Malgré l’interdiction de filmer, les candidats pourront dire « cheese » en votant
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Malgré l’interdiction de filmer, les candidats pourront dire « cheese » en votant

Le chef de la Commission centrale électorale affirme que les médias pourront prendre des photos des candidats en train de voter, mais qu'ils ne devront pas faire campagne

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara ont voté dans un bureau de vote à Jérusalem lors des élections à la Knesset, le 9 avril 2019. (Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara ont voté dans un bureau de vote à Jérusalem lors des élections à la Knesset, le 9 avril 2019. (Haim Zach/GPO)

La Commission centrale électorale, qui a interdit le mois dernier aux militants des partis de filmer à l’intérieur des bureaux de vote, a précisé lundi que les médias pourront photographier les personnalités publiques lorsqu’elles déposeront leur bulletin dans l’urne lors de l’élection nationale de mardi.

L’utilisation d’appareils d’enregistrement dans les bureaux de vote est devenue un thème central de la campagne électorale après que le parti au pouvoir, le Likud, a poussé les militants politiques à se doter de caméras pour éviter une fraude électorale endémique présumée dans les communautés arabes.

Les responsables politiques pourront prendre la pose lorsqu’ils déposeront leurs bulletins de vote dans les urnes, mais ne devront pas afficher quel parti figure sur le bulletin, ni faire passer de messages de campagne, a déclaré le chef de la commission électorale dans un communiqué.

La décision s’applique aux députés et aux candidats à la députation, y compris le Premier ministre, les ministres, les chefs de parti et leur conjoint.

La ministre de la Justice de l’époque et l’ex-coprésidente du parti HaYamin HaHadash, la députée Ayelet Shaked, montre un bulletin de vote lors de son vote pour les élections de la Knesset dans un bureau de vote à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Roy Alima/Flash90)

Le juge de la Cour suprême Hanan Melcer, qui préside la Commission centrale électorale et a la responsabilité générale d’assurer l’équité et l’exactitude du vote, a expliqué que la police, les médias et certains des candidats aux élections s’étaient renseignés au sujet de la prise de clichés des VIP dans les bureaux de vote lors du vote de mardi, un élément essentiel de la couverture médiatique des élections israéliennes.

« Les médias et les photographes privés n’auront le droit de photographier les personnalités que lorsqu’ils mettront l’enveloppe dans l’urne », a écrit Melcer.

Il est interdit de photographier les VIP lorsqu’ils s’identifient devant les responsables du bureau de vote avant de voter, ou à l’intérieur de l’isoloir, a-t-il souligné.

« Il est absolument interdit d’exprimer des propos [de campagne] pendant le vote et n’importe où à l’intérieur du bureau de vote et il est également interdit de montrer le bulletin de vote aux photographes », a fait savoir Melcer.

En vertu de la loi israélienne, il est illégal de faire campagne à l’intérieur des bureaux de vote ou à plusieurs mètres de leur périmètre. Lors d’élections précédentes, certains responsables politiques ont montré aux médias qu’ils plaçaient le bulletin de vote de leur parti dans une enveloppe électorale, plutôt que de le faire dans l’isoloir, comme c’est la norme. Les enveloppes sont ensuite déposées dans l’urne.

M. Melcer a conseillé aux partis politiques, afin d’assurer le bon déroulement du scrutin, d’informer les commissions électorales régionales de l’heure à laquelle leurs personnalités publiques prévoyaient de se rendre aux urnes, si possible, afin de pouvoir les en informer à l’avance.

Le juge de la Cour suprême Hanan Melcer, président de la commission centrale électorale, est reçu à la Knesset, le 3 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

M. Melcer a déclaré que ses éclaircissements sur les photos prises dans les bureaux de vote étaient nécessaires dans le cadre d’une décision prise le 26 août qui interdisait d’y filmer.

Les élections qui ont eu lieu plus tôt cette année n’ont pas permis de former une coalition majoritaire, ce qui a conduit le Premier ministre Benjamin Netanyahu à dissoudre le Parlement et à convoquer de nouvelles élections pour le 17 septembre.

Au cours du vote d’avril, le Likud a équipé quelque 1 200 agents électoraux travaillant dans les bureaux de vote des centres de population arabes de caméras cachées pour empêcher ce que le parti a qualifié de fraude non contrôlée dans la communauté. Les détracteurs ont déclaré que cette mesure visait à intimider les électeurs arabes et à les faire fuir des bureaux de vote.

Lorsque le Likud a annoncé qu’il comptait réitérer l’opération lors du vote de mardi, la Commission centrale électorale a interdit l’utilisation de caméras, mais a décidé de mettre en place son propre corps d’observateurs équipés de caméras, qui seront envoyés dans certains bureaux de vote suspectés d’irrégularités pour suivre le déroulement du scrutin.

Le Likud a ensuite tenté de faire adopter un projet de loi autorisant tout parti politique à diligenter des militants munis de caméras dans les bureaux de vote, mais la législation, à laquelle se sont opposés la commission centrale électorale, le procureur général et le conseiller juridique de la Knesset, a été rejetée en vote préliminaire.

Les allégations du Likud concernant des irrégularités dans le vote de la communauté arabe n’ont pas été étayées par des preuves, et une enquête policière sur une fraude électorale n’a révélé qu’une manipulation minime, certains cas connus de fraude profitant au Likud lui-même ou au parti ultra-orthodoxe Shas.

De plus, la police n’a trouvé des preuves suffisantes pour justifier une enquête criminelle que dans l’un des 140 bureaux de vote signalés par le Likud, a rapporté la semaine dernière la chaîne publique Kan.

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