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Municipales : légère augmentation de la participation dans l’après-midi

Le vote se déroule dans le calme malgré les bagarres, les attaques aux gaz lacrymogènes, les accusations de fraude et l'embarras de la ministre de la Justice qui a enfreint la loi

Des militants près d'un bureau de vote d'Ashdod, pendant la matinée des élections municipales, le 30 octobre 2018 (Crédit : Flash90)
Des militants près d'un bureau de vote d'Ashdod, pendant la matinée des élections municipales, le 30 octobre 2018 (Crédit : Flash90)

Plus de 2 millions d’Israéliens se sont rendus aux urnes dans tout le pays en fin d’après-midi mardi, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux élections précédentes.

Les élections locales aux postes de maire et de membres du conseil municipal et régional ont lieu pour la première fois depuis 2013.

Selon le ministère de l’Intérieur, 2,1 millions de personnes avaient voté à 16 heures, soit une moyenne de 31,8 % pour chaque municipalité.

Il s’agit d’une augmentation d’environ 7 % par rapport au taux enregistré à la même heure de la journée lors des dernières élections municipales, en 2013.

Le scrutin s’est déroulé sans incident dans la plupart des bureaux de vote, mais il y a eu des allégations de fraude, de cyberattaques et d’irrégularités, ainsi que des confrontations violentes et des arrestations dans certains endroits.

Il y avait quelque 6,6 millions électeurs potentiels dans 251 villes, municipalités et conseils locaux.

Les maires en lice doivent obtenir au moins 40 % des voix aux élections pour remporter la victoire, sans quoi les deux candidats les mieux placés devront se présenter pour un second tour de scrutin.

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a apparemment enfreint les lois électorales car elle a affiché sur les réseaux sociaux une vidéo d’elle-même dans un bureau de vote à Tel Aviv, révélant ainsi son vote et demandant le soutien des candidats de son parti, HaBayit HaYehudi.

Shaked a reconnu avoir enfreint par inadvertance les lois électorales israéliennes en publiant sur son compte Twitter la vidéo.

La vidéo a été retirée par la suite, et un communiqué du bureau de Shaked a déclaré que la ministre n’avait pas réalisé qu’elle avait enfreint la loi sur le moment.

« Dès qu’il nous est apparu que c’était illégal, la ministre a retiré la vidéo des réseaux sociaux et s’est excusée pour l’erreur », indique le communiqué.

Le député d’opposition Mickey Rosenthal a déposé une plainte auprès du procureur général contre Shaked au sujet de la vidéo.

A Jérusalem, l’une des municipalités les plus disputées, tous les candidats à la mairie ont commencé leur journée par une prière au mur Occidental dans la Vieille Ville, selon le site israélien Ynet.

À 16 heures, moins de 18 % des habitants de Jérusalem avaient voté, soit nettement moins que la moyenne nationale. Les habitants de Jérusalem Est boycottent traditionnellement les élections municipales et, dans de nombreux quartiers palestiniens, seuls quelques dizaines d’électeurs s’étaient présentés.

Zeev Elkin, candidat à la mairie de Jérusalem, dépose son bulletin à un bureau de vote le matin des élections municipales, à Jérusalem, le 30 octobre 2018. (Crédit : Shlomi Cohen)

La police a arrêté deux personnes à moto soupçonnées d’avoir vaporisé du gaz lacrymogène près d’un bureau de vote dans le centre de Jérusalem. Ils ont été emmenés pour interrogatoire.

Des militants du parti Bnei Torah à Jérusalem, affilié au parti extrémiste ultra-orthodoxe « Jerusalem Faction », ont affirmé que des irrégularités se seraient produites dans certains quartiers de la capitale. Les militants du parti ont déclaré qu’ils avaient porté plainte auprès de la police, arguant qu’à certains endroits, des tentatives ont été faites pour invalider des bulletins de vote pour le parti, qui a apporté son soutien au candidat Zeev Elkin pour le poste de maire – en rupture avec les partis ultra-orthodoxes traditionnels qui soutiennent Moshé Lion.

A Tel Aviv, le siège d’Assaf Harel, un présentateur de télévision espérant devenir le prochain maire à la place du vétéran Ron Huldai, a déclaré qu’il avait reçu des rapports de différents endroits de la ville affirmant que les bulletins du parti disparaissaient des isoloirs.

« Il semblerait que certains ont à cœur d’empêcher l’alternance », a déclaré le parti dans un communiqué en précisant que l’affaire avait été signalée aux responsables des élections.

A Haïfa, Yona Yahav a porté plainte contre sa rivale Einat Kalisch-Rotem, l’accusant de lancer une attaque de spams contre les téléphones utilisés par les militants de son parti, les empêchant d’utiliser leurs appareils.

Le quartier général de sa rivale Kalisch-Rotem a engagé un cabinet de détectives privés pour s’assurer qu’il n’y avait pas eu de fraude lors des élections, affirmant qu’ils avaient des informations selon lesquelles de telles tentatives auraient lieu, selon Ynet.

La course à Haïfa devrait être serrée entre Yahav et Kalisch-Rotem.

Le président de la commission électorale locale, Yossi Haham, a déclaré que le recours à une société d’investigation privée relevait d’ « une paranoïa inutile ».

Une Arabe israélienne dépose son bulletin dans un bureau de vote lors des élections municipales, à Kafr Qasim, le 30 octobre 2018. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

« Il y a suffisamment de moyens pour assurer la transparence des élections », a-t-il dit et a indiqué que chaque parti a le droit d’envoyer des représentants pour surveiller les bureaux de vote, mais que la plupart ne le font pas.

Une « capture d’écran » fabriquée de toutes pièces et diffusée sur les réseaux sociaux, qui avait l’air d’avoir été prise sur le site Ynet, prétendait que le maire de Nazareth avait été arrêté pour une relation illégale et était interrogé par la police. Ynet souligne qu’il n’y a eu aucun incident de ce genre.

Dans la ville druze de Majdal Shams, dans le nord du pays, des policiers ont dispersé une manifestation anti-électorale qui empêchait les électeurs de se rendre dans un bureau de vote local. Aucun blessé n’a été signalé. Selon la police, tous les bureaux de vote de la ville ont été ouverts.

Un homme druze s’entretient avec un policier lors d’une manifestation contre les élections municipales devant un bureau de vote du village de Majdal Shams le 30 octobre 2018. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

De nombreuses communautés druzes du Golan boycottent les élections en se déclarant loyales envers la Syrie, et non à Israël. Selon certaines informations, des représentants des autorités religieuses auraient dit à certains électeurs qui se sont présentés qu’ils seraient bannis de leur communauté.

Un homme a été placé en garde à vue après qu’une bagarre a éclaté dans un bureau de vote dans la ville bédouine d’Arara, dans le Néguev. Selon les rapports, l’autre homme impliqué dans la bagarre a été transporté à l’hôpital avec des blessures légères.

Haaretz a rapporté que le ministère de l’Intérieur a annoncé que le superviseur des élections locales nationales avait demandé à l’administration électorale de Jérusalem d’enquêter sur un incident dans la ville au cours duquel une femme a dit avoir découvert qu’une autre avait voté à sa place.

Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures du matin et doivent fermer à 22 heures.

Cette année, c’était la première fois que les Israéliens se voyaient accorder un jour de congé pour les élections locales dans le but d’augmenter le taux de participation aux élections municipales. L’Autorité israélienne de la nature et des parcs a fait savoir que quelque 180 000 Israéliens ont profité du congé pour se rendre dans les parcs nationaux dans tout le pays.

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