Rechercher

Miss Fix The Universe : Un concours alternatif en Israël promeut la beauté des idées

Le concours organisé par le Réseau des femmes d'Israël récompense l'entrepreneuriat social

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

De gauche à droite : Efrat Duvdevani, directrice générale du Centre Peres pour la paix et l'innovation ; l'actrice israélienne Esti Zakheim, qui a accueilli l'événement "Miss Fix the Universe", Einat Fischer Lalo, directrice du Réseau des femmes israéliennes. (Sivan Shachor)
De gauche à droite : Efrat Duvdevani, directrice générale du Centre Peres pour la paix et l'innovation ; l'actrice israélienne Esti Zakheim, qui a accueilli l'événement "Miss Fix the Universe", Einat Fischer Lalo, directrice du Réseau des femmes israéliennes. (Sivan Shachor)

Un concours international qui juge les jeunes femmes principalement sur leur apparence physique en fonction de normes de beauté préfabriquées : c’est le concept bien connu de Miss Univers, dont la 70e édition se déroulera dans la station balnéaire d’Eilat, dans le sud de l’Israël, dimanche soir. Les critiques sont nombreuses à déplorer le déroulement d’un tel évènement en 2021, mais toutes ne se contentent d’ignorer le concours ou de le rejeter avec exaspération.

Décidant d’agir, un groupe d’Israéliennes a imaginé un événement alternatif au concours annuel de Miss Univers, le célèbre concours où 80 candidates du monde entier s’affronteront en robe de soirée et en maillot de bain pour le titre, tout en répondant à des questions qui évoquent trop souvent la vague notion de « paix dans le monde ».

En partie protestation, en partie campagne de sensibilisation, le concours « Miss Fix the Universe » (« Miss Répare L’Univers) vise à mettre en lumière la beauté des idées et des valeurs des femmes israéliennes qui travaillent sur des initiatives sociales dans des domaines tels que la durabilité, l’égalité et les droits de l’homme. L’événement a été imaginé par le Réseau des femmes d’Israël, une organisation féministe de la société civile qui promeut l’égalité des sexes, et s’est tenu samedi soir au Centre Peres pour la paix et l’innovation à Jaffa.

Des femmes de tous horizons ont été invitées à soumettre leur candidature et plus de 200 propositions ont été examinées pour avoir une chance de gagner un financement de 30 000 NIS, offert par les sponsors de l’événement, notamment la société alimentaire israélienne Strauss, la société d’investissement Pitango, fondée par Chemi Peres, fils de feu l’homme d’État Shimon Peres, la compagnie d’assurance Clal et le ministère de l’Égalité sociale.

Un panel de sept juges, dirigé par Saviona Rotlevy, présidente à la retraite d’un tribunal de district, a sélectionné 15 finalistes, et les trois initiatives gagnantes ont été annoncées samedi soir. Il s’agit d’un projet intitulé « Shame Aside », qui vise à renforcer l’autonomie des femmes victimes de violences domestiques ; de « Job360 », une initiative fondée par deux entrepreneurs, une femme ultra-orthodoxe et une femme arabe israélienne, qui vise à accroître l’emploi dans leurs communautés respectives par le biais d’offres de formations et d’acquisition de compétences ; et du « Lobby contre la violence sexuelle », une organisation qui milite en faveur de changements politiques et législatifs concernant la manière dont les victimes sont traitées par les autorités.

Trois autres projets recevront des services de conseil en affaires offerts par Deloitte, également sponsor de l’événement.

Shachar Klaider-Levy, porte-parole du Réseau des femmes israéliennes, a déclaré au Times of Israel que l’idée était de « souligner la véritable beauté de l’engagement et de l’activisme, et des femmes qui travaillent pour un monde meilleur, un univers meilleur ».

« Miss Univers est un concours dont le format n’a pas changé en 70 ans, où les femmes sont jugées sur leur beauté, leur taille, leur poids, leur âge. Les femmes ne peuvent plus s’associer à cette idée, surtout dans un monde post-MeToo », a-t-elle déploré.

La plateforme créée par l’organisation pour le concours ‘Miss Fix The Universe’ « a donné aux femmes la possibilité de montrer leur travail et leur activisme, et ce sont de véritables accomplissements », a déclaré Mme Klaider-Levy.

La directrice du Réseau des femmes israéliennes, Einat Fischer Lalo, a déclaré que « mesurer une femme à son apparence et à son tour de taille est une façon erronée de considérer la place des femmes dans la société ».

« Les femmes mettent au monde des initiatives étonnantes, porteuses d’espoir et de changement pour la société, la science, les entreprises et l’environnement, en Israël et dans le monde entier. C’est le moment de respecter l’activisme et la réflexion prospective, de célébrer, de financer et de promouvoir les projets qui œuvrent pour un monde meilleur, ainsi que les femmes qui les soutiennent », a-t-elle déclaré dans un communiqué de presse.

Mme Klaider-Levy a déclaré que l’organisation étudiait maintenant les moyens de faire progresser le concours « Miss Fix the Universe », peut-être en en faisant un événement annuel.

Les candidates au concours de Miss Univers lors d’une journée ensoleillée sur la plage de la mer Morte, le 1er décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Vendredi, une équipe de production israélienne a déclaré avoir essayé de convaincre les organisateurs de Miss Univers de remplacer le traditionnel concours en maillot de bain des candidates par des tenues de sport, en vain.

Miss Univers 2021 se tiendra à Eilat dimanche soir et sera diffusé en direct à plus de 600 millions de téléspectateurs dans 172 pays via le réseau Fox. Le concours de beauté est le troisième spectacle télévisé annuel le plus regardé au monde, selon les organisateurs.

Si la décision d’accueillir la 70e édition du concours Miss Univers en Israël a suscité une certaine controverse politique – notamment la décision de l’Afrique du Sud de retirer son soutien à sa candidate – la compétition a été largement éclipsée par la pandémie de COVID-19.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...