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Néo-nazisme : Le gouverneur de Floride, DeSantis, sous le feu des critiques

Le gouverneur a refusé de condamner les rassemblements néonazis d'Orlando, sa porte-parole doute également, évoquant l'hypothèse d'un faux rassemblement organisé par les Démocrates

Des manifestants néonazis portant des croix gammées et des bannières du "Mouvement national socialiste" piétinent un drapeau israélien, à Orlando, en Floride, le 29 janvier 2022. (Crédit : capture d'écran : Twitter/Luke Denton)
Des manifestants néonazis portant des croix gammées et des bannières du "Mouvement national socialiste" piétinent un drapeau israélien, à Orlando, en Floride, le 29 janvier 2022. (Crédit : capture d'écran : Twitter/Luke Denton)

Des rassemblements antisémites ont eu lieu près d’Orlando, en Floride, samedi et dimanche. Une vingtaine de personnes en tenue néonazie ont brandi des croix gammées, piétiné des drapeaux israéliens et lancé des injures antisémites à l’encontre des passants.

Alors que plusieurs responsables de l’État ont condamné la manifestation, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, s’est retrouvé sous le feu des critiques après avoir refusé de condamner ces rassemblements. Sa porte-parole, pour sa part, a exprimé des doutes concernant le caractère antisémite du mouvement de protestation et elle a affirmé qu’il était possible que les participants aient été des Démocrates désireux de donner une mauvaise image du gouverneur.

Des vidéos et des photos qui ont été partagées sur les réseaux sociaux montrent les manifestants brandir des drapeaux et des bannières nazis. Ils traitent un individu qui se trouve sur les lieux et qui est en train de les filmer de « Démon », de « Put..n de youpin » et ils font le salut nazi.

Une vidéo du rassemblement d’Orlando qui a circulé lundi sur les réseaux sociaux montre des manifestants debout sur un pont autoroutier, devant des bannières représentant des croix gammées. L’un d’eux crie « Heil Hitler ».

Une autre vidéo montre les manifestants en train d’attaquer un passant dans sa voiture.

Les rassemblements ont eu lieu près du campus de l’université de Central Florida, qui compte un grand nombre d’étudiants juifs, et près de Disney World.

Le Orlando Sentinel a signalé que d’autres insultes antisémites avaient fusé et un groupe de responsables de Floride, dont le sénateur républicain Rick Scott et le représentant démocrate Val Demings, ont condamné fermement le rassemblement.

« L’antisémitisme et la haine ne sont pas les bienvenus dans cette communauté », a déclaré le maire d’Orlando, Buddy Dyer, dans un communiqué publié sur Twitter.

Le shérif du comté d’Orange, John Mina, a également écrit sur Twitter que la haine n’avait pas sa place dans le secteur dont il a la responsabilité. Son bureau a déclaré à Newsweek que le droit des manifestants à se rassembler leur était garanti par le Premier amendement.

Cependant, une porte-parole de DeSantis a refusé, pour sa part, de condamner cette manifestation néonazie, estimant que les participants pouvaient tout aussi bien être des « libéraux » qui se seraient donné pour objectif de nuire à l’image du gouverneur dans un tweet – qui a été supprimé depuis.

« Savons-nous seulement si ce sont réellement des nazis ? », a écrit Christina Pushaw, selon Floridapolitics.com.

Malgré la suppression du tweet, elle a continué à partager les publications qui, sur le réseau social, s’alignaient sur ce positionnement, affirmant à Newsweek avoir supprimé le post initial « parce qu’il attirait les trolls et les insultes. »

Le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, s’adresse aux partisans et aux membres des médias après la signature d’un projet de loi à Brandon, en Floride, le 18 novembre 2021. (Crédit : Chris O’Meara/AP)

Écrivant sur Twitter que DeSantis condamnerait toujours la haine et l’antisémitisme, elle a indiqué qu’elle ignorait ce qu’était le « Mouvement national socialiste » et qu’elle se contenterait d’attendre l’enquête menée par les forces de l’ordre. Elle a repoussé par ailleurs ce qu’elle a qualifié de « tentatives » de créer un lien entre DeSantis et les manifestations.

« Dans mon tweet, je m’en suis remise aux forces de l’ordre qui découvriront qui a été à l’origine de la manifestation parce que franchement, j’ignore tout du groupe. Mais je peux garantir que le gouverneur n’a rien à voir avec tout ça. Les tentatives de créer un lien entre ces manifestations et la politique [de DeSantis] s’apparentent à une diffamation politique dégoûtante », a-t-elle déclaré.

Parmi les personnes qui ont condamné Pushaw, il y a eu Fred Guttenberg, un militant anti-armes, dont la fille a été tuée dans la fusillade de l’école de Parkland.

Les rassemblements en Floride n’ont pas été les seuls incidents antisémites survenus aux États-Unis au cours du week-end.

Dimanche après-midi, une école juive et une synagogue dans le quartier West Ridge de Chicago ont été vandalisées.

Debra Silverstein, conseillère municipale dont le bureau est situé à côté de la synagogue, a déclaré que la police enquêtait toujours sur ces incidents.

« Aucune déclaration officielle n’a été faite sur un éventuel mobile, mais ces actes présentent toutes les caractéristiques des crimes de haine », a-t-elle déclaré.

À Washington, la police a arrêté un homme de 34 ans, Geraldo Pando, soupçonné d’avoir peint à la bombe plusieurs croix gammées autour de l’entrée de l’Union Station, une immense gare Amtrak située près de Capitol Hill, aux premières heures de la matinée de vendredi. La maire de Washington, Muriel Bowser, avait réagi à l’incident dans un tweet.

« Ce symbole de haine affiché dans notre ville est à la fois choquant et troublant, en particulier au lendemain de la Journée internationale de commémoration de la Shoah », avait-elle écrit.

Ce week-end agité – qui a également compris un rassemblement à Ottawa contre les vaccins obligatoires COVID-19 où ont été brandies des croix gammées – intervient quelques semaines seulement après la prise d’otages dans une synagogue du Texas, qui avait donné aux Juifs américains un sentiment de vulnérabilité dans leurs synagogues.

L’emplacement choisi pour les rassemblements en Floride, sur des ponts d’autoroute, rappelle des manifestations similaires qui avaient eu lieu à Austin, au Texas, au mois d’octobre, au cours desquelles un groupe appelé Goyim Defense League avait accroché un panneau indiquant « Vax the Jews » (Vaccinez les Juifs) sur un viaduc.

JTA a contribué à cet article.

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