L’attaque de Marseille revendiquée par l’EI, un assaillant aux multiples identités
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L’attaque de Marseille revendiquée par l’EI, un assaillant aux multiples identités

Les deux victimes sont deux cousines de 20 ans et l'une d'elle est originaire de la région lyonnaise ; l'auteur de l'attaque était en situation irrégulière, SDF et toxicomane

La police française pointe un pistolet sur un homme à terre, au centre, à la gare Saint-Charles de Marseille, en France, le 1er octobre 2017. (Crédit : Paul-Louis Leger/AFP)
La police française pointe un pistolet sur un homme à terre, au centre, à la gare Saint-Charles de Marseille, en France, le 1er octobre 2017. (Crédit : Paul-Louis Leger/AFP)

L’enquête sur l’attaque au couteau à Marseille revendiquée par l’organisation Etat islamique, au cours de laquelle deux jeunes femmes ont été tuées dimanche sur le parvis de la gare Saint-Charles, se concentrait lundi sur le profil de l’assaillant, un SDF toxicomane en situation irrégulière.

Les deux victimes sont deux cousines de 20 ans résidant pour l’une dans la région lyonnaise et pour l’autre dans les Bouches-du-Rhône, selon une source proche du dossier. L’une d’elles faisait ses études de médecine à Marseille, où sa parente était venue lui rendre visite pour le week-end.

Alors que la France est confrontée à une menace jihadiste sans précédent depuis 2015, les enquêteurs cherchent à cerner la personnalité et le parcours de l’auteur de l’attaque, perpétrée aux cris d' »Allah Akbar ».

Connu depuis 2005 sous sept identités des services de police pour des faits de droit commun, cet étranger en situation irrégulière avait été interpellé vendredi à Lyon pour vol à l’étalage.

François Molins, procureur de Paris. (Crédit :capture d'écran YouTube)
François Molins, procureur de Paris. (Crédit :capture d’écran YouTube)

« Il a alors présenté un passeport tunisien délivré le 18 novembre 2014 au nom de Ahmed H., né le 9 novembre 1987 à Bizerte en Tunisie », a indiqué le procureur de Paris François Molins lors d’une conférence de presse.

Des investigations sont « en cours pour s’assurer de l’authenticité » du passeport, qu’il n’avait pas sur lui au moment de l’attaque à Marseille.

L’assaillant avait déclaré aux policiers lyonnais vivre à Lyon, « s’était dit sans domicile fixe et sans emploi autre que des missions non déclarées comme peintre », « consommateur de drogues dures » et « divorcé », a poursuivi Molins.

Sa garde à vue avait été levée après le classement sans suite de la procédure « pour cause d’infraction insuffisamment caractérisée », et « les autorités préfectorales locales n’ont pas été en mesure de prendre une mesure d’éloignement à son encontre », a souligné le procureur. Il se trouvait encore à Lyon samedi après-midi.

Questions sur la revendication

Le groupe jihadiste Etat islamique a revendiqué son acte dimanche soir mais cette revendication « pose vraiment question, car aucun élément ne relie » l’assaillant à l’EI « à ce stade », a souligné une source proche de l’enquête.

Alors qu’il était assis sur un banc, l’homme « s’est soudainement levé » en direction d' »une première victime à laquelle il a porté plusieurs coups de couteau avant de partir en courant puis, faisant un mouvement circulaire, il est revenu sur ses pas et a agressé une deuxième victime à qui il a pareillement asséné plusieurs violents coups de couteau » avec une lame de 20 cm, a relaté le procureur.

Gérard Collomb, au centre, ministre français de l'Intérieur, près des lieux d'une attaque terroriste devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 6 juin 2017. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)
Gérard Collomb, au centre, ministre français de l’Intérieur, près des lieux d’une attaque terroriste devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 6 juin 2017. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

Son comportement a été qualifié « d’étrange » par le ministre de l’Intérieur, au vu des bandes de vidéo-surveillance : il « commence par commettre [son] crime sur une première personne, s’enfuit, puis revient sur ses pas pour tuer la seconde personne ». « C’est un élément d’interrogation », a souligné Collomb sur place, gare Saint-Charles.

Une passante a tenté d’intervenir en portant à l’auteur des coups avec un porte-drapeau. L’homme s’est ensuite rué sur une patrouille Sentinelle, avant d’être abattu.

« J’ai entendu crier et une personne s’est effondrée », a raconté dimanche Mélanie Petit, une étudiante de 18 ans qui attendait une correspondance à Saint-Charles.

« Pour moi, c’est un attentat », a déclaré dimanche le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin.

Vue sur la gare de Marseille Saint-Charles. Illustration. (Crédit : Michiel1972/Wikimedia commons)
Vue sur la gare de Marseille Saint-Charles. Illustration. (Crédit : Michiel1972/Wikimedia commons)

Lundi matin, le trafic des trains était redevenu normal à Saint-Charles. Le parvis où s’est déroulée l’attaque était rouvert. La veille, la gare avait été paralysée pendant plusieurs heures puis la circulation ferroviaire avait repris vers 18H30, marquée par des retards importants.

Le président Emmanuel Macron s’est dit « profondément indigné par cet acte barbare ». La ministre des Armées Florence Parly a salué le « professionnalisme » des militaires qui ont abattu l’agresseur.

Le président LR de la région Paca, Renaud Muselier, a déploré « un acte barbare ». « Marseille pleure avec ses pauvres victimes. L’assassin aussi répugnant que ses motifs », a réagi le député de Marseille et chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen, présidente du Front national, a dénoncé « le terrorisme », qui est « un acte de guerre contre notre pays ».

C’est dans ce contexte que s’est ouvert lundi à Paris le procès du frère de Mohamed Merah, l’auteur des tueries de mars 2012 qui avait fait sept morts à Montauban et Toulouse avant d’être abattu par les policiers.

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