Maurras supprimé : la décision de la ministre critiquée par deux historiens
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Maurras supprimé : la décision de la ministre critiquée par deux historiens

"Commémorer, ce n'est pas célébrer. C'est se souvenir ensemble d'un moment ou d'un destin", ont déclaré Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory

Le politicien et écrivain français Charles Maurras assiste à son procès lors duquel il a été condamné à la réclusion à perpétuité pour complicité avec l'ennemi nazi pendant la Seconde guerre mondiale, le 25 janvier 1945, au palais de justice de Lyon (PHOTO AFP)
Le politicien et écrivain français Charles Maurras assiste à son procès lors duquel il a été condamné à la réclusion à perpétuité pour complicité avec l'ennemi nazi pendant la Seconde guerre mondiale, le 25 janvier 1945, au palais de justice de Lyon (PHOTO AFP)

« Commémorer, ce n’est pas célébrer », affirment les historiens Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du Haut Comité des commémorations nationales, regrettant la décision de la ministre de la Culture Françoise Nyssen de retirer du Livre des commémorations l’écrivain d’extrême droite Charles Maurras.

Après des protestations d’associations anti-racistes, la ministre a demandé le rappel du Livre des commémorations 2018 et sa réimpression « après retrait de la référence à Maurras ».

« Commémorer, ce n’est pas célébrer. C’est se souvenir ensemble d’un moment ou d’un destin », écrivent les deux historiens dans une tribune publiée lundi par Le Monde.

« On commémore la Saint-Barthélémy, on ne la célèbre pas. On commémore l’assassinat d’Henri IV, on ne le célèbre pas », soulignent Jean-Noël Jeanneney, ancien président de la Mission du bicentenaire de la Révolution, et Pascal Ory, professeur émérite à Paris-Panthéon-Sorbonne.

Ils rappellent qu’une polémique en 2011 sur un autre écrivain antisémite, Céline, avait justement conduit à remplacer « Célébrations » par « Commémorations » dans l’intitulé du Haut Comité.

Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Frédéric Potier, avait demandé samedi le retrait de Charles Maurras du recueil.

« Commémorer c’est rendre hommage. Maurras n’a pas sa place dans les commémorations nationales 2018 », écrivait-il, rejoint par SOS Racisme et la Ligue internationale de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).

Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory font valoir en revanche « que s’il revient à l’Etat de fêter le souvenir des moments lumineux (…), c’est son devoir aussi de braquer la lumière sur les périodes les plus sombres – de toutes les manières possibles ».

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