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New York : Biden, Obama et Clinton malmenés sur la gestion de la guerre de Gaza

Lors d'une collecte de fonds, les ex-présidents défendent l'actuel chef d'État, Obama affirmant que le dirigeant américain "n'a pas le luxe" de prendre des décisions qui plaisent à tous

Le président américain Joe Biden et les anciens présidents Barack Obama et Bill Clinton participant à une collecte de fonds, au Radio City Music Hall, à New York, le 28 mars 2024. (Crédit : Alex Brandon/AP)
Le président américain Joe Biden et les anciens présidents Barack Obama et Bill Clinton participant à une collecte de fonds, au Radio City Music Hall, à New York, le 28 mars 2024. (Crédit : Alex Brandon/AP)

NEW YORK – Le président Joe Biden et son prédécesseur démocrate, Barack Obama, ont été les têtes d’affiche d’une soirée de collecte de fonds aux côtés de l’ancien président Bill Clinton, jeudi, offrant une solide défense de la gestion de la guerre de Gaza de la part de la Maison Blanche, alors que de nombreux manifestants ont perturbé l’événement.

Biden, qui a voyagé avec Obama à bord du Air Force One jusqu’à New York, a participé à une discussion avec Clinton, animée par Stephen Colbert, présentateur du « Late Show », au fameux Radio City Music Hall, devant des milliers d’invités. Les organisateurs affirment que l’événement a permis de récolter plus de 25 millions de dollars pour la campagne de réélection de Biden aux États-Unis.

Mais la soirée a été ponctuée de plusieurs protestations à l’intérieur de l’immense auditorium, les participants se levant à maintes reprises pour protester contre la discussion, faisant référence au soutien apporté par Biden à Israël dans sa guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Honte à toi, Joe Biden ! », a hurlé l’un d’eux.

Obama et Clinton ont présenté une perspective présidentielle de la crise de Gaza, en insistant sur les réalités politiques de la Maison Blanche.

Un président doit être capable de soutenir Israël tout en luttant pour que les Palestiniens aient un meilleur accès à la nourriture, aux fournitures sanitaires et à un futur État, ont-ils déclaré.

De gauche à droite : L’ancien président américain Barack Obama, à Phoenix, en Arizona, le 2 novembre 2022, le président américain Joe Biden, à Bruxelles le 24 mars 2022 et l’ancien président américain Bill Clinton, à Belfast, le 19 avril 2023. (Crédits : AFP)

« C’est un siège solitaire », a déclaré Obama. « L’une des réalités de la présidence est que le monde recèle beaucoup de joie et de beauté, mais aussi beaucoup de tragédie et de cruauté. »

« Les gens ‘veulent’ – et c’est compréhensible – souvent ressentir une certaine pureté dans la manière dont ces décisions sont prises », a-t-il ajouté. « Mais un président n’a pas ce luxe. »

Lorsqu’un manifestant à l’intérieur du théâtre a interrompu Obama, l’ancien président a répliqué : « Vous ne pouvez pas parler sans écouter […] C’est ce que fait l’autre camp. »

Les deux anciens chefs d’État ont également défendu la gestion de l’économie par Biden, qui est mal perçue dans les sondages nationaux.

Des manifestants pro-palestiniens lors d’un rassemblement intitulé « Inondez Manhattan pour Gaza » devant le Radio City Music Hall où le président américain Joe Biden participe à une collecte de fonds pour sa campagne de réélection, à New York, le 28 mars 2024. (Crédit : Leonardo Munoz/AFP)

Clinton a déclaré que le bilan économique de Biden a largement dépassé celui de l’administration de Trump.

« Je crois qu’il faut compter les points », a déclaré Clinton. « Il a été bon pour l’Amérique », et il mérite un autre mandat.

Avant l’événement, le cortège des trois dirigeants est passé devant des centaines de manifestants qui protestaient contre la guerre qu’Israël mène contre le Hamas à Gaza, un autre signe que certains jeunes électeurs et d’autres progressistes qui ont voté pour Biden en 2020 sont furieux de son soutien indéfectible à Israël dans sa réponse aux attaques du groupe terroriste palestinien du 7 octobre, au cours desquelles le Hamas a lancé un assaut barbare, tuant près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en ont enlevé 253 autres, dont plus de la moitié se trouvent toujours à Gaza.

Lizzo, des entrées entre 250 000 et 500 000 dollars

Les artistes Queen Latifah, Lizzo, Ben Platt, Cynthia Erivo et Lea Michele se sont produits lors de l’événement. Certains des participants les plus fortunés ont été pris en photo avec les trois présidents par la célèbre photographe Annie Leibovitz.

L’ancien président Trump, l’adversaire républicain de Biden aux élections de novembre, était également dans la région de New York jeudi, où il a assisté à une veillée funèbre en l’honneur d’un policier de la ville assassiné.

Biden, 81 ans, a été confronté à des préoccupations concernant son grand âge et son aptitude à briguer un second mandat de quatre ans. De récents sondages Reuters/Ipsos montrent que son taux d’approbation est de 40 % et qu’il est dans une course serrée avec Trump, 77 ans, avant le scrutin du 5 novembre prochain.

Le soutien apporté par les prédécesseurs de Biden visait à démontrer l’unité du parti et à projeter la force de la collecte de fonds.

L’ancien président américain Barack Obama (à gauche) et l’ancien président américain Bill Clinton (à droite) encourageant l’actuel président américain Joe Biden lors d’un événement de collecte de fonds au Radio City Music Hall, à New York le 28 mars 2024. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Les billets pour l’événement de jeudi ont coûté entre 250 et 500 000 dollars, selon un Démocrate au fait de l’organisation de l’événement. Plus de 5 000 personnes étaient attendues.

Les alliés de Biden, très en vue, cherchent à consolider son soutien malgré des sondages montrant un enthousiasme tiède pour le président et en contraste avec un parti républicain où de nombreuses grandes figures s’opposent à Trump.

Biden a fait preuve d’humour lors de l’événement. Il a fait référence au conseil de l’ancien président Harry Truman qui disait que pour avoir un ami à Washington, il fallait prendre un chien. Biden a plaisanté sur le fait qu’il en avait eu un et qu’il avait mordu un agent des services secrets. Le chien du président, Commander, a quitté la Maison Blanche l’année dernière après une série d’incidents de comportement.

Pour clore la soirée, ils ont tous enfilé des lunettes de soleil d’aviateur, la marque de fabrique de Biden.

« Dark Brandon is real », a scandé Biden, faisant référence à un mème le concernant.

Trump à Long Island

Un peu plus tôt, à Long Island, à l’est de New York, Trump a assisté à la veillée funèbre de Jonathan Diller, le policier abattu lors d’un contrôle routier de routine au début de la semaine dans la ville.

« Ces choses ne peuvent pas se produire. Nous avons besoin de loi et d’ordre », a déclaré Trump, entouré d’officiers en uniforme en deuil, aux journalistes rassemblés à l’extérieur d’un salon funéraire, à Massapequa.

L’ancien président américain Donald Trump s’adressant à la presse après avoir assisté à la veillée funèbre de l’officier Jonathan Diller du New York Police Department (NYPD), à Massapequa, Long Island, dans l’État de New York, le 28 mars 2024. (Crédit : Angela Weiss/AFP)

Trump a cherché à faire du soutien à la police un point fort de sa campagne, tout en critiquant les forces de l’ordre qui le prennent pour cible.

Il fait face à quatre procès criminels pour ses efforts visant à saper l’élection de 2020, sa mauvaise manipulation de documents classifiés et son implication dans un système dit de « hush money » – ou « argent sale » – impliquant une star du X. Il a été condamné à une amende de plusieurs centaines de millions de dollars pour avoir surestimé sa valeur nette auprès de prêteurs. Il clame son innocence.

Biden a régulièrement dépassé Trump en termes de levée de fonds et a reçu plus d’argent que son rival, que ce soit sous forme de dons importants ou de petits dons inférieurs à 200 dollars. La campagne de réélection de Biden a permis de récolter plus de 53 millions de dollars en février et 10 millions de dollars dans les 24 heures qui ont suivi son discours du 7 mars devant le Congrès.

Trump souhaite récolter 33 millions de dollars lors d’une collecte de fonds organisée le 6 avril, a déclaré à Reuters une source au fait des projets du républicain.

Un conseiller de la campagne de Trump a déclaré jeudi que le candidat ne serait pas en mesure d’égaler les totaux de Biden, imputant la disparité aux partisans « milliardaires » du Démocrate tout en dressant le tableau d’une campagne Trump nourrie par les partisans de la base et de la classe ouvrière.

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