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Netanyahu : la paix avec les Saoudiens est la clef du conflit israélo-palestinien

Dans une interview à Al Arabiya, le futur Premier ministre a exhorté Biden à réaffirmer son "alliance" avec Ryad, et a assuré qu'une normalisation serait un bond en avant

Le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, lors d'une interview avec le radiodiffuseur saoudien Al Arabiya, diffusée le 15 décembre 2022. (Crédit : Twitter)
Le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, lors d'une interview avec le radiodiffuseur saoudien Al Arabiya, diffusée le 15 décembre 2022. (Crédit : Twitter)

Le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, a déclaré jeudi que les États-Unis devaient réaffirmer leurs alliances avec leurs partenaires traditionnels au Moyen-Orient, en particulier l’Arabie saoudite, ajoutant qu’un accord de normalisation entre Jérusalem et Ryad pourrait faire office de « pas de géant » pour des pourparlers de paix longtemps moribonds avec les Palestiniens.

Dans une interview accordée à la chaîne d’information saoudienne Al Arabiya, Netanyahu a déclaré qu’il avait l’intention de dire au président américain Joe Biden qu’il « est nécessaire que l’Amérique réaffirme son engagement envers ses alliés traditionnels au Moyen-Orient ».

Netanyahu a souligné l’alliance « indéfectible » d’Israël avec les États-Unis, mais a déclaré que « l’alliance traditionnelle avec l’Arabie saoudite, entre autres, doit être réaffirmée ».

« Il ne devrait pas y avoir de fluctuations périodiques ou même de fluctuations sauvages dans cette relation », a-t-il dit, décrivant ces alliances comme un « ancrage de la stabilité dans la région ».

Les liens entre les États-Unis et l’Arabie saoudite ont été tendus sous l’administration Biden, qui a cherché à interpeller le royaume sur les questions de droits de l’Homme. Ryad a, en retour, refusé les appels des États-Unis à augmenter la production d’énergie pour faire baisser les prix à l’échelle internationale.

Bien qu’Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas de relations officielles, les deux pays sont tous étroitement alignés contre leur ennemi commun – l’Iran.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, à droite, accueillant le président américain Joe Biden au palais Al-Salam à Jeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP)

Netanyahu a exprimé l’espoir d’un progrès dans la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, qui a conditionné l’établissement de liens diplomatiques entre les pays à la création d’un État palestinien. Le chef du parti Likud a plutôt suggéré que la normalisation israélo-saoudienne pourrait ouvrir la voie à un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

« Je pense que nous pouvons entreprendre une nouvelle initiative de paix qui constituera un pas de géant pour la réalisation à la fois du conflit israélo-arabe et, en fin de compte, du conflit israélo-palestinien », a-t-il déclaré. « Et bien sûr, je fais référence à ce qui pourrait être une paix historique vraiment remarquable avec l’Arabie saoudite. »

Le leader israélien de longue date – qui a été au pouvoir de 1996 à 1999 et de 2009 à 2021 et qui devrait reprendre le pouvoir dans les semaines à venir – a souligné son engagement « à approfondir et à renforcer les remarquables Accords d’Abraham », en référence aux accords de normalisation soutenus par les États-Unis entre Israël et plusieurs nations arabes qui ont été signés lors de son dernier mandat de Premier ministre.

« Mais je pense que la paix avec l’Arabie saoudite aura deux objectifs. Elle constituera un pas de géant vers une paix globale entre Israël et le monde arabe. Elle changera notre région d’une manière inimaginable. Et je pense que cela facilitera, en fin de compte, une paix israélo-palestinienne », a-t-il déclaré.

Au sujet de l’Iran, Netanyahu a réitéré son opposition à l’accord de 2015 (JCPOA) entre Téhéran et les puissances mondiales, qui limitait le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions, ce qui, selon lui, n’empêcherait pas la République islamique de se doter à terme d’une bombe atomique.

« C’est de la folie, tout simplement de la folie ! « , a-t-il déclaré à propos des termes de l’accord.

Il a ajouté qu’il pensait qu’il y avait « un changement à Washington » sur un éventuel retour des États-Unis dans l’accord nucléaire, dont le président de l’époque, Donald Trump, s’était retiré en 2018 avec les encouragements de Netanyahu. Depuis son entrée en fonction, Biden a cherché à relancer l’accord, mais de hauts responsables de l’administration ont récemment déclaré qu’ils n’étaient pas actuellement concentrés sur l’accord alors que l’Iran connait une répression meurtrière contre les manifestants anti-régime et contre la fourniture de drones à la Russie dans le but d’être utilisés dans le cadre de son invasion de l’Ukraine.

« Et je pense que, compte tenu de ce qui s’est passé en Iran, de l’extraordinaire courage des hommes et des femmes iraniens, je pense qu’il y a eu un changement et que beaucoup de gens, dans de nombreux pays, disent maintenant ‘vous ne pouvez vraiment pas revenir sur le JCPOA ; nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher l’Iran d’avoir un arsenal nucléaire' », a déclaré Netanyahu.

Il a promis de « faire le nécessaire pour empêcher l’Iran de se doter d’un arsenal nucléaire », même si cela doit être fait sans le consentement des États-Unis.

« Les actions que nous avons entreprises jusqu’à présent, et je ne préciserai pas lesquelles, nous les avons faites sans en informer les États-Unis. Nous ne l’avons pas fait avec l’approbation des États-Unis, car ces derniers auraient probablement désapprouvé. Durant de nombreuses années, ils ont supposé qu’ils devaient négocier ou conclure un accord avec l’Iran. Et si nous leur disions ce qu’il en est, [si nous les avions] informé de chaque opération, de ce que nous nous apprêtons à faire, ils s’y opposeraient, et cela entrainerait directement un conflit », a déclaré Netanyahu.

« Pourquoi faire cela ? Risquer qu’ils s’y opposent. De plus, il pourrait y avoir une fuite. Et si cela était révélé par le Washington Post, ou le New York Times, les Iraniens seraient prévenus, et nos actions seraient automatiquement annulées », a-t-il ajouté.

Netanyahu a également indiqué qu’il ne romprait pas l’accord sur la frontière maritime entre Israël et le Liban négocié par les États-Unis, qu’il avait dénoncé comme une « capitulation » après sa signature en octobre et avait alors juré de ne pas être lié par cet accord s’il revenait au pouvoir.

« Je ne vais pas nécessairement rompre les accords ; je ne pense pas que ce sera le cas », a-t-il déclaré, tout en exprimant à nouveau sa crainte que l’accord ne profite au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, et non à l’État libanais.

« Je verrai ce que je peux faire pour modérer tout dommage et garantir les intérêts économiques et sécuritaires d’Israël », a-t-il ajouté.

Le président libanais Michel Aoun, à droite, recevant de l’envoyé américain pour les Affaires énergétiques, Amos Hochstein, l’accord négocié par les États-Unis fixant une frontière maritime entre le Liban et Israël, au palais présidentiel, à Beyrouth, au Liban, le 27 octobre 2022. (Crédit : Dalati Nohra via AP)

Au cours de l’interview, Al Arabiya a interrogé Netanyahu sur les accords de coalition que son parti, le Likud, a conclus avec des factions d’extrême-droite et qui leur donneront des pouvoirs étendus en Cisjordanie, notamment en confiant le contrôle des affaires civiles dans la région au parti HaTzionout HaDatit, probablement à son chef, Bezalel Smotrich.

« Je n’ai pas cédé de grands pouvoirs en Judée-Samarie, en Cisjordanie, pas du tout. Toutes les décisions seront prises par moi-même et le ministre de la Défense, comme stipulé dans l’accord de coalition », a-t-il déclaré.

Après l’interview, cependant, le Likud a publié une « clarification » indiquant que Netanyahu faisait référence aux « pouvoirs sécuritaires qui seront entre ses mains et celles du ministre de la Défense », et non à l’accord conclu avec HaTzionout HaDatit concernant l’Administration civile – l’un des deux organes du ministère de la Défense qu’il a prévu de contrôler.

La déclaration du Likud précise que les décisions de l’Administration civile « seront prises en coordination avec le Premier ministre, comme le prévoit l’accord de coalition ».

Le Premier ministre sortant, Yair Lapid, a critiqué Netanyahu pour cet apparent retour en arrière.

« Netanyahu écrit en anglais ‘moi seul détermine la politique’ ! Puis, Netanyahu écrit en hébreu ‘désolé Smotrich, je ne pensais pas à ce que je disais' », a écrit Lapid sur Twitter. « Netanyahu est un faible, un partenaire secondaire au sein du gouvernement. »

Le chef du parti HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich, après des discussions de coalition avec le leader du Shas, Aryeh Deri, et le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, à l’extérieur d’un hôtel, à Jérusalem, le 5 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’interview accordée à Al Arabiya a eu lieu alors que Benjamin Netanyahu s’efforce de finaliser son gouvernement avant la date butoir du 21 décembre. Outre le Likud et plusieurs partis d’extrême-droite, la nouvelle coalition attendue comprendra deux factions ultra-orthodoxes. Ensemble, le bloc a remporté une majorité de sièges à la Knesset lors des élections législatives du 1er novembre.

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