Marseille : 2 femmes mortes dans une attaque revendiquée par l’EI
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Marseille : 2 femmes mortes dans une attaque revendiquée par l’EI

Le terroriste, qui aurait crié “Allah Akbar” en passant à l'acte, a été abattu ; le parquet anti-terroriste a été saisi

La police française pointe un pistolet sur un homme à terre, au centre, à la gare Saint-Charles de Marseille, en France, le 1er octobre 2017. (Crédit : Paul-Louis Leger/AFP)
La police française pointe un pistolet sur un homme à terre, au centre, à la gare Saint-Charles de Marseille, en France, le 1er octobre 2017. (Crédit : Paul-Louis Leger/AFP)

Deux jeunes filles ont été tuées à coups de couteau dimanche sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille par un homme qui a crié « Allah Akbar » avant d’être abattu par des militaires, conduisant le parquet anti-terroriste à se saisir de l’enquête.

L’attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI). a eu lieu vers 13h45, sur le parvis de la gare principale de Marseille. L’une des jeunes filles aurait été égorgée, et l’autre poignardée, selon une source proche de l’enquête. Aucun militaire n’a été blessé. Les deux jeunes filles étaient des cousines originaires de la région lyonnaise, âgées de 20 et 21 ans.

L’assaillant, âgé d’une trentaine d’années et qui ne portait pas de papiers sur lui, a égorgé l’une des victimes et poignardé l’autre, avant d’être abattu par des militaires de l’opération Sentinelle.

La piste terroriste est privilégiée. L’enquête du parquet antiterroriste a été ouverte pour assassinats et pour tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique.

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, devait arriver sur place vers 17h30. Le préfet de police et le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, se sont rendus immédiatement à la gare, où d’importants moyens de police ont été aussitôt concentrés.

Plus de 200 policiers sont mobilisés selon la Sécurité publique, tandis que la police judiciaire effectuait les premières constatations et recueillait des témoignages.

« Nous ne baissons pas la garde », a réagi ensuite le Premier ministre Edouard Philippe.

« Une personne s’est effondrée »

Sur le parvis, l’attaque a été suivie d’un bref mouvement de panique. « J’ai entendu crier et une personne s’est effondrée », décrit Mélanie Petit, une étudiante de 18 ans qui explique qu’elle attendait une correspondance sur cette esplanade qui domine la cité phocéenne, lorsque l’attaque a eu lieu.

« J’ai entendu crier ‘Allah Akbar’, et j’ai vu un homme vêtu tout en noir, il me semble ». « Il y a eu un temps de latence avant que les gens se mettent à courir », a raconté cette étudiante des mines d’Alès, contactée par téléphone.

Robert, salarié de la SNCF, a été confiné avec plusieurs dizaines de voyageurs dans les bureaux de la compagnie. Après l’attaque, « des flics sont arrivés de partout, immédiatement », a-t-il décrit. « Des gens, pas en treillis, peut-être des policiers en civil, nous criaient de partir. Beaucoup dans la foule restaient sur place », a complété Jeanne, une voyageuse de 33 ans.

Quelques heures plus tard, l’organisation jihadiste Etat islamique a fait savoir via son organe de propagande que l’assaillant « provient des soldats de l’Etat islamique ».

« Marseille pleure »

Les autorités ont demandé aux Marseillais d’éviter le secteur et les voyageurs à reporter à une date ultérieure leur trajet au départ ou à destination de Saint-Charles. Le trafic SNCF, interrompu pendant près de quatre heures, devait reprendre partiellement vers 17H30. Les alentours de la gare ont été hermétiquement bouclés par des cordons de policiers, et la circulation déviée. Des policiers et militaires lourdement armés étaient visibles sur l’escalier monumental de la gare de 104 marches, en haut duquel ont eu lieu les attaques.

Sur Twitter, de nombreux responsables politiques ont condamné ces crimes. Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a fait part de la « mobilisation totale de l’État aux côtés des Marseillais ». Le président LR de la région Paca, Renault Muselier, a déploré « un acte barbare qui nous rappelle que la menace est permanente ».

« #Marseille pleure avec ses pauvres victimes. L’assassin aussi répugnant que ses motifs », a déclaré sur le réseau social le député de Marseille et chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen, présidente du Front national, a dénoncé « le terrorisme », qui est « un acte de guerre contre notre pays »

« La vraie liberté, c’est la sécurité », a twitté la sénatrice PS des quartiers nord Samia Ghali, faisant le lien avec le projet de loi antiterroriste, qui « doit nous permettre d’être plus efficace ».

Dans l’attente de l’adoption de ce texte, le gouvernement a renouvelé jusqu’au 1er novembre l’état d’urgence, sur fond de menace très élevée en France, frappée depuis 2015 par une série d’attentats, qui ont fait 239 morts.

Une série d’attaques récentes a visé les forces de l’ordre, policiers et militaires. La dernière attaque meurtrière de ce type remonte au 20 avril: à trois jours du premier tour de la présidentielle, Karim Cheurfi avait tué un policier sur les Champs-Elysées.

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