent de nommer leur propre commission, dont ils pourront contrôler les membres et orienter les conclusions », a déclaré le groupe dans un communiqué.

« Ceux qui étaient aux commandes et occupaient des fonctions officielles au moment de la catastrophe du [7-Octobre] et pendant les deux années qui ont suivi, ceux qui ont sans cesse fait échouer les pourparlers et causé la mort des otages en les abandonnant à la torture, à la famine, aux mauvais traitements et au risque de disparition, ne peuvent continuer à diriger le pays », poursuit le communiqué.

« Les hauts responsables de Tsahal et des services de sécurité ont pris leurs responsabilités et démissionné, mais le gouvernement, responsable du massacre et de l’abandon, refuse d’assumer ses responsabilités et de céder la place. Nous exigeons la mise en place d’une commission d’enquête nationale, indépendante et non politique, qui enquêtera sur les défaillances et veillera à ce qu’une telle catastrophe ne se reproduise plus jamais », a exigé le groupe.

Netanyahu s’oppose fermement à la création d’une commission d’État et résiste à la pression exercée en ce sens depuis plus de deux ans, depuis l’assaut barbare et sanglant du Hamas. Il affirme qu’une commission d’État serait partiale à l’égard du gouvernement, car elle est nommée par le pouvoir judiciaire, dont son gouvernement cherche à limiter les pouvoirs.

L’opposition a refusé de participer aux discussions sur le projet de loi de coalition visant à créer cette commission « politique ».

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