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Montana Tucker critiquée pour une vidéo mêlant défense des otages et publicité

Une représentante de l'influenceuse, qui sensibilise à la situation critique des otages depuis le 7 octobre, affirme que la visite faite à Raz Ben Ami n'a pas été payée

Montana Tucker lors de la 31e édition du gala annuel Race to Erase MS au Fairmont Century Plaza de Los Angeles, en Californie, le 10 mai 2024. (Crédit : Michael Tran / AFP)
Montana Tucker lors de la 31e édition du gala annuel Race to Erase MS au Fairmont Century Plaza de Los Angeles, en Californie, le 10 mai 2024. (Crédit : Michael Tran / AFP)

JTA — Depuis le 7 octobre, Montana Tucker a été l’illustration du rôle croissant qui est tenu par les influenceurs sur les réseaux sociaux dans les initiatives prises en faveur de la défense d’Israël.

Tucker, qui revendique plus de trois millions d’abonnés sur Instagram (en plus de neuf millions sur TikTok) a posté des vidéos et des photographies des communautés qui avaient été dévastées par le Hamas lors du massacre du 7 octobre, ou des photos d’Auschwitz. Elle a relayé, via ses comptes, les discours prononcés au cours des rassemblements et elle a tenté d’interviewer les manifestants qui prenaient part aux divers mouvements de protestation organisés sur les campus américains. Au mois de février, à la cérémonie des Grammys, elle portait un grand ruban jaune sur sa robe de soirée où il était écrit : « Ramenez-les à la maison ».

Mais son dernier effort de sensibilisation à la cause des otages israéliens a divisé ses fans pro-israéliens – parce qu’en plus d’évoquer l’histoire poignante d’une femme qui avait été prise en otage avec son époux, il s’avère que la vidéo profite de cette occasion pour faire également la promotion d’un produit de soin pour l’épiderme.

« Raz et Ohad ont trois filles très belles qui ont fait et qui font tout ce qu’elles peuvent pour faire revenir leur papa et les autres otages, et qui font tout ce qu’elles peuvent pour prendre soin de leur mère », a écrit Tucker dans la légende de la vidéo qui a été postée jeudi dernier. « @freskincare n’est pas seulement une marque israélienne de soins pour la peau incroyable et écologique, mais c’est aussi la préférée de Raz ».

Les images qui ont été diffusées – et les réactions des internautes face à la séquence – soulèvent l’épineuse question qui se pose face à ce mélange entre culture des influenceurs et sensibilisation pro-israélienne, au moment même où une guerre brutale est en cours et que des otages se trouvent encore entre les mains du Hamas à Gaza. Un grand nombre des abonnés de la jeune femme ont fait l’éloge de la vidéo et ils ont rendu hommage à ses efforts de sensibilisation à la cause des captifs, ainsi qu’à ce geste de bonne volonté de la part de la marque. D’autres se sont indignés face à ce qu’ils ont considéré comme une exploitation indigne de l’histoire d’une famille traumatisée à des fins de promotion d’un produit de beauté.

« C’est juste infâme et inadmissible », s’est insurgé Arsen Ostrovsky, avocat spécialisé dans la défense des droits de l’Homme et défenseur d’Israël, sur X. « Comment osez-vous, @montanatucker, venir ici, en Israël, pour tirer profit du chagrin et du massacre des nôtres ? Vous n’avez pas honte ?, » a-t-il interrogé.

Un autre internaute, qui a répondu à Ostrovsky, a dit voir le post différemment. « Elle a tellement fait pour notre cause, sur les réseaux sociaux, depuis le début de la guerre – et parce qu’elle a fait quelque chose en partenariat avec une marque, voilà que vous lui sautez à la gorge », a-t-il écrit. « Attaquez-vous à ceux qui le méritent et elle n’en fait pas partie ! »

L’influenceuse TikTok Montana Tucker, à droite, avec sa mère dans l’ancien camp de la mort allemand d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne. (Autorisation)

La vidéo commence de la même façon qu’un grand nombre d’autres témoignages d’otages qui ont fait leur apparition depuis le 7 octobre – quand des terroristes, placés sous l’autorité du Hamas, avaient tué près de 1 200 personnes, des civils en majorité, dans le sud d’Israël et qu’ils avaient enlevé 252 personnes, qui avaient été prises en otage dans la bande de Gaza. Dans la séquence, Raz Ben Ami, 57 ans, est assise sur un canapé avec ses trois filles, racontant les longues heures passées, le 7 octobre, dans la pièce blindée de son habitation ainsi que son enlèvement et celui de son mari, Ohad, par les hommes armés qui avaient pris d’assaut le kibboutz Beeri.

Ben Ami avait été libérée pendant une trêve qui avait duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Son époux reste encore en captivité.

« Il nous manque terriblement », dit Ben Ami, qui porte un tee-shirt à l’effigie d’Ohad, dans la vidéo. « Nous travaillons très dur pour qu’il puisse revenir. Nous espérons qu’il va encore bien. »

La caméra se dirige alors sur Mickael Bensadoun, le directeur-général de la marque de produits pour la peau Fré, qui est assis à côté de Ticker. « Nous prions pour la remise en liberté de tous les otages, » dit-il. « C’est la moindre des choses que nous puissions faire ».

L’otage libérée Raz Ben-Ami s’exprimant lors de la manifestation du Forum des familles des otages et disparus, sur la « Place des Otages », à Tel Aviv, le 30 mars 2024. (Crédit : Capture d’écran YouTube ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Bensadoun explique ensuite qu’alors que Raz se trouvait encore en captivité, sa fille Yulia, 27 ans, s’est tournée vers l’entreprise, « disant qu’elle adorerait que sa mère puisse bénéficier de produits gratuits quand elle reviendra. Le responsable du service client m’a montré ce message. Je crois que j’ai eu envie de vous donner tout Fré », dit-il en regardant la mère de famille.

Tucker répond alors : « Il y a un million de marques de produits de soins pour la peau mais je pense que ce qui rend une marque particulière, c’est quand il y a une histoire personnelle qui s’y rattache ». Plus tard, sur les images, elle serre Ben Ami dans ses bras et elle lui dit : « Vous êtes étonnante, vraiment, vous êtes une telle source d’inspiration pour moi ».

A la fin de la vidéo, Tucker demande la permission de pouvoir étaler un peu de crème sur le visage de Ben Ami. Elle lui assure que ses mains sont propres. Ben Ami lui répond en riant : « J’ai été à Gaza ».

La vidéo se termine par un cri poussé à l’unisson par toutes les personnes présentes : « Nous aimons Fré ! »

Le post a suscité de nombreuses réactions positives, avec des internautes qui ont chaleureusement remercié Tucker pour sa mise en lumière des atrocités commises, le 7 octobre, et de la situation critique qui est celle des otages.

« @montanatucker, savez-vous seulement combien tout ça compte pour tous les Juifs du monde ? », écrit un usager d’Instagram. « Le fait que vous mettiez ces histoires ici en permettant à tout le monde de les voir et de les entendre ? Merci beaucoup pour TOUT ce que vous faites pour notre communauté ! »

Tucker a partagé la vidéo la même semaine où des soldats israéliens devaient retrouver les corps sans vie d’otages dans la ville de Rafah. Le jour de la publication de la vidéo par l’influenceuse, les familles de cinq captives devaient aussi partager les images de leur enlèvement par le Hamas, entraînant des pressions accrues sur le gouvernement israélien en faveur de négociations en vue de leur libération.

Dans le contexte de cette actualité particulièrement difficile, certains ont dénoncé une mise en scène des otages dans une vidéo faisant la publicité de produits de beauté.

« Si vous pensiez avoir tout vu, regardez cette vidéo et constatez vous-même comment certaines personnes et les marques dont elles font apparemment la promotion n’ont aucun problème à tirer profit de ceux qui ont connu l’enfer et qui en sont revenus », a écrit sur X Yaakov Katz, l’ancien rédacteur en chef du Jerusalem Post.

En réponse à une sollicitation de la Jewish Telegraphic Agency, une représentante de Tucker a expliqué que Ben Ami et l’influenceuse s’étaient rencontrées lors d’un rassemblement récent en faveur des otages avant de se revoir dans le logement temporaire où vit la famille depuis que son habitation a été détruite, le 7 octobre.

« Elle voulait que son histoire soit racontée, tout comme l’histoire de son mari, par Montana, » a expliqué la représentante qui s’est présentée sous le nom de Michelle.

Elle a ajouté que l’idée de la vidéo était venue de Fré et que Tucker n’a pas été payée.

« C’était totalement une mitzvah« , a-t-elle dit. « Montana sera toujours là pour les otages et elle le sera jusqu’à ce qu’ils soient tous rentrés chez eux ».

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