Netanyahu demande l’aide de Mandelblit pour évincer Zoabi, pour qui les soldats israéliens sont des “meurtriers”
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Netanyahu demande l’aide de Mandelblit pour évincer Zoabi, pour qui les soldats israéliens sont des “meurtriers”

Pour le Premier ministre, Hanin Zoabi a “traversé toutes les lignes rouges” après ses remarques sur le commando du raid de 2010 qui ont presque causé une émeute à la Knesset

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est tourné vers la plus haute autorité judiciaire pour tenter d’évincer de la Knesset la controversée députée de la Liste arabe unie Hanin Zoabi.

« J’ai parlé avec le procureur général [Avichai Mandelblit] ce soir afin d’explorer les moyens d’expulser Hanin Zoabi de la Knesset », a déclaré mercredi soir Netanyahu dans un communiqué.

Zoabi a déclenché une tempête mercredi à la Knesset après avoir appelé les soldats israéliens impliqués dans le raid de 2010 contre une flottille turque à destination de la bande de Gaza des « meurtriers », et demandé leurs excuses.

Ses remarques devant la plénière de la Knesset ont provoqué des cris de colère des autres députés, qui ont tenté de s’approcher du podium et ont demandé à ce qu’elle soit expulsée du pupitre.

La députée Hanin Zoabi de la Liste arabe unie lors d'une réunion d'une commission à la Knesset, le 2 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée Hanin Zoabi de la Liste arabe unie lors d’une réunion d’une commission à la Knesset, le 2 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Zoabi avait pris part à la flottille de Turquie de 2010 qui avait essayé de briser le blocus israélien sur l’enclave côtière dirigée par le Hamas.

Neuf citoyens turcs, dont un qui possédait également la nationalité américaine, avaient été tués dans les affrontements qui avaient éclaté quand les commandos de l’armée israélienne avaient été violemment attaqués par les activistes qui étaient à bord du Mavi Marmara, le dernier bateau de la flottille, et avaient ouvert le feu. Un dixième citoyen turc était décédé de ses blessures des années plus tard. Nombre de soldats israéliens avaient été blessés pendant l’assaut. Zoabi était à bord du vaisseau battant pavillon turc à ce moment.

« Je demande une excuse pour tous les militants politiques du Marmara et une excuse à la députée Hanin Zoabi, pour incitation [à la haine] contre elle pendant six ans et harcèlement. Vous devez tous vous excuser, tous les membres de la Knesset ici, a déclaré Zoabi. Ceux qui ont assassiné doivent s’excuser, vous devez vous excuser. »

Dans son communiqué de mercredi, Netanyahu a déclaré que « dans ses actions, dans ses mensonges [Zoabi] a traversé toutes les lignes rouges et il n’y a pas de place pour elle à la Knesset. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence de presse annonçant les détails de l'accord de réconciliation entre Israël et la Turquie, à Rome, le 27 juin 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence de presse annonçant les détails de l’accord de réconciliation entre Israël et la Turquie, à Rome, le 27 juin 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a affirmé mercredi soir que Zoabi était une terroriste, écrivant sur Facebook que « les soldats israéliens continueront à combattre les terroristes, sur la mer, sur terres et dans les airs – et cela comprend les terroristes voyageant sur la mer qui sont membres de la Knesset. »

Les remarques de Zoabi ont eu lieu au lendemain de la signature de l’accord de réconciliation avec la Turquie pour restaure les relations de deux pays, après des années de relations glaciales exacerbées par ce raid. L’accord oblige Israël à payer 20 millions de dollars de dédommagement pour le raid du Marmara, un point avec lequel certains politiciens israéliens sont en désaccord.

Les déclarations de Zoabi ont rencontré des hurlements de plusieurs députés, dont Micky Levi (Yesh Atid), qui s’est précipité vers le podium, scandalisé, pour la réprimander.

« Vos amis sont des meurtriers, vous êtes un partenaire du terrorisme, a crié le député du Likud Oren Hazan. Vous dépassez les bornes. N’utilisez pas ce podium pour parler contre les soldats israéliens ! »

« Vous avez tué. Taisez-vous ! », a répondu Zoabi.

La députée Aliza Lavie, de Yesh Atid, a demandé à Zoabi de se taire, ce à quoi Zoabi a répondu : « Venez me faire taire. »

Hamad Amar, député de Yisrael Beytenu, qui présidait la session plénière, a déclaré que Zabi « m’a menti ».

Zoabi avait demandé la permission de parler parce qu’elle voulait s’excuser, a dit Amar. « Elle a menti. »

Dans une tentative de calmer le chaos, Amar a ordonné à la sécurité de faire sortir plusieurs députés, dont Zoabi, le député de l’Union sioniste Micky Rosenthal et la présidente du Meretz, Zehava Gal-on.

Altercation entre la députée Hanin Zoabi de la Liste arabe unie, au centre, et d'autres élus en séance plénière de la Knesset après son discours sur l'accord de réconciliation entre Israël et la Turquie, le 29 juin 2016. (Crédit : capture d'écran Chaîne de la Knesset)
Altercation entre la députée Hanin Zoabi de la Liste arabe unie, au centre, et d’autres élus en séance plénière de la Knesset après son discours sur l’accord de réconciliation entre Israël et la Turquie, le 29 juin 2016. (Crédit : capture d’écran Chaîne de la Knesset)

Le député Levi de Yesh Atid, ancien chef de la police de Jérusalem, a déclaré après la session orageuse que pendant que Zoabi parlait, il pensait aux dizaines de soldats et d’officiers de l’armée israélienne, et aux pilotes de l’armée de l’air qui étaient assis au balcon des visiteurs alors qu’ils visitaient la Knesset, « et ont dû écouter cette diffamation, cette humiliation. Ce sont nos enfants, nos fils. Je ne pouvais pas le laisser passer, et j’ai demandé que son discours d’incitation [à la haine] soit arrêté. »

Levi a fait écho aux commentaires de Netanyahu, disant que Zoabi « n’est pas digne de s’assoir à la Knesset d’Israël. » Il a appelé la commission d’éthique de la Knesset pour examiner son comportement, et « l’expulser de la plénière ».

Les députés ne peuvent pas légalement être empêchés de voter en plénière, ni ne peuvent être expulsés du parlement à moins d’avoir perdu leur immunité après une condamnation criminelle.

Même après son départ de la plénière mercredi, les remarques de Zoabi ont continué à entraîner des réponses enragées d’autres députés.

« Les soldats israéliens sont nos enfants à tous, les appeler des meurtriers est une abomination », a écrit sur Twitter le chef de l’opposition, Isaac Herzog. « Une autre raison de pourquoi nous ne devrions pas avoir accepté de dédommager ceux qui ont attaqué les soldats. »

Nahman Shai, député de l’Union sioniste, a demandé à la commission d’éthique de suspendre Zoabi.

« Pourquoi y-a-t-il encore des gens à la Knesset qui osent traiter nos soldats, mes enfants, de meurtriers ? », a demandé Haim Jelin, député de Yesh Atid.

Meirav Ben-Ari, député de Koulanou, a écrit sur Facebook : « Une femme vulgaire et sans importance qui est la Knesset à nos propres frais se tient dans l’assemblée, et déclare que les soldats de l’armée sont des meurtriers alors que le balcon de l’assemblée en est rempli. »

« Il n’y a pas de pardon, a -t-elle ajouté. De mon point de vue, elle n’existe pas ».

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, a déclaré qu’il ferait avancer une loi pour interdire Zoabi de la Knesset, bien qu’il n’ait pas expliqué comment la législation y arriverait.

« Elle entraîne régulièrement des provocations, et nous ne pouvons pas continuer ce rituel, a-t-il déclaré à la radio militaire. Elle devrait être autorisée à être une martyre, mais pas à La Knesset. Elle ne nous intéresse pas, nous sommes intéressés par elle ne siégeant pas à la Knesset et ne causant pas de provocation. »

Zoabi a refusé de s’excuser pour ses commentaires.

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