« Marche du retour » à Gaza : En France, la gauche condamne Israël avec virulence
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« Marche du retour » à Gaza : En France, la gauche condamne Israël avec virulence

Plusieurs appels à manifester pour ce dimanche ont été lancés. En 2014, en marge de la guerre de Gaza, le nombre d'actes antisémites avait explosé (+ 130 % en France)

Jean-Luc Mélenchon a condamné "la violence et la cruauté sans borne du gouvernement d'Israël". Ici à Paris le 23 septembre 2017 (Crédit : AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)
Jean-Luc Mélenchon a condamné "la violence et la cruauté sans borne du gouvernement d'Israël". Ici à Paris le 23 septembre 2017 (Crédit : AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)

Plusieurs personnalités politiques françaises, plutôt situées à gauche, ont critiqué la réaction de l’armée israélienne face à « la marche du retour » à Gaza, et relayé des appels à manifester en soutien aux Palestiniens ce dimanche 1er avril à Paris et dans plusieurs villes de province.

La plupart de ces messages sont rapidement devenus viraux, suscitant plusieurs milliers de partages et des centaines de commentaires, laissant envisager une importante mobilisation.

En 2014, nombre de ces manifestations en marge de la guerre de Gaza avaient dégénéré en acte anti-juifs.

Vendredi, environ 30 000 Palestiniens ont participé à un mouvement de protestation le long de la frontière avec Gaza, durant lequel les émeutiers à l’appel de l’organisation terroriste du Hamas ont jeté des pierres et des cocktails Molotov aux troupes israéliennes regroupées de l’autre côté de la frontière. Ils ont fait brûler des pneus et du bois, ont cherché à franchir la clôture de sécurité et à l’endommager et, dans un cas, ont ouvert le feu sur les soldats israéliens.

Au moins 10 des 16 morts étaient membres de groupes terroristes palestiniens, selon l’armée israélienne.

Dans des termes définitifs, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise (LFI) a adressé via Twitter ses « condoléances aux familles des marcheurs palestiniens assassinés à #Gaza ». Il a aussi appelé au déploiement « des casques bleus » face à « la violence et la cruauté sans borne du gouvernement d’Israël (qui) allume volontairement un incendie sans limite ».

« Au moment où Israël fête « Pessah » commémoration du passage de la mer rouge par le peuple juif sortant de l’esclavage, terrible effet de sens quand Tsahal tire sur la marche des Gazaouis. Chaque mort renforce les stratégies du pire, » a posté le député PS Olivier Faure sur le même réseau social.

Faure appelle à son tour, non pas l’ONU, mais « la France et l’Union Européenne (à) peser de toute leur influence pour ramener sur le chemin de la raison, celui d’une paix négociée pas celui de la colonisation ».

Pour l’instant aucun communiqué de l’Elysée ni du ministère des Affaires étrangères n’est venu exprimer la position française sur ces événements. Pourtant, selon le député LFI du 93, Eric Coquerel, la France se serait dit « inquiète ».

« L’armée israélienne tue 16 palestiniens et en blesse des centaines à #Gaza ? L’Onu de dit « ému » & la France « inquiète ». Cette molesse (sic) des réactions face à un gouvernement qui bafoue le droit international, opprime et massacre un peuple, est une indignité et une faute ».

Aucune réaction officielle n’a pour le moment évoqué le rôle du Hamas et des autres factions présentes dans la Bande de Gaza dans la tenue de cette « marche du retour ».

Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad, le premier soldat français assassiné par Mohammed Merah le 11 mars 2012, aujourd’hui ardente militante pour la paix, a déclaré : « Il y a un an, j’accueillais à Paris un groupe de jeunes Israéliens et Palestiniens, pour un séjour de découverte et de vivre ensemble. J’espère que ces jeunes porteront la paix et sauront mettre fin au conflit alors que des affrontements meurtriers ont eu lieu à Gaza hier. »

Les manifestations pro-palestiniennes françaises attirent d’ordinaire une foule nombreuse.

Durant la guerre de Gaza en 2014, ces rassemblements avaient fédéré entre 11 000 et 20 000 personnes, et certaines d’entre elles avaient dégénéré, notamment dans l’attaque d’une synagogue rue de la Roquette à Paris et dans des émeutes à Sarcelles qui avaient ciblé un lieu de culte et des commerces identifiés comme juifs.

Selon de nombreux observateurs, le nombre d’actes antisémites en Europe avait alors explosé : plus 36 % au Royaume Uni, et plus de 130 % en France pour les actes antisémites (incendies, violences, vandalisme…), selon le rapport du SPCJ pour l’année 2014.

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