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Miki Zohar fera « tout » pour inclure l’extrémiste Ben Gvir dans le gouvernement

Le député du Likud, défend le chef d'Otzma Yehudit d'extrême-droite controversé qui considère le rabbin raciste Kahane un "héros", mais dit qu’il devra "s'adapter" au Likud

Le député d'extrême droite Itamar Ben Gvir s'adresse aux élèves du lycée Blich à Ramat Gan, le 6 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le député d'extrême droite Itamar Ben Gvir s'adresse aux élèves du lycée Blich à Ramat Gan, le 6 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un membre important du Likud, le parti du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, a déclaré mercredi qu’il ferait « tout » pour que le législateur extrémiste Itamar Ben Gvir fasse partie du prochain gouvernement.

Miki Zohar, dixième sur la liste électorale du Likud et considéré comme un très proche allié de Netanyahu, a défendu le politicien d’extrême droite très controversé comme étant « une personne de droite qui a conservé sa fierté juive ».

« Ceux qui pensent qu’Itamar Ben Gvir est un horrible personnage qui ne contribue pas à Israël se trompent amèrement et sont tout simplement des menteurs », a-t-il soutenu lors d’une interview accordée au site d’information Srugim. « Il croit en de très nombreux principes auxquels nous, au Likud, croyons également – et il y a aussi certains domaines dans lesquels nous ne sommes pas d’accord avec lui. »

A la question de savoir s’il insisterait pour inclure Ben Gvir dans un éventuel gouvernement dirigé par Netanyahu après les élections du 1er novembre, Zohar a répondu : « Pour être clair, je ferais tout pour qu’il fasse partie du gouvernement. Mais en même temps, je le dis à Itamar Ben Gvir et je le lui dirai aussi en temps voulu – il va devoir s’adapter aux positions du Likud et à la politique du gouvernement que Netanyahu et le Likud dirigeront. »

Ben Gvir, le chef du parti Otzma Yehudit, qui se présente avec le parti HaTzionout HaDatit, a fait des vagues lors d’une visite mardi dans une prestigieuse école dans le centre d’Israël qui a l’habitude d’encourager l’engagement politique des étudiants.

Les politiciens de centre-gauche ont critiqué la direction du lycée Blich de Ramat Gan pour avoir invité Ben Gvir, un disciple d’extrême droite du défunt rabbin raciste Meir Kahane. La directrice, Hila Romesh, a défendu cette décision, qui s’inscrit dans la tradition de l’école d’organiser des élections fictives parmi les élèves, ajoutant que le leader du parti à prédominance arabe Liste arabe unie, Ayman Odeh, avait également été invité à prendre la parole à l’école prochainement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le député Likud Miki Zohar. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La venue de Ben Gvir a été accompagnée d’une manifestation à l’entrée de l’école de dizaines de militants de gauche, dont le député Avoda Gilad Kariv. Ils ont eux-mêmes été accueillis par quelques élèves, apparemment partisans de Ben Gvir, qui les ont salués en scandant « Que votre village brûle » – un slogan qui a été entendu lors de nombreux événements d’extrême droite ces dernières années.

Ben Gvir est un fervent admirateur du rabbin Kahane, qui préconisait le transfert des Arabes d’Israël hors du pays. Il a été condamné pour incitation au racisme en 2007 après avoir brandi, lors d’une manifestation, un panneau sur lequel on pouvait lire « Expulsez l’ennemi arabe ».

Dans ses récentes déclarations publiques et lors de sa visite à l’école Blich, il a tenté de minimiser ses opinions extrémistes, affirmant qu’il n’était pas en faveur de l’expulsion de tous les Arabes, mais seulement des terroristes. Toutefois, certains analystes ont fait remarquer qu’il qualifiait régulièrement de « terroristes » de nombreuses personnalités arabes sans aucun antécédent d’activités liées au terrorisme, parmi lesquelles des parlementaires élus et des chefs de parti.

Lors d’une interview accordée mardi à la Treizième chaîne, on a demandé à Ben Gvir pourquoi sa maison est remplie de livres écrits par Kahane et de portraits de lui, et si cela n’indique pas qu’il vise toujours à expulser tous les Arabes.

Itamar Ben Gvir du parti Otzma Yehudit prend la parole lors d’une cérémonie à Jérusalem marquant le 27e anniversaire de l’assassinat du rabbin extrémiste Meir Kahane, le 7 novembre 2017. La pancarte derrière lui indique : « Kahane avait raison ! ». (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Vous êtes incapable de comprendre la nuance », a rétorqué Ben Gvir. « Vous m’avez interrogé sur le rabbin Kahane, son portrait est dans ma maison. Oui, je pense qu’il était un héros quand il s’est battu pour les Juifs soviétiques, et oui, je pense qu’il était un héros quand il a combattu l’antisémitisme aux États-Unis, et il a également proposé une peine de mort pour les terroristes.

« Mais je ne suis pas favorable à l’expulsion de tous les Arabes, et je l’ai répété à maintes reprises, je ne suis pas d’accord avec le rabbin Kahane lorsqu’il préconise la ségrégation des plages », a-t-il déclaré.

Lorsqu’on lui a demandé si ses déclarations moins extrêmes n’étaient pas simplement une tentative d’éviter d’être disqualifié de la course électorale – comme l’ont été d’autres anciens membres d’Otzma Yehudit – Ben Gvir a répondu : « Non, je sais que mon combat aujourd’hui est contre les terroristes, ceux qui lancent des bombes incendiaires sur les soldats de Tsahal ».

Jusqu’à ce que cela ne lui nuise politiquement, Ben Gvir avait gardé sur un des murs dans sa maison à Hébron une photo de Baruch Goldstein, auteur du massacre de 29 Palestiniens en train de prier au Tombeau des Patriarches à Hébron en 1994. Lors de sa visite au lycée de Blich mardi, Ben Gvir a déclaré qu’il ne considérait plus Goldstein comme un « héros ».

La photo du meurtrier de masse Baruch Goldstein est accrochée dans la maison du président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir. (Crédit : Capture d’écran/Treizième chaîne)

Ben Gvir attise fréquemment les frictions entre Israéliens juifs et arabes et aurait été accusé par le chef de la police d’être le complice des pires violences intercommunautaires de l’histoire récente d’Israël en mai de l’année dernière.

Il s’est en outre allié à certains des mouvements et des militants juifs les plus extrémistes d’Israël, notamment Lehava, un groupe juif suprématiste et anti-métissage, et Noam, un groupe homophobe virulent.

Le député Itamar Ben Gvir vu avec le président de Lehava Benzi Gopstein dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 6 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le mois dernier, le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir et le parti HaTzionout HaDatit de Bezalel Smotrich ont annoncé qu’ils avaient accepté de se présenter ensemble aux prochaines élections à la Knesset, après que le chef de l’opposition, à la suite d’une réunion organisée par le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu avec les dirigeants des partis d’extrême droite pour négocier un accord de fusion.

Les deux factions se sont présentées sur une liste commune aux élections de l’année dernière suite à un accord négocié par Netanyahu, mais se sont scindées sur la question de la composition de la liste pour le prochain scrutin, Ben Gvir, demandant une représentation plus importante, les récents sondages ayant montré une hausse de sa popularité, tandis que le parti HaTzionout HaDatit avait reçu des résultats mitigés.

Dans une déclaration commune, Otzma Yehudit et HaTzionout HaDatit ont déclaré que l’accord conduirait à une « victoire » du bloc religieux de droite dirigé par Netanyahu.

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