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Musk menace l’ADL, qu’il accuse d’être à l’origine de la chute des revenus de X

Après avoir rejoint la campagne anti-ADL menée par un suprémaciste blanc, le propriétaire du réseau social assure s'opposer à l'antisémitisme

Elon Musk prend la parole lors de la conférence SATELLITE à Washington le 9 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)
Elon Musk prend la parole lors de la conférence SATELLITE à Washington le 9 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)

JTA – Elon Musk a menacé de poursuivre en justice l’Anti-Defamation League (ADL) pour un montant pouvant aller jusqu’à 22 milliards de dollars, lundi, alors qu’il rejoignait un nombre croissant de suprémacistes blancs et de trolls en publiant des invectives à l’encontre du groupe américain.

Cette menace juridique dont la gravité est indéterminée – il est fréquent que Musk ne mette pas ses menaces a exécution – est intervenue après que Musk a rejoint la campagne anti-ADL lancée par un suprémaciste blanc sur X, la plateforme dont Musk est propriétaire et qu’il a renommée à partir de Twitter.

Au cours des derniers jours, Musk a tweeté au moins 25 messages concernant l’ADL ou des sujets connexes. À plusieurs reprises, il a accusé le groupe juif de lutte contre le racisme d’être à l’origine d’une baisse de 60 % des recettes publicitaires sur la plateforme et a déclaré qu’il chercherait à obtenir réparation devant les tribunaux.

À un moment donné, comprenant apparemment que certains considéraient sa tirade comme un soutien aux suprémacistes blancs, Musk a explicitement déclaré qu’il ne soutenait pas l’antisémitisme.

« Pour être très clair, je suis pour la liberté d’expression, mais contre l’antisémitisme sous toutes ses formes », a-t-il clarifié. Il a également déclaré qu’il n’interdirait l’ADL sur sa plateforme que si « elle enfreignait la loi ».

L’automne dernier, peu après que Musk a acheté le réseau social pour 44 milliards de dollars, l’ADL a appelé à un boycott publicitaire temporaire en raison de rapports faisant état d’une recrudescence du sectarisme sur le site. L’ADL a continué à protester l’approche de Musk en matière de discours haineux, mais elle a elle-même recommencé à acheter des publicités sur X.

Musk a contesté être responsable de la montée de l’antisémitisme sur X et a suggéré que l’entreprise porterait plainte pour diffamation contre l’ADL. « Depuis l’acquisition, l’@ADL a essayé de tuer cette plateforme en l’accusant faussement, ainsi que moi, d’être antisémite », a-t-il écrit dans un message.

« Pour laver le nom de notre plateforme sur la question de l’antisémitisme, il semble que nous n’ayons pas d’autre choix que de déposer une plainte pour diffamation contre l’Anti-Defamation League … oh l’ironie ! », a-t-il écrit dans un autre message lundi soir. « Dans notre cas, ils seraient potentiellement responsables de la destruction de la moitié de la valeur de l’entreprise, soit environ 22 milliards de dollars ».

Le nouveau logo de Twitter, rebaptisé X, photographié à Paris le 24 juillet 2023. Twitter a lancé son nouveau logo le 24 juillet 2023, remplaçant l’oiseau bleu par un X blanc sur fond noir et la société d’Elon Musk prendra bientôt le nom X. (Crédit : Alain Jocard / AFP)

Dans un autre message publié lundi, il a donné un chiffre plus bas : « D’après ce que nous ont dit les annonceurs, ADL semble être responsable de la majeure partie de notre perte de revenus. En leur accordant le plus grand bénéfice du doute, je ne vois pas de scénario dans lequel ils seraient responsables de moins de 10 % de la destruction de valeur, soit environ 4 milliards de dollars ».

L’ADL s’est jointe à la NAACP, le groupe de défense des droits des Noirs, pour lancer l’appel initial au boycott des publicités. Si de nombreux organismes à but non lucratif et entreprises ont suspendu leur publicité à l’époque, beaucoup d’autres ont cessé de faire de la publicité sur X depuis pour d’autres raisons, notamment parce que l’entreprise a mis leurs bannières publicitaires sur les flux de comptes extrémistes.

Musk et l’ADL sont en désaccord depuis près d’un an, depuis qu’il a racheté la société et supprimé certains de ses dispositifs de protection contre les discours haineux. Outre l’appel au boycott publicitaire, l’ADL a également reproché à Musk d’avoir repris des stéréotypes antisémites dans des publications sur le mécène juif libéral George Soros ; elle a critiqué le fait qu’il ait rétabli des comptes diffusant des discours haineux ; et, récemment, elle a accédé à sa demande de condamner une chanson de protestation sud-africaine datant de l’époque de l’apartheid et appelant au meurtre de fermiers blancs.

L’épisode le plus récent de cette querelle remonte à la semaine dernière lorsque Musk a « liké » le tweet d’un suprémaciste blanc irlandais appelant la plateforme à « #BanTheADL », un hashtag qui s’est ensuite répandu sur X.

Musk a depuis demandé aux utilisateurs s’il devait soumettre une telle interdiction à un sondage, et s’est adressé directement avec le suprémaciste blanc en question. En réponse à un message de Chaya Raichik, une femme juive orthodoxe derrière le compte Tik-Tok anti-LGBTQ « Libs of TikTok« , Musk a approuvé l’idée qu’il devrait publier toute la correspondance de la plateforme avec l’ADL. Il a également tweeté des articles critiquant l’ADL et, lundi soir, l’expression « L’ADL » était trending sur X.

L’ADL et son chef, Jonathan Greenblatt, ne semblent pas avoir commenté publiquement le dernier flux de déclarations de Musk, y compris sur X, où l’organisation conserve son abonnement payant pour s’assurer que ses publications sont vues.

Le directeur de l’Anti-Defamation League, Jonathan Greenblatt, s’exprime lors du Sommet national du leadership 2018 du groupe à Washington, D.C. (Crédit : Michael Brochstein/SOPA Images/LightRocket via Getty Images/JTA).

Mais certains comptes visant à lutter contre l’antisémitisme ou à défendre Israël ont réagi à ses commentaires, et certains utilisateurs juifs qui ont critiqué l’ADL ont exprimé leur inquiétude face à la campagne soutenue menée contre le groupe juif. L’ADL fait souvent l’objet de critiques acerbes de la part de la gauche et de la droite.

« Et vous @elonmusk ? », a écrit David Draiman, le leader juif du groupe de heavy metal Disturbed. « Vous soutenez la campagne #BanTheADL ? Je ne suis pas toujours d’accord avec leurs positions partisanes modernes, mais ils font encore beaucoup de bien ? Vous ne réalisez pas les ramifications du soutien à une telle campagne ? Dévastateur, vraiment ».

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