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Netanyahu : Lapid pousse les militaires et les autorités locales à la rébellion

Le chef du Likud reproche au Premier ministre sortant d’inciter les maires contre les diktats éducatifs de Noam, et d'avoir averti un général de Tsahal contre une prise de contrôle de la droite

Montage photo du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, à droite, et du ministre des Affaires étrangères de l’époque Yair Lapid dirigeant la réunion de leur parti respectif, le Likud et Yesh Atid, à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Montage photo du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, à droite, et du ministre des Affaires étrangères de l’époque Yair Lapid dirigeant la réunion de leur parti respectif, le Likud et Yesh Atid, à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre désigné Benjamin Netanyahu a critiqué vendredi le Premier ministre sortant Yair Lapid pour avoir « tenté d’inciter à la rébellion les officiers de l’armée et les autorités locales contre le gouvernement élu. »

Ses commentaires sont intervenus après que Lapid a exhorté les dirigeants des autorités locales à ne pas coopérer avec un membre extrémiste d’extrême droite du gouvernement en matière d’éducation, et après avoir, selon certaines informations, mis en garde un général de l’armée en début de semaine du risque de laisser l’extrême droite « prendre le contrôle de l’armée ».

« La conduite de Lapid est dangereuse et nuit à la démocratie », a déclaré Netanyahu dans un communiqué. « Nous devons laisser Tsahal en dehors de tout débat politique. Les officiers supérieurs ne doivent certainement pas être incités à la rébellion contre un gouvernement qui a été élu par le peuple. Cela franchit une ligne rouge ».

Il a ajouté que lorsque le Likud était dans l’opposition, « nous n’avons jamais incité contre le gouvernement ».

Netanyahu a promis de défendre les droits des citoyens et de « diriger le gouvernement israélien selon les valeurs nationales et démocratiques qui m’ont guidé toute ma vie. »

Il a exhorté Lapid et les membres de la future opposition « à agir de manière responsable. Nous avons un pays, une armée et une nation. Nous ne devons pas les blesser ».

Le président du Likud et député Benjamin Netanyahu, à l’occasion d’un événement célébrant la vente de 40000 exemplaires de son autobiographie, à Jérusalem, le 14 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon un article paru vendredi dans le quotidien Haaretz, Lapid aurait tenu les propos susmentionnés à un officier supérieur de l’armée lors d’un exercice militaire cette semaine.

L’article, qui ne cite pas de sources, indique que l’officier a relaté à Lapid le déroulement d’une réunion de l’état-major de Tsahal la veille, au cours de laquelle les hauts responsables militaires ont exprimé leur frustration face au « manque de soutien des ministres du nouveau gouvernement ».

Une référence évidente au tollé de la droite concernant la décision de punir un soldat qui avait nargué des activistes de gauche à Hébron en évoquant le futur gouvernement de droite.

L’atmosphère de la réunion militaire a été décrite comme « morose », les responsables s’inquiétant de voir les politiques s’immiscer dans les affaires militaires.

« Ce n’est pas fortuit et cela ne s’arrêtera pas », aurait dit Lapid au général non identifié. « L’extrême droite, dans tous les pays du monde, cherche toujours à prendre le contrôle de l’armée. Elle le fait en déclenchant des conflits entre les soldats et leurs commandants, en donnant aux soldats le sentiment qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent car ils auront toujours le soutien de l’échelon politique », a-t-il ajouté.

« Ce qui a commencé avec Elor Azaria va maintenant devenir une mesure politique », a soutenu Lapid, faisant référence à l’ancien soldat israélien condamné pour homicide involontaire pour avoir achevé un attaquant palestinien qui était déjà hors d’état de nuire en 2016.

« Mais cela implique la pagaille, on ne peut pas diriger une armée comme ça », a répondu le général, selon l’article.

« Oui », aurait répondu Lapid, « c’est exactement ce qu’ils veulent ».

Cette semaine, la décision de l’armée de punir un soldat qui a été filmé en train de narguer des activistes à Hébron a été vivement critiquée par la droite. La décision a été vivement protestée par le législateur d’extrême droite Itamar Ben Gvir, le futur ministre de la Sécurité nationale, que le soldat avait loué dans sa diatribe comme l’homme qui « ramènera l’ordre ici ».

Le commandant qui a condamné le soldat à 10 jours de prison a été honni sur les réseaux sociaux et aurait reçu des menaces.

Un soldat de Givati affronte un activiste dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie, le 25 novembre 2022. (Crédit : Capture d’écran : Breaking the Silence)

Lapid n’a pas caché ses inquiétudes concernant le prochain gouvernement, qui comptera des personnalités d’extrême droite et ultra-religieuses à des postes importants.

Dans une missive adressée aux maires, le Premier ministre sortant Yair Lapid a déclaré que « le nouveau gouvernement en cours de formation en Israël a abandonné l’éducation de nos enfants et l’a confiée aux figures les plus extrêmes et les plus rétrogrades de la société israélienne. »

Le Premier ministre sortant Yair Lapid dirige la dernière réunion du cabinet du gouvernement actuel, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 20 novembre 2022. (Crédit : Marc Israel Sellem)

Cette semaine, Netanyahu a accordé au député Avi Maoz, le seul législateur du parti extrémiste Noam, un budget annuel d’au moins 100 millions de shekels, ainsi que plus d’une douzaine de collaborateurs, comme ministre adjoint à la tête d’une nouvelle agence gouvernementale chargée de « l’identité nationale juive » au sein du bureau du Premier ministre.

Selon l’accord, l’unité du ministère de l’éducation responsable de l’enseignement externe et des partenariats sera placée sous le contrôle de Maoz, ce qui lui donnera autorité sur les organismes non officiels recrutés pour enseigner ou donner des conférences dans les écoles.

Lapid a exhorté les autorités locales à s’opposer aux contenus extrémistes poussés par Maoz.

« La responsabilité solennelle des contenus éducatifs qui seront enseignés à nos enfants dans les écoles vous incombe désormais », a-t-il déclaré. « Vous devez aujourd’hui devenir les gardiens de l’éducation ».

Plusieurs autorités locales ont déclaré qu’elles ne permettraient pas à Maoz de dicter leurs programmes d’enseignement.

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