Malgré tout, Abbas dit aux Israéliens que l’on peut parvenir à la paix
Rechercher

Malgré tout, Abbas dit aux Israéliens que l’on peut parvenir à la paix

Lors d'une interview, le dirigeant palestinien a déclaré que Netanyahu était encore un « partenaire » pour des négociations

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant un entretien avec l'émission Uvda de la Deuxième chaîne, diffusée le 31 mars 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant un entretien avec l'émission Uvda de la Deuxième chaîne, diffusée le 31 mars 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le président de l’Autorité palestinienne a tendu la main vers Israël jeudi, en déclarant qu’il s’opposait aux attaques palestiniennes quasi-quotidiennes des Israéliens et en suggérant que la violence cesserait si le processus de paix devait reprendre.

Israël a accusé Mahmoud Abbas de ne pas condamner la vague d’attentats palestiniens contre les civils israéliens et les forces de sécurité qui ont commencé depuis la mi-septembre et que sa hiérarchie de l’AP était à l’origine de l’incitation à la violence contre Israël.

Dans une rare entrevue diffusée dans l’émission « Uvda » de la Deuxième chaîne, Abbas a expliqué que la violence découle du « manque d’espoir, du manque de confiance » dans l’engagement du Premier ministre Benjamin Netanyahu à une solution à deux Etats au conflit.

Il a également dit que si les pourparlers de paix reprenaient, cela « donnerait à mon peuple de l’espoir et personne n’oserait aller poignarder ou tirer [sur quelqu’un] ».

Les pourparlers de paix israélo-palestinien dirigés par les Etats Unis se sont effondrés en 2014.

Abbas a déclaré que Netanyahu est « le partenaire » pour la paix et a appelé le Premier ministre à le rencontrer « à tout moment ».

« Je veux être le témoin de la paix dans ma vie », a-t-il confié.

En ce qui concerne la situation actuelle, Abbas a déclaré que la coopération sécuritaire entre l’armée et les forces de sécurité palestiniennes se poursuit et que s’il n’y avait pas ses forces, la violence serait beaucoup plus sanglante aujourd’hui.

Il a nié encourager la jeunesse palestinienne à poignarder les Israéliens et a dit que les Israéliens ne sont pas conscients des efforts déployés par ses forces de sécurité pour prévenir des attaques au couteau.

Il a indiqué que la police de l’AP a mené des raids dans les écoles et qu’elle a confisqué des couteaux à des étudiants et leur a dit de ne pas mener des attaques.

« Dans une école », a ajouté Abbas, « nous avons trouvé 70 garçons et filles qui portaient des couteaux. Nous leur avons parlé à ce sujet et on leur a dit que c’était une erreur. ‘Nous ne voulons pas que vous tuez et que vous mourriez. Nous voulons que vous viviez et que l’autre vivre’ ».

Mais il a ajouté que l’Autorité palestinienne est « au bord de l’effondrement », et mis en garde contre le « chaos » si la coopération de sécurité entre l’Autorité palestinienne et Israël devait cesser.

« Il y aura des fusils et des explosions et des militants armés partout », a déclaré Abbas.

Il a ajouté qu’il reste sur sa position au sujet de sa demande qui est que l’armée israélienne arrête toutes les opérations dans les villes de Cisjordanie qui sont officiellement sous contrôle palestinien d’après les stipulations des accords d’Oslo.

Les récents pourparlers sécuritaires se sont effondrés après que les Palestiniens aient rejeté la proposition d’Israël d’arrêter les opérations à Ramallah et Jéricho comme un test ; les Palestiniens ont dit que l’offre n’allait pas assez loin.

« Donnez-moi la responsabilité pour les territoires palestiniens et testez moi… Si Israël a des informations spécifiques tirées des renseignements, donnez les moi et je vais gérer ça », a-t-il expliqué.

« Mais ils ne me donnent pas les informations des renseignements. Alors qu’est-ce que je fais ici ? Où est la coopération en matière de sécurité ? Vous voulez que je sois votre employé, votre agent. Je ne l’accepte pas, je veux le faire moi-même ».

Abbas a commenté les dernières nouvelles en Israël et en Cisjordanie, en persistant sur le cas d’un soldat de Tsahal qui a tiré et tué un terroriste palestinien désarmé et grièvement blessé à Hébron.

Le soldat, qui a été accusé d’homicide involontaire jeudi, a obtenu un soutien parmi l’opinion publique israélienne. Abbas a indiqué qu’il avait vu les images vidéo de l’incident, et que bien qu’il ait été « profondément attristé » par celle-ci, il n’a pas tenu tous les Israéliens responsables pour ces incidents.

« Je sais, les Israéliens sont des êtres humains, ils sont humains », a-t-il dit. « Mais malheureusement, nous avons entendu parler des réactions et des manifestations en Israël contre le procès de ce soldat et son arrestation. Ces déclarations nous troublent et nous frustrent beaucoup ».

Abbas a reconnu qu’il y avait une incitation à la violence dans les médias palestiniens, mais a répliqué que la même chose était vraie des médias et des personnalités publiques en Israël.

Il a invoqué la récente déclaration du Grand Rabbin sépharade Yitzhak Yosef qui a déclaré que les non-Juifs qui ne suivent pas certaines lois devraient être expulsés vers l’Arabie saoudite. (Yosef s’est plus tard rétracté en expliquant que sa déclaration relevait de le « théorie ».)

Interrogé sur la perspective d’un futur Etat palestinien existant en paix aux côtés d’Israël, Abbas a déclaré : « Je l’espère. Je tends encore la main vers Netanyahu parce que je crois en la paix. Je crois que le peuple d’Israël veut la paix et que le peuple palestinien veut la paix ».

« Soit nous, les politiciens, allons le faire, ou nous pouvons laisser le peuple le faire. Ils y parviendraient en une semaine ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...