Netanyahu propose des coupes budgétaires pour financer la défense contre l’Iran
Rechercher

Netanyahu propose des coupes budgétaires pour financer la défense contre l’Iran

"Nous devrons revoir nos priorités", a déclaré le Premier ministre à l'Agence juive et promis d'augmenter le budget du ministère de la Diaspora pour lutter contre l'antisémitisme

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse au conseil d'administration de l'Agence juive à Jérusalem, le 28 octobre 2019. (Crédit : Dudi Salem)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse au conseil d'administration de l'Agence juive à Jérusalem, le 28 octobre 2019. (Crédit : Dudi Salem)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti lundi des coûts importants liés à la défense contre la belligérance croissante de l’Iran et déclaré qu’Israël devrait « revoir ses priorités » et mobiliser davantage de ressources civiles à des fins militaires.

Les menaces émanant de Téhéran, qu’il a décrites comme modifiant drastiquement l’équilibre des pouvoirs, nécessitent « un engagement national pour armer l’Etat d’Israël », a déclaré Netanyahu, appelant le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à former un gouvernement d’unité avec son parti, le Likud.

« Nous sommes à un moment charnière. Il faut comprendre cela », a-t-il dit à des responsables juifs réunis pour une conférence à Jérusalem.

« Nous faisons face à un empire diabolique, qui s’appelle l’Iran. L’Iran cherche à détruire Israël. Ils le disent ouvertement. Ils œuvrent inlassablement en ce sens », a déclaré le Premier ministre au conseil d’administration de l’Agence juive, qui se réunit actuellement dans la capitale.

Il a répété ce qu’il a déclaré au secrétaire américain du Trésor Steve Mnuchin, à savoir que l’Iran cherchait à placer des missiles dans la région pour être en mesure de cibler Israël.

« L’Iran veut utiliser l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen comme bases pour attaquer Israël avec des missiles statistiques et des missiles guidés de haute-précision », a-t-il dit en employant un terme qui fait référence à des munitions inexactes. « C’est un très, très grand danger. »

Un missile longue portée Shahab-3 exposé pendant la Journée d’Al-Qods à Téhéran, le 23 juin 2017. (Crédit : Stringer/AFP)

Renforcer les capacités de défense d’Israël nécessitera de transférer « des fonds des secteurs civils aux secteurs militaires », a déclaré celui qui est également ministre de la Défense.

« Nous devrons revoir nos priorités », a-t-il poursuivi. « Parce que la première chose à faire est de garantir la sécurité de l’Etat juif. Nous en sommes capables. Nous avons le génie. Nous avons déjà développé tout ce dont nous avons besoin – des armes offensives et défensives. Mais nous avons besoin de beaucoup. »

Israël dépense déjà 4,3 % de son budget pour l’armée, ce qui en fait l’Etat le plus dépensier au monde en termes de défense, selon la Banque mondiale, bien que ce chiffre ait diminué depuis les années 70. Israël touche également chaque année 3,8 milliards de dollars d’aide de la part des Etats-Unis.

Netanyahu n’a pas précisé où des coupes budgétaires devraient être appliquées, mais a souligné que ces démarches nécessiteraient « un gouvernement avec des épaules larges », appelant Gantz à former un gouvernement d’unité et un Premier ministre tournant.

« Il n’y a aucune raison qui nous empêche d’avoir un gouvernement d’unité large en 24 heures », a-t-il dit.

Netanyahu a évoqué une menace imminente non spécifiée liée aux tensions avec l’Iran pour encourager Gantz à accepter un accord d’unité dans les plus brefs délais.

« Nous devons nous unir. Parce que face aux dangers, nous nous unissons », a-t-il dit lundi. « Ce n’est pas une manœuvre… C’est la réalité de ce qui se produit, à mesure que l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient évolue. Nous devons être forts. Et pour être forts, nous devons nous unir en tant que peuple, unis par l’esprit, unis dans notre quête pour sécuriser l’avenir de l’Etat juif et du peuple juif. Mais pour être forts, il faut être fort militairement. »

Netanyahu a déclaré avoir eu « une bonne conversation » avec Gantz dimanche soir, mais qu’il « y a des forces dans le parti de Gantz, notamment Yair Lapid, qui ne veulent pas d’un gouvernement d’unité, et Benny Gantz doit faire preuve de courage et de leadership pour les surmonter ».

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019 (Crédit : Elad Malka)

Le Premier ministre a également souligné qu’il s’était octroyé le portefeuille du ministère de la Diaspora et promis d’utiliser le budget de ce ministère pour protéger « les communautés juives face à la recrudescence de l’antisémitisme violent ».

« Ça a déjà trop tardé », a-t-il ajouté.

Son prédécesseur, le chef de HaYamin HaHadash Naftali Bennett est un rival de Netayahu au sein de la droite. Netanyahu avait limogé Bennett en juin, le poste était resté vacant depuis.

En plus d’être Premier ministre, il est également ministre de la Défense, ministre de la Santé (le bureau est géré en pratique par le vice-ministre la Santé Yaakov Litzman, dont le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah refuse d’occuper de fonctions ministérielles complètes) et ministre du Travail et des Affaires sociales par intérim (un poste qu’il a récupéré au mois d’août après la démission de Haim Katz, soupçonné de corruption).

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...