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Mont du Temple : Le mouvement islamique fustige les drapeaux d’Israël brandis

Des individus ont été brièvement placés en détention par la police pour avoir brandi le drapeau ; le parti Raam met en garde contre les "violations" du statu quo

Un agent de police confisque un drapeau israélien à une femme sur le mont du Temple, le 27 septembre 2021. (Capture d'écran )
Un agent de police confisque un drapeau israélien à une femme sur le mont du Temple, le 27 septembre 2021. (Capture d'écran )

Un certain nombre de visiteurs du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, ont brandi des drapeaux israéliens sur le lieu saint, une initiative interdite qui a entraîné la colère des Palestiniens et du Mouvement islamique, lié au parti Raam.

Les personnes qui ont ainsi agité les couleurs israéliennes, dans la matinée de lundi et pendant la fête de Souccot, ont été brièvement placées en détention et ont dû quitter les lieux escortées par la police.

Le Mouvement islamique a mis en garde le gouvernement israélien contre « des violations continues sur le mont du Temple et des escalades initiées par des partisans extrémistes du mouvement pro-implantations à la mosquée al-Aqsa », selon le site Ynet.

Le parti Raam, membre de la coalition, est l’aile politique du Mouvement islamique du sud, une organisation qui tire son inspiration des Frères musulmans.

« La droite raciste a tenté récemment d’exploiter la mosquée al-Aqsa à des fins politiques. Ces violations ont entraîné des conflits par le passé et pourraient continuer à en entraîner si ce phénomène continue », a averti le mouvement.

« Nous l’avons dit par le passé et nous le disons encore : la mosquée al-Aqsa est une ligne rouge et, pour nous, elle est le sanctuaire le plus saint de ce pays », a poursuivi le communiqué du Mouvement islamique.

« Nous ne permettrons aucune violation de son caractère sacré et aucun changement dans le statu quo », a-t-il conclu.

Le mont du Temple est considéré comme le lieu le plus saint du judaïsme – c’est là où se dressaient le Premier et le Second temple bibliques. Il accueille également la mosquée Al-Aqsa, le troisième site le plus saint de l’Islam.

Ce site est l’un des éléments les plus sensibles du conflit israélo-palestinien. De nombreux combats meurtriers ont été déclenchés autour de la question du mont du Temple au fil des décennies.

Israël a capturé le mont du Temple et le reste de la Vieille Ville et de Jérusalem-Est à la Jordanie lors de la guerre des Six jours, en 1967, et a annexé la zone. L’État juif a néanmoins permis au Waqf, une instance jordanienne, de continuer à superviser le complexe et les autres sites islamiques à Jérusalem.

Depuis 1967, des règles connues sous le nom de « statu quo » définissent les opérations quotidiennes sur le site. Toute modification perçue ou réelle de ces règles peut potentiellement entraîner des violences.

Selon cet arrangement, les non-musulmans sont autorisés à se rendre sur le mont du Temple mais il leur est interdit d’y prier.

Les Juifs peuvent y entrer en petit groupe à des horaires choisis, mais ils doivent suivre un itinéraire prédéterminé et ils sont étroitement surveillés. Il leur est interdit de prier ou d’afficher des symboles religieux ou nationaux.

Depuis des décennies, les Juifs pratiquants évitent très largement de visiter le site pour des raisons religieuses. De nombreux éminents rabbins – parmi lesquels le Grand rabbinat du pays – ont estimé, après la guerre de 1967, que les Juifs « ne devaient pas entrer dans la zone entière du mont du Temple », inquiets d’une impureté rituelle et des incertitudes sur le lieu exact où se dressaient les anciens temples.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à la tête du parti de droite Yamina, avait fait froncer les sourcils au mois de juillet, pendant la journée de jeûne de Tisha B’Av, quand il avait affirmé qu’Israël était déterminé à protéger « la liberté de culte » sur le mont du Temple. Son bureau avait émis une clarification rapide, affirmant qu’il n’y avait « aucun changement » qui surviendrait dans les règles du statu quo.

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