Netanyahu rejette de nouveau les accusations de corruption à son encontre
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Netanyahu rejette de nouveau les accusations de corruption à son encontre

"Nous sommes ici pour balayer toute la saleté et toute la corruption qu'il a créé ces dernières années", a déclaré Claudie Manoque, une des manifestantes devant le tribunal

  • Des manifestants anti-Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
    Des manifestants anti-Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit : Reuven Castro/Pool)
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit : Reuven Castro/Pool)
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit :Reuven Castro/Pool)
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit :Reuven Castro/Pool)
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit : Reuven Castro/Pool)
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit : Reuven Castro/Pool)
  • Des manifestants devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021 (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
    Des manifestants devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021 (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit :Reuven Castro/Pool)
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit :Reuven Castro/Pool)
  • Des manifestants anti-Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021 (Crédit : Emmanuel DUNAND/AFP)
    Des manifestants anti-Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021 (Crédit : Emmanuel DUNAND/AFP)
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit :Reuven Castro/Pool)
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit :Reuven Castro/Pool)
  • Des manifestants anti-Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021 (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
    Des manifestants anti-Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021 (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
  • La garde israélienne accompagne le convoi du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui arrive au tribunal pour son procès le 8 janvier 2021. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)
    La garde israélienne accompagne le convoi du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui arrive au tribunal pour son procès le 8 janvier 2021. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Des snipers sur les toits, des centaines de manifestants à l’extérieur, voilà dans quelle ambiance Netanyahu s’est rendu lundi à sa deuxième comparution. Le Premier ministre s’est rendu au tribunal et n’y est pas resté très longtemps. Il l’a quitté avec une autorisation en poche. Les juges en charge du dossier doivent maintenant décider si l’étape probatoire du procès peut avoir lieu pendant les élections du 23 mars.

Sous haute surveillance et un peu en retard du fait des mesures de confinement liées à l’épidémie de Covid-19, le Premier ministre s’est rendu lundi matin au tribunal de district de Jérusalem, pour une audience très attendue dans le cadre de son procès en corruption. Cette audience porte son attention sur la réponse du Premier ministre à cette accusation, mais aussi sur celle d’autres accusés. Elle ouvre le début de la phase probatoire du procès.

Le Premier ministre a formellement nié les accusations portées contre lui. Après que les juges l’ont autorisé à partir, Netanyahu a quitté le tribunal et a remercié le banc et s’en est allé. Contrairement à l’année dernière, le Premier ministre n’a fait aucune déclaration officielle aux médias, ou en ligne, avant ou après sa comparution au tribunal.

Plus tôt, le cortège du Premier ministre et des autres accusés (Shaul et Iris Elovitch ainsi qu’Arnon Mozes) est arrivé sous haute sécurité au tribunal. Le Premier ministre et les autres accusés sont arrivés dans le calme au tribunal. Cette fois-ci, Netanyahu n’a pas demandé à ses partisans de se réunir devant le tribunal pour lui témoigner leur soutien, afin de respecter les mesures appliquées à tous dans le cadre de la lutte contre la Covid-19.

Masque sanitaire noir sur le bas du visage, Benjamin Netanyahu, 71 ans, est resté environ 20 minutes dans la salle d’audience du tribunal de Jérusalem. Il est jugé pour des accusations de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires. C’est la deuxième fois que Netanyahu assiste en personne à son procès.

« J’approuve la réponse écrite en mon nom », a déclaré le Premier ministre en allusion à une lettre rédigée par ses avocats et présentée à la justice le mois dernier, selon laquelle le Premier ministre n’est pas coupable.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l’audience de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit : Reuven Castro/Pool)

Netanyahu a été vu assis, dos aux caméras, près d’une fenêtre par laquelle il pouvait entendre les manifestants réunis contre lui et clamant des slogans anti-corruption. De nombreuses manifestations anti-corruption et très critiques à l’égard du Premier ministre ont lieu dans le pays et à Jérusalem depuis quelques mois déjà.

Durant l’audience du Premier ministre, la foule de manifestants présente devant le tribunal n’a cessé de grandir. De plus en plus de gens arrivaient et les slogans anti-corruption des manifestants étaient très audibles depuis la salle d’audience où le Premier Ministre était interrogé, en raison du fait que les fenêtres furent laissées ouvertes, conformément aux mesures anti-Covid. La reprise du procès a été permise par l’allègement des restrictions anti-coronavirus et après un report de l’audience initialement prévue en janvier.

A l’extérieur du tribunal, des dizaines de manifestants ont protesté contre le Premier ministre appelant à son départ. « Dégage », « Tu ne voleras point », lisait-on sur des banderoles.

« Nous sommes ici pour balayer toute la saleté et toute la corruption qu’il (M. Netanyahu, NDLR) a créé ces dernières années », a déclaré à l’AFP Claudie Manoque, une manifestante. « Netanyahu est un homme corrompu, qui veut établir une dictature en Israël, nous ne le laisserons pas faire ».

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Netanyahu a profité de cette audience pour confirmer verbalement la défense mise en place par ses avocats, qu’ils ont déposée au tribunal à l’écrit et qu’ils n’ont toujours pas plaidé oralement devant les juges.

Le Premier ministre a formellement nié les charges qui pèsent contre lui. Il s’est levé et a déclaré : « Je confirme la réponse déposée par mes avocats ».

En réalité, le plus important fut les questions de calendrier. En effet, les juges doivent discuter de la phase probatoire du procès et notamment de quand elle doit avoir lieu. Les juges doivent décider si elle commencera après les élections à la Knesset du 23 mars et dans quelle mesure Netanyahu pourra assister aux trois longues audiences prévues par semaine tout en continuant à « gérer » le pays.

Yariv Levin, président de la Knesset et soutien du Premier ministre, souhaite que le tribunal reporte la phase suivante du procès après les élections. Il a déclaré au journal pro-Netanyahu Israel Hayom que dans le cas contraire, « ce serait une ingérence flagrante dans le processus électoral ».

Levin a également déclaré qu’il serait injuste que l’accusation puisse plaider ses arguments pendant la campagne électorale, alors que la défense devra quant à elle présenter ses arguments après l’élection.

Pour accueillir le procès, deux salles d’audience ont été réunies. Les juges qui présideront au procès sont Rivka Friedman-Feldman, Moshe Bar-Am et Oded Shaham.

Rivka Friedman-Feldman, juge au tribunal de district de Jérusalem. (Autorité judiciaire israélienne)

Le public n’est pas autorisé à assister aux audiences. En revanche, le procès sera retranscrit en direct à des journalistes, accueillis dans une salle adjacente à celles de l’audience.

Les avocats de Netanyahu ont essentiellement axé leur défense sur l’absence d’approbation formelle et écrite du procureur Avichai Mandelbit pour l’ouverture de l’enquête. Ils dénoncent un prétendu accord général, illégal et informel, ayant donné le feu vert à la recherche de preuves contre le Premier ministre.

Boar Ben Tzur, l’un des avocats de Netanyahu, a déclaré « qu’une mise en accusation a été déposée au tribunal sur la base d’une enquête partisane et non conforme aux règles qui régissent normalement la procédure d’investigation. »

Le juge Bar-Am a interrompu Ben Tzur à maintes reprises. Lui rappelant que le procureur Mandelbit s’était plusieurs fois exprimé clairement sur la conformité de la procédure d’accusation.

Les avocats de la défense ont largement repris à l’oral des éléments qu’ils avaient développés dans leur requête écrite déposée au tribunal. A tel point que la juge Friedman-Feldman a demandé aux avocats de la défense de cesser de « lire ce qui a été présenté à l’écrit » et de faire l’effort d’apporter de nouveaux éléments de défense dans leur plaidoyer oral.

La procureure Liat Ben-Ari (2ème à gauche) et Shaul Elovtich (2ème à droite) au tribunal de district de Jérusalem, à une audience en pénal contre le Premier ministre Netanyahu, le 19 juillet 2020. (Marc Israel Sellem / Pool / Flash90)

Pressée par les juges, la procureure Liat Ben-Ari a reconnu lors de l’audience « qu’il aurait peut-être mieux valu que les approbations aient été données sous une autre forme ».

Mais elle a ajouté : « dès le premier jour du procès, nous avons dit que les éléments avaient été inscrits dans un protocole documenté et complété lors de réunions en interne. Le procureur général peut le confirmer ».

Ce à quoi a rétorqué la juge Friedman-Feldman : « Nous ne voyons pas d’approbation formelle dans le protocole. L’approbation dans l’affaire 4000 a été donnée après que le processus d’investigation a été lancé.

Yehudit Tirosh, autre procureure, a déclaré que l’enquête initiale concernait le directeur général du ministère des Communications, Shlomo Fiber et que le procureur Mandelbit ne pensait pas au départ qu’elle impliquerait le Premier ministre. « Sans lien clair avec le Premier ministre, a-t-elle déclaré, il n’était pas nécessaire d’aller voir le procureur général. Le procureur de l’Etat aurait largement suffi ».

Les charges qui pèsent sur le Premier ministre, dans l’affaire 4 000, sont lourdes. Netanyahu est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance.

Dans le dossier Bezeq, aussi nommé « Affaire 4 000 », il est accusé d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable par le site Walla en échange de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars à Shaul Elovitch, alors patron du géant israélien des télécoms Bezeq, dont Walla fait partie.

Au coeur de l’affaire figure la fusion en 2015 de Bezeq avec le distributeur de télévision par satellite Yes, qui nécessitait l’aval des autorités de contrôle.

Or M. Netanyahu détenait aussi à l’époque le portefeuille des Communications. S’il a soutenu que la fusion Bezeq-Yes était pertinente, il a aussi maintenu ne pas avoir cherché à obtenir une couverture favorable du site Walla en échange de son approbation.

Dans un deuxième dossier, nommé Mediagate ou « Affaire 2 000 », le Premier ministre est accusé d’avoir cherché à s’assurer une couverture favorable mais cette fois du quotidien payant le plus lu en Israël, le Yediot Aharonot, en échange d’une possible loi limitant la diffusion du journal gratuit Israel Hayom, principal concurrent du Yediot.

Selon la justice, M. Netanyahu a évoqué cet échange (couverture favorable contre loi) avec le patron du Yediot, Arnon Moses. Au final, aucun accord n’a été conclu.

Dans un troisième dossier, « l’affaire 1 000 », M. Netanyahu et des membres de sa famille sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux – cigares de luxe, bouteilles de champagne et bijoux – pour plus de 700 000 shekels (environ 175 000 euros) de la part de personnalités, notamment du producteur Arnon Milchan, en échange de faveurs financières ou personnelles.

M. Netanyahu a indiqué avoir reçu une opinion légale d’experts concluant qu’il avait le droit d’accepter des cadeaux d’amis proches, dont Arnon Milchan, et nie avoir octroyé des faveurs.

Ben-Ari a récemment déclaré que les procureurs seraient autorisés à demander des changements surprises dans l’ordre de passage des témoins de l’affaire 1 000. Elle n’a pas souhaité en préciser les raisons pour le moment.

Les avocats du Premier ministre ont à plusieurs reprises tenté de déstabiliser et d’entraver la procédure et le bon déroulé du procès. Ils ont par exemple déposé un certain nombre de plaintes contre l’accusation, qu’ils accusent d’avoir pratiqué des « tactiques criminelles » contre eux et leur défense. La défense accuse l’accusation d’avoir demandé la modification de l’acte d’accusation contre le Premier ministre. Elle accuse également les enquêteurs de la police d’avoir utilisé des méthodes d’enquête illégales. Ce qui en soit invaliderait la procédure et surtout l’accusation.

Des membres éminents du Likud s’étaient préparés à venir soutenir leur champion au tribunal. Netanyahu les a dissuadés de ne pas venir afin de respecter les mesures anti-covid.

Cependant, certains membres du Likud ont exprimé leur soutien au Premier ministre sur Internet et sur les réseaux sociaux.

« Nous ne sommes peut-être pas avec vous physiquement, mais nous sommes à vos côtés à distance. Nous vous offrons notre force et notre soutien. Comme beaucoup, je crois personnellement en votre innocence », a écrit sur sa page Facebook, la ministre des Transports, Miri Regev.

Osnat Mark, a déclaré sur les réseaux que cette audience était une « nouvelle tentative d’assasinat politique de Netanyahu, couverte sous le nom ‘d’affaire Netanyahu' ».

Lors de la première audience du procès (en mai dernier), le Premier ministre s’était rendu au tribunal accompagné de plusieurs personnalités de son parti et du gouvernement. Il avait fustigé publiquement, à la sortie du tribunal, l’affaire en cours, le système judiciaire dans son ensemble et avait qualifié les preuves présentées par l’accusation comme ayant été « fabriquées de toute pièce » contre lui.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration avant d’entrer dans une salle d’audience du tribunal de district de Jérusalem le 24 mai 2020, pour le début de son procès pour corruption. (Yonathan SINDEL/POOL/AFP)

« Je sais que vous êtes derrière moi, que vous me donnez de la force face à ce simulacre de procès et d’accusations ‘fabriquées’ contre moi », a déclaré dimanche le Premier ministre. »Mais l’actualité du virus est préoccupante. Une de ses nouvelles mutations frappe le monde entier et Israël en particulier. Alors, pour votre santé et celle de vos proches : Ne m’accompagnez pas demain. »

Le procès de Netanyahu s’est ouvert en mai dernier. Bien que le Premier ministre n’ait pas assisté à la première audience, les juges lui ont permis de ne pas assister à des étapes ultérieures de son procès, qui ne sont que des étapes purement procédurales.

Détenteur du record de longévité des Premiers ministres israéliens avec 15 ans au pouvoir, M. Netanyahu est le premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à être jugé alors qu’il est en fonction.

A l’ouverture de son procès en mai 2020, M. Netanyahu venait de former un gouvernement d’union avec son rival Benny Gantz. Mais depuis les manifestations contre le Premier ministre se sont multipliées et la coalition au pouvoir a éclaté.

Résultat, de nouvelles élections générales sont prévues le 23 mars – les quatrièmes en moins de deux ans – ce qui soulève des craintes quant à un impact du procès sur le vote.

Des manifestants anti-Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive pour son procès au tribunal de district, le 08 février 2021 (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
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