Des caméras du panel électoral dans les bureaux de vote problématiques
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Des caméras du panel électoral dans les bureaux de vote problématiques

La Commission de supervision - qui manque d'observateurs - se concentrera sur les lieux ayant notamment enregistré un taux inhabituellement fort de participation électorale

La commission centrale électorale compte les bulletins restants des soldats et des votes par correspondance à la Knesset à Jérusalem, le 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
La commission centrale électorale compte les bulletins restants des soldats et des votes par correspondance à la Knesset à Jérusalem, le 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La Commission centrale électorale a pris le temps de localiser les bureaux de vote qui pourraient être problématiques dans tout le pays et y enverra des observateurs spécialement désignés qui seront équipés de caméras pour tenter de prévenir d’éventuelles irrégularités, le jour des élections, a fait savoir la chaîne Kan dimanche.

Ces observateurs filmeront et rapporteront tous les événements inhabituels survenant pendant le vote ou pendant le décompte des résultats.

Dimanche également, le président de la commission Hanan Melcer a interdit à un groupe de gauche d’assurer le transport jusqu’aux urnes d’environ 15 000 Bédouins.

La fraude électorale est dorénavant au cœur de toutes les attentions avant le scrutin de cette semaine, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son parti du Likud ont clamé à maintes reprises que cette même fraude, au sein des communautés arabes, pendant les élections d’avril, l’avait empêché de former une coalition majoritaire.

Malgré ces accusations, les enquêtes de la police n’ont permis de découvrir que des irrégularités minimes – qui, pour la plupart, auraient bénéficié au Likud de Netanyahu et aux formations ultra-orthodoxes.

La Commission électorale s’est appuyée sur des critères variés pour déterminer quels bureaux de vote peuvent être considérés comme problématiques, d’après le reportage de Kan. Parmi ces critères, les bureaux ayant affiché un taux de participation inhabituellement élevé lors du dernier scrutin.

Le reportage n’a pas précisé combien d’observateurs seraient déployés ni le nombre exact de bureaux de vote concernés par la présence d’observateurs.

Et tandis que la Commission électorale dispose de 3 000 caméras environ, elle n’a pas trouvé suffisamment de personnels pour toutes les déployer, a noté la chaîne.

La Commission espérait pour cela enrôler 700 juristes, mais bien que l’Association du barreau israélien ait, pour sa part, soumis 1 400 noms, le panel électoral en a disqualifié plusieurs centaines.

Netanyahu a également averti que ses rivaux politiques « veulent lui voler » les élections après s’être opposés à son initiative de faire adopter à la hâte une législation qui aurait autorisé les représentants des partis à introduire des caméras dans les bureaux de vote pour y filmer le déroulement des événements.

Pour contrer la fraude électorale présumée, Netanyahu avait ainsi défendu un projet de loi qui aurait donné la permission aux partis politiques d’introduire des caméras dans les bureaux de vote. Le texte n’était pas parvenu à réunir suffisamment de soutien pour franchir l’étape du vote préliminaire, la semaine dernière.

Le gouvernement avait fait avancer la législation proposée malgré l’opposition du procureur général, du chef de la commission centrale électorale et du conseiller juridique de la Knesset.

Toutefois, en réponse aux demandes du Likud, la commission électorale a décidé d’envoyer ses propres observateurs indépendants dans les bureaux de vote.

Une caméra cachée sur un observateur du Likud, dans un bureau de vote d’une ville arabe, lors des élections du 9 avril 2019. (Crédit : Hadash-Taal)

La semaine dernière, un groupe d’habitants d’implantations et de leaders issu du mouvement national-religieux a lancé une campagne de collecte de fonds sur internet qu’ils ont intitulée « Gardiens ». Les organisateurs espèrent utiliser l’argent collecté pour payer les salaires de centaines d’individus recrutés pour se tenir aux abords des bureaux de vote situés dans les communautés et villes arabes. Cette initiative a pour objectif de « protéger » les envoyés des partis de droite présents dans les bureaux, ont assuré les organisateurs.

Dimanche, le juge de la Cour suprême, Hanan Melcer, également président de la commission électorale, a refusé une demande de Netanyahu de le rencontrer pour évoquer ses accusations de fraude électorale chez les Arabes israéliens.

Dans un communiqué refusant cet entretien au Premier ministre, la Commission a évoqué un « calendrier serré » à quarante-huit heures du scrutin du 17 septembre « et le fait que la Commission n’est pas un organe d’investigation et n’a pas l’autorité concrète de donner des instructions à la police ».

La semaine dernière, Kan a annoncé que la police n’avait trouvé de preuves suffisantes pour justifier une enquête pénale que dans l’un des 140 bureaux de vote signalés par le Likud pour des activités frauduleuses présumées de la part de la minorité arabe israélienne.

Dimanche également, Melcer a statué que le groupe de défense des droits de l’Homme Zazim n’était pas autorisé à affréter des bus pour les électeurs bédouins, dans le sud de la région du Néguev, pour qu’ils puissent se rendre dans les bureaux de vote.

Dans une réponse à une plainte déposée par le Likud contre ce projet, Melcer a jugé qu’il fallait d’abord que Zazim s’inscrive comme groupe actif pendant le scrutin, notant que la motivation de la mise à disposition de ces bus était politique et ne visait pas uniquement à renforcer les transports.

Melcer a donné à Zazim jusqu’à lundi après-midi pour s’inscrire ou pour renoncer à son plan d’amener en bus 15 000 Bédouins dans les bureaux de vote. De nombreux membres de cette communauté vivent dans des implantations informelles, dans le désert du Néguev.

Lors des élections du mois d’avril, le Likud avait équipé environ 1 200 représentants du parti dans les bureaux de vote des centres de population arabe de caméras pour prévenir ce qui, selon la formation, s’apparentait à une fraude effrénée au sein de la communauté.

La Commission électorale a depuis banni leur utilisation. Pour les critiques, ces caméras entrent dans le cadre d’un stratagème visant à tenir les électeurs arabes à l’écart des urnes.

Dimanche également, les procureurs ont annoncé leur intention d’inculper un responsable électoral du parti ultra-orthodoxe Shas pour fraude lors du dernier scrutin national.

Mohamed Diab, l’un des quatre présidents du comité responsable du bureau de vote de Tamra, dans le nord du pays, avait ajouté au moins sept enveloppes après la fermeture des urnes au cours du scrutin du 9 avril, ont indiqué les procureurs.

Diab sera inculpé pour avoir nui à l’intégrité des élections, sous réserve d’une audience préliminaire.

Netanyahu avait échoué à former une coalition majoritaire à l’issue du mois d’avril et avait dissous le Parlement en conséquence, convoquant de nouvelles élections pour septembre.

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