Miri Regev tout sourire avec un acteur arabe israélien
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Miri Regev tout sourire avec un acteur arabe israélien

La ministre de la Culture avait menacé le théâtre de Norman Issa de lui couper les fonds, soulevant un tollé

La ministre de la Culture Miri Regev et l'acteur Norman Issa lors d'une rencontre à Tel-Aviv le vendredi 19 juin 2015 (Courtoisie)
La ministre de la Culture Miri Regev et l'acteur Norman Issa lors d'une rencontre à Tel-Aviv le vendredi 19 juin 2015 (Courtoisie)

La ministre de la Culture Miri Regev a rencontré vendredi l’acteur Norman Issa. Elle avait menacé de priver son théâtre, le théâtre Almina à Jaffa, de fonds suite la déclaration d’Issa qu’il ne jouerait pas dans une implantation de Cisjordanie.

Issa a depuis accepté de se produire en Cisjordanie, incitant Regev à annoncer qu’elle ne couperait pas le financement de son théâtre.

La rencontre a eu lieu au milieu d’une tempête sur les menaces de Regev de retirer les subventions des institutions et des productions culturelles jugées « antipatriotes ».

Le deux se sont rencontrés dans le bureau de Regev à Tel-Aviv.

« La réunion a été fructueuse et importante », a déclaré Regev.

« Issa est une personne merveilleuse, je le connaissais avant très brièvement et je l’aimais alors, mais je l’aime encore plus aujourd’hui. Il est important pour moi de le dire. Issa a été offensé par ce que j’ai dit, et par le déluge des gros titres fracassants des deux dernières semaines. »

Regev a poursuivi en saluant le théâtre Almina, « où la coexistence est à l’ordre du jour ».

Elle n’avait aucune intention de « blesser » Issa ou son théâtre, dit-elle. « Je voyais notre rencontre comme la fin de cette histoire. Le dialogue que nous avons tenu était un véritable spectacle de liberté d’expression et de tolérance et je l’espère, nous poursuivrons ce dialogue à l’avenir. »

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, Issa a qualifié Regev de « femme chaleureuse » et déclaré que les deux ont « trouvé un terrain d’entente » au cours de leur conversation.

« L’entretien que nous avons eu était l’antithèse de tous le brouhaha de la presse et des médias sociaux de ces derniers jours », a-t-il dit, se référant à la controverse sur l’intention de Regev de lier le financement des institutions culturelles à leurs opinions politiques.

« Et cela est la preuve que par le dialogue, on peut changer le monde. Je continuerai à croire à la coexistence et au dialogue ouvert et à espérer un avenir meilleur pour nous tous. »

Regev, ancienne censeur en chef de Tsahal, qui au cours des dernières semaines a été maintes fois accusée de chercher à interdire les voix artistiques dissidentes, a été chahutée vendredi lors d’une cérémonie de remise des prix au théâtre à Tel-Aviv.

En plus de la controverse entourant Issa, elle avait également annoncé que le financement de l’Etat au théâtre Al-Midan de Haïfa serait suspendu, au milieu d’un débat sur la présentation d’une pièce controversée sur la vie d’un Arabe israélien qui a tué un soldat de Tsahal.

Regev avait traité les artistes de personnes « au cul-serré, hypocrites et ingrates » qui « pensent qu’elles savent tout ».

Regev a appelé à une fin au conflit avec les artistes israéliens, dont beaucoup ont accusé publiquement la nouvelle ministre de chercher à limiter la liberté d’expression via des mesures antidémocratiques.

Elle a affirmé que la question n’était pas celle de la liberté d’expression, mais de la liberté de financement. Regev a annoncé que, de concert avec la communauté artistique, des changements seraient apportés à la répartition des fonds « pour le bien de la culture en Israël ».

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