Netanyahu à Varsovie: les pays arabes plus préoccupés de l’Iran que d’Israël
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Netanyahu à Varsovie: les pays arabes plus préoccupés de l’Iran que d’Israël

À la fin du sommet, le Premier ministre assure que 4 ministres arabes des Affaires étrangères avaient soutenu le droit d'Israélien à se défendre contre l'Iran

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

De gauche à droite : Benjamin Netanyahu, le chef de la diplomatie yéménite Khalid al-Yamani et e Mike Pompeo à la Conférence sur la sécurité au Moyen Orient à Varsovie, le 14 février 2019. (Crédit : AP/Czarek Sokolowski)
De gauche à droite : Benjamin Netanyahu, le chef de la diplomatie yéménite Khalid al-Yamani et e Mike Pompeo à la Conférence sur la sécurité au Moyen Orient à Varsovie, le 14 février 2019. (Crédit : AP/Czarek Sokolowski)

VARSOVIE, Pologne – Quatre ministres arabes des Affaires étrangères présents au sommet sur le Moyen-Orient ont soutenu le droit d’Israël à se défendre contre l’Iran, a fait savoir le Premier ministre Benjamin Netanyahu jeudi.

S’adressant à des journalistes peu après son départ de la conférence, dont la majeure partie s’est déroulée sans la présence de la presse, le Premier ministre a applaudi le simple fait que 10 ministres des Affaires étrangères arabes ont accepté de partager la tribune d’une conférence avec un dirigeant israélien, qu’il considère comme « une remise en cause d’un tabou. »

« Quatre des cinq ministres arabes qui se sont exprimés lors de la conférence [jeudi] ont fortement et clairement condamné l’Iran, et dit exactement ce que je dis depuis des années, » a déclaré Netanyahu. « Ils n’auraient pas pu être plus clairs à ce sujet, et sur le droit d’Israël à se défendre contre les agressions iraniennes. »

Netanyahu n’a pas précisé de quels ministres il était question.

Interrogé sur la normalisation totale des relations entre les états arabes et Israël, qui n’a conclu des accords de paix qu’avec la Jordanie et l’Égypte, Netanyahu a répondu que les dernières 24 heures passées à Varsovie montraient qu’elles étaient déjà « à moitié normalisées. »

« Ici, vous avez des ministres des Affaires étrangères arabes qui disent que les Israéliens ont le droit de se défendre, et qui ne le disent pas en coulisses mais à une tribune devant 60 autres pays, » a-t-il expliqué.

« C’était une rencontre très importante, et je ne pense pas que nous exagérons son importance, » a-t-il ajouté. « C’est très important qu’ils soient réunis dans une même pièce, remplie de caméras » pour discuter du Moyen-Orient, a-t-il estimé, en notant que les responsables arabes savaient très bien que cela se saurait qu’ils ont siégé avec le Premier ministre israélien.

La question palestinienne a également été abordée, d’après Netanyahu, ajoutant que les responsables arabes ont préféré concentrer leurs interventions sur l’Iran.

Le prince saoudien Turki ben Fayçal Al Saoud avec le journaliste de la Treizième chaîne Barak Ravid, le 13 février 2019 (Crédit : capture d’écran/Twitter)

Lors d’une interview sans précédent avec une chaîne de télévision israélienne mercredi, l’ancien chef des renseignements saoudiens et ancien ambassadeur aux États-Unis et au Royaume-Uni, prince saoudien Turki ben Fayçal Al Saoud, a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de tromper le public israélien quand il affirme que les relations entre l’État hébreu et de grands pays arabes peuvent se réchauffer sans que la question palestinienne ne soit réglée.

En marge de la conférence jeudi, Khaled ben Ahmed al-Khalifa, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, a déclaré au Times of Israël que son pays « finira » par établir des liens avec Israël.

Mercredi, Netanyahu a rencontré le ministre des Affaires étrangères d’Oman. Et lors de la séance d’ouverture de la conférence il était assis à côté du ministre des Affaires étrangères yéménite, avec lequel il a brièvement échangé.

Cela fait des années que des dirigeants israéliens et arabes se rencontrent en secret, a confié le Premier ministre aux journalistes lors d’un briefing au nouveau musée juif de la capitale polonaise. Quelques heures avant, il avait déposé une gerbe de fleurs sur un monument en l’honneur des victimes du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943.

Le vice-président américain Mike Pence, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et son homologue israélien Benjamin Netanyahu devant le Monument aux héros du Ghetto lors d’une cérémonie hommage à Varsovie, le 14 février 2019. (Crédit : Michael Sohn/AP)

« Aujourd’hui, 60 ministres étrangers étaient présents à la conférence, ils savaient tous quel en était le thème, » a-t-il assuré. « Et il ne s’agissait pas d’une conférence sur la désaccréditation. Nous assistons à un changement. Dans les choses qui ont été dites et dans les choses qui seront entreprises. Ce n’est pas le fruit du hasard. Il s’agit plutôt du fruit de la politique claire que je mène depuis des années. »

Des représentants officiels de 60 pays ont assisté à ce sommet officiellement appelé « Réunion ministérielle visant à promouvoir un avenir de paix et de sécurité au Moyen-Orient », dont les ministres et ministres-adjoints aux Affaires étrangères de Jordanie, du Bahreïn, d’Arabie saoudite, du Yémen, des ÉAU, du Qatar, de l’Égypte, du Koweït et du Maroc.

Le ministre des Affaires étrabgères polonais Jacek Czaputowicz, le vice-président américain Mike Pence, le président polonais Andrzej Duda, Benjamin Netanyahu, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à la Conférence sur la sécurité au Moyen-Orient à Varsovie, le 13 février 2019. (Crédit : Janek SKARZYNSKI / AFP)

« Ils ont tous évoqué l’Iran. Ils ont mentionné la question palestinienne, qui doit être réglée selon eux, tout en estimant qu’elle ne le sera pas tant que les hostilités iraniennes perdurent, » a indiqué Netanyahu.

« Je ne vais pas appeler ça le ‘nouveau Moyen-Orient’ . Mais il se passe quelque chose d’incroyable ici, » a-t-il assuré.

Lors du briefing, Netanyahu a abordé d’autres sujets, notamment le plan de paix très attendu de Washington.

Il a fait savoir que le conseiller à la Maison-Blanche Jared Kushner ne révélerait pas son plan avant les élections israéliennes du 9 avril et assuré que Kushner ne se servirait pas de l’Initiative de paix arabe de 2002 comme base à l’accord de paix israélo-palestinien.

Le conseiller à la Maison-Blanche Jared Kushner lors de la Conférence sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient à Varsovie, Pologne, le 14, février 2019. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)

« Il a dit que l’l’Initiative de paix arabe était importante à l’époque, mais qu’elle n’était plus appropriée aujourd’hui [car] la réalité n’est plus la même, » a expliqué le Premier ministre.

Au sujet des élections d’avril, Netanyahu a répété qu’il considérait Benny Gantz, son principal rival, comme un homme politique de gauche, malgré la présence de nombreux conservateurs sur la liste de Hossen LeYisrael, dont Zvi Hauser et Yoaz Hendel qui travaillaient auparavant pour Netanyahu.

« Les élections sont loin d’être décidées. C’est très serré, rien n’est réglé, » a estimé Netanyahu.

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