« Mort à l’Amérique », crient des députés iraniens après la poignée de mains Obama-Zarif
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« Mort à l’Amérique », crient des députés iraniens après la poignée de mains Obama-Zarif

"Avec la permission de qui a-t-il embrassé Obama", s'est interrogé un élu sous les cris de "A mort l'Amérique" de plusieurs de ses collègues

Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)
Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)

« Mort à l’Amérique » ont crié mercredi des députés iraniens deux jours après la poignée de mains à New York entre le président américain Barack Obama et le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, qu’un responsable a même soupçonné d’être « un espion ».

Pendant une réunion agitée du Parlement, Bahrman Biranvand, l’un des députés anti-Zarif – la plupart ultraconservateurs – a donné un « avertissement » au ministre des Affaires étrangères.

« Avec la permission de qui a-t-il embrassé Obama », s’est interrogé cet élu sous les cris de « A mort l’Amérique » de plusieurs de ses collègues.

MM. Obama et Zarif se sont rencontrés par hasard et se sont serrés la main en marge de la 70ème Assemblée générale de l’ONU à New York. Leur échange, bref, a duré moins d’une minute.

Le porte-parole de l’autorité judiciaire iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejeie, également un ultraconservateur, est allé jusqu’à laisser entendre que Zarif, sans toutefois le nommer directement, était un « espion ».

« Il y a deux sortes d’espions, celui payé (par l’étranger) et celui qui prépare le terrain pour l’infiltration de l’ennemi » en Iran, a-t-il dit, cité par l’agence Fars, proche des conservateurs.

Dès mardi, un autre député ultraconservateur, Mansour Haghighatpoor, avait estimé que « serrer la main de l’ennemi est contraire aux principes de la révolution » islamique.

Plusieurs journaux réformistes iraniens ont cependant pris la défense du chef de la diplomatie, soulignant qu’il avait seulement fait preuve de « politesse » et montré ses « bonnes manières » en serrant la main du président Obama.

Cité par le quotidien réformiste Ebtekar, Sadegh Zibakalam, analyste politique à Téhéran s’est demandé « quel crime Zarif avait commis pour que les radicaux réagissent ainsi ». Selon lui, cette poignée de mains sert au contraire « les intérêts nationaux » de l’Iran.

L’Iran et les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980, année de la prise en otage des diplomates de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran par des étudiants islamistes, quelques mois après la révolution islamique de 1979.

Les relations entre les deux pays se sont toutefois améliorées depuis la conclusion de l’accord nucléaire du 14 juillet entre l’Iran et les grandes puissances, dont les Etats-Unis.

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