Négociations de paix : la feuille de route de Fabius
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Négociations de paix : la feuille de route de Fabius

Fondamentalement opposé au statu quo en vigueur, le ministre des Affaires étrangères français se donne 18 mois pour "résoudre le conflit israélo-palestinien"

Laurent Fabius (Crédit : Lionel Bonaventure/AFP)
Laurent Fabius (Crédit : Lionel Bonaventure/AFP)

La France veut soumettre d’ici septembre un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU visant à résoudre dans les dix-huit mois le conflit israélo-palestinien, affirme Le Figaro mercredi.

Ce projet de texte, « validé par Laurent Fabius », ministre français des Affaires étrangères, et dont Le Figaro a pris connaissance, propose « de fixer un délai maximal de dix-huit mois pour atteindre, à travers des négociations, ‘une solution juste, durable et globale’ « , écrit le quotidien.

Toujours selon Le Figaro, faute d’accord à l’issue de ce délai, « la France a fait savoir qu’elle reconnaîtrait officiellement l’Etat de Palestine ».

Le texte, que la France souhaite voir voter avant septembre, appelle à mettre en oeuvre « le principe de deux Etats pour deux peuples ».

Il demande la création d’un Etat palestinien « sur la base des frontières du 4 juin 1967 (c’est à dire antérieures à la guerre des Six Jours, ndlr), moyennant des échanges mutuellement agréés de territoires équivalents ».

Les négociations devront définir un plan « qui garantisse la sécurité d’Israël et de la Palestine à travers un contrôle efficace des frontières, et qui empêche la résurgence du terrorisme ainsi que l’infiltration d’armes ».

Le projet de résolution mentionne le retrait de l’armée israélienne des Territoires palestiniens. Il s’agit de « respecter la souveraineté de l’Etat démilitarisé de Palestine, y compris en prévoyant un retrait phasé et complet de l’armée israélienne au cours d’une période de transition agréée ».

Sur la question des réfugiés palestiniens, le texte réclame « une solution juste, équilibrée et réaliste » qui devra s’appuyer sur un « mécanisme de compensation ».

S’agissant de Jérusalem, point crucial d’achoppement entre les deux parties, le projet de résolution souligne la nécessité d’en faire « la capitale des deux futurs Etats ».

Selon Le Figaro, le projet français a été « communiqué de façon informelle à Londres et Madrid » et ne devrait pas être mis au vote du Conseil de sécurité « avant le 30 juin ».

En novembre dernier, l’Assemblée nationale avait « invité » le gouvernement français à reconnaître l’État palestinien.

En octobre, le ministre des Affaires étrangères français avait déclaré que la France reconnaîtrait l’État de Palestine, « le moment venu ». « A partir du moment où nous disons qu’il faut qu’il y ait deux Etats (israélien et palestinien), il y aura nécessairement une reconnaissance de l’Etat palestinien, cela va de soi, c’est logique », avait déclaré M. Fabius devant les députés.

« La seule question c’est quelles sont les modalités et comment pour être le plus efficace possible. Ce que nous voulons, c’est non pas une question symbolique, c’est être utiles à la paix », avait-il poursuivi, répétant que « le moment venu il y aura bien une reconnaissance de l’Etat palestinien ».

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