Marseille : pour Boubakeur, les musulmans « ne peuvent plus rester impassibles »
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Marseille : pour Boubakeur, les musulmans « ne peuvent plus rester impassibles »

Le recteur de la mosquée de Paris déplore "un manque d'initiatives citoyennes" après l'attaque mortelle dans la cité phocéenne

(Depuis la gauche) le Mufti de la Mosquée de Paris Djelloul Bouzidi, le recteur Dalil Boubakeur, le directeur administratif Mohamed Louanoughi, et le premier Imam Whales Belarbi observent une minute de silence à la Grande Mosquée, pour les victimes des attaques de Paris, le 16 novembre 2015, (Crédit : AFP PHOTO / JOEL SAGET)
(Depuis la gauche) le Mufti de la Mosquée de Paris Djelloul Bouzidi, le recteur Dalil Boubakeur, le directeur administratif Mohamed Louanoughi, et le premier Imam Whales Belarbi observent une minute de silence à la Grande Mosquée, pour les victimes des attaques de Paris, le 16 novembre 2015, (Crédit : AFP PHOTO / JOEL SAGET)

« Trop c’est trop ! » Le recteur de la grande mosquée de Paris (GMP), Dalil Boubakeur, a estimé lundi que « les musulmans de France ne peuvent plus rester impassibles sans réagir » devant « tant de sang versé prétendument au nom » de leur religion, au lendemain de l’attaque de Marseille.

Les Français de confession musulmane sont des « citoyens attristés, certes, mais impuissants à stopper le déferlement de malheur provoqué à distance par des manipulateurs ennemis forcenés de la France », écrit le recteur Boubakeur dans un communiqué.

Deux jeunes femmes ont été tuées dimanche sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille dans une attaque au couteau perpétrée, aux cris de « Allah Akbar », par un homme détenteur d’un passeport tunisien.

L’attaque, qui porte à 241 le nombre de morts du terrorisme islamiste sur le sol français depuis janvier 2015, a été revendiquée par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

« Où allons-nous ? Qu’attendons-nous ? L’attitude réservée de toutes et de tous cache (…) une hostilité réelle et certaine devant tant de violence, mais révèle aussi un manque d’initiatives citoyennes. Il faut choisir », dit le responsable de la GMP, lieu de culte musulman historique au cœur de Paris.

L’attaque de Marseille a été condamnée par toutes les grandes organisations musulmanes, dont le Conseil français du culte musulman (CFCM), instance représentative auprès des pouvoirs publics. Par la voix de son président Ahmet Ogras, le CFCM a exprimé « la nécessité de rester unis dans la nation face à ces usurpateurs, qui n’ont aucune once de proximité avec les valeurs que prône l’islam, religion de paix universelle ».

A droite mais aussi à gauche, des voix s’élèvent régulièrement pour inciter les musulmans à prendre des initiatives visibles, notamment dans l’espace public, contre les violences commises au nom de leur foi. Dalil Boubakeur, alors président du CFCM, avait organisé un rassemblement de quelques centaines de personnes devant la grande mosquée de Paris en septembre 2014, après l’assassinat par un groupe lié à l’EI d’Hervé Gourdel, otage français en Algérie.

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