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Nucléaire iranien : La diplomatie, « la meilleure voie », selon un proche de Biden

Lors d'une réunion avec son homologue israélien à Washington, le conseiller à la sécurité nationale US a répété que Washington était prêt à d'autres options si le JCPOA échoue

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le chef du conseil de Sécurité nationale israélien Eyal Hulata, à gauche, et son homologue américain Jake Sullivan devant la Maison Blanche, le 5 octobre 2021. (Crédit :  Jake Sullivan/Twitter)
Le chef du conseil de Sécurité nationale israélien Eyal Hulata, à gauche, et son homologue américain Jake Sullivan devant la Maison Blanche, le 5 octobre 2021. (Crédit : Jake Sullivan/Twitter)

Le Conseiller à la sécurité nationale américaine Jake Sullivan a répété la préférence accordée par l’administration Biden aux initiatives diplomatiques pour faire revivre l’accord sur le nucléaire iranien à une action militaire face au programme atomique de la république islamique, au cours d’une rencontre qui a eu lieu à Washington avec son homologue israélien, mardi.

Sullivan « a expliqué que cette administration estime que la diplomatie est la meilleure voie pour atteindre cet objectif [qui est de garantir que l’Iran n’obtiendra jamais une arme atomique], et il a aussi souligné que le président avait établi clairement qu’en cas d’échec de la diplomatie, les États-Unis sont prêts à envisager d’autres options », a dit un communiqué émis par la Maison Blanche.

Israël s’oppose à la relance du JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) que l’ancien président américain Barack Obama avait conclu en 2015 et dont le successeur de ce dernier, Donald Trump, s’était retiré en 2018. Le Premier ministre israélien actuel, Naftali Bennett, a toutefois assuré au président américain Joe Biden qu’il ne mènerait pas une campagne publique en défaveur du JCPOA comme l’avait fait son prédécesseur Benjamin Netanyahu.

Washington a fait savoir que le gouvernement qui vient d’être établi à Téhéran avait fait part, par le biais d’intermédiaire, de son intérêt pour une reprise des négociations qui ont eu lieu à Vienne, dont l’objectif était de redonner vie au JCPOA moribond – des pourparlers qui sont dans l’impasse depuis le mois de juin. L’administration Biden, de son côté, a annoncé que sa patience était à bout.

« Nous croyons encore très fortement que la voie diplomatique reste la meilleure pour résoudre le problème », a commenté un responsable américain devant les journalistes lors d’un point-presse qui a eu lieu lundi. « Depuis que nous sommes arrivés, nous n’avons pas levé les sanctions et nous n’allons pas payer d’avance – c’est quelque chose que nous avons établi très clairement », a-t-il continué.

Sullivan a accueilli la délégation officielle israélienne, avec à sa tête le président du Conseil de sécurité national Eyal Hulata, pour une réunion, mardi, du Groupe consultatif stratégique US-Israël (SRG), un forum bilatéral interagences qui a été formé au mois de mars pour évoquer l’Iran et les autres problèmes sécuritaires dans la région.

Des caméras de télévision devant le Grand hôtel de Vienne où ont lieu les négociations à huis-clos sur l’accord sur le nucléaire, en Autriche, le 20 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Florian Schroetter)

Le SRG comprend des représentants de l’armée, des représentants des renseignements et des services diplomatiques des deux pays. Le groupe s’est réuni à plusieurs occasions ces derniers mois, mais la session qui a eu lieu mardi matin a été la toute première à avoir été organisée en présentiel.

« Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur les défis les plus pressants ayant un impact sur la sécurité et sur la stabilité de la région et ils ont exprimé leur détermination commune à s’attaquer aux menaces qui planent sur Israël et sur les partenaires régionaux des États-Unis », a ajouté le compte-rendu de la Maison Blanche.

« Sullivan a souligné l’attachement fondamental de Biden à la sécurité d’Israël et sa détermination à garantir que l’Iran ne se dotera jamais de l’arme atomique », a-t-il continué.

C’était la troisième fois, mardi, que Sullivan accueillait Hulata pour des discussions à Washington. Les deux hommes s’étaient rencontrés à deux reprises au mois d’août.

« Nous avons des contacts réguliers avec l’administration Bennett concernant les nombreuses menaces posées par l’Iran, notamment par son programme nucléaire, ses activités de déstabilisation régionales, son programme balistique, son soutien au terrorisme et ses réseaux de drones », a dit le haut-responsable.

Il a noté que les deux parties avaient convenu « de l’importance de l’éloignement de l’Iran de ses engagements pris dans l’accord depuis que l’administration américaine précédente s’est retirée du JCPOA. »

Eyal Hulata sur une photo non datée. (Crédit : courtoisie)

« Nous partageons un point de vue proche dans la manière dont nous appréhendons l’image d’ensemble. Nous ne sommes pas totalement d’accord sur tous les sujets, mais nous partageons beaucoup de choses en ce qui concerne la manière dont nous envisageons les défis représentés par l’Iran et la manière dont nous voulons garantir que nous saurons utiliser de manière efficace tous les outils qui se trouvent à notre disposition », a-t-il ajouté.

En plus de la rencontre du SRG, Sullivan et Hulata vont aussi s’entretenir pour parler d’autres questions liées à la relation bilatérale entre les États-Unis et Israël. Au programme des discussions, l’assistance sécuritaire américaine à l’État juif ainsi que le renforcement et l’expansion des Accords d’Abraham.

L’administration Biden a souligné de manière répétée son attachement aux Accords d’Abraham – une initiative qui avait été lancée par Trump – mais elle n’a guère avancé sur la question, ses priorités en termes de politique étrangère étant ailleurs. Les accords ont jusqu’à présent permis la normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan respectivement.

« Nous allons aussi évoquer la situation actuelle avec les Palestiniens, l’importance de garantir le calme à Gaza – un sujet qui a été au centre des réunions de Sullivan au Caire, la semaine dernière. Et, plus généralement, nous allons parler de l’importance d’initiatives visant à tempérer certains points de friction en Cisjordanie et à Gaza et des initiatives à prendre pour améliorer la vie des Palestiniens », a précisé le haut-responsable.

Sullivan a rencontré les responsables de la sécurité en Égypte, la semaine dernière, au cours d’une visite dans la région et a discuté des initiatives lancées par le Caire pour négocier un cessez-le-feu à long-terme entre Israël et le Hamas au pouvoir à Gaza.

Alors qu’il lui était demandé si les États-Unis prévoyaient d’exercer des pressions sur Israël concernant de futures constructions dans les implantations de Cisjordanie, le haut-responsable n’a pas répondu directement, disant que l’administration Biden était défavorable aux initiatives unilatérales qui pouvaient être prises par les Israéliens et par les Palestiniens et qu’elle souhaitait aux deux populations de connaître la même liberté et la même prospérité.

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