Ohana suspendu d’un comité favorable au boycott de l’adoption gay
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Ohana suspendu d’un comité favorable au boycott de l’adoption gay

Le député Likud a été sanctionné pour avoir ignoré des séances de votes d'un comité de la Knesset, en signe de protestation contre la politique discriminatoire du gouvernement

Le député du Likud, Amir Ohana (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le député du Likud, Amir Ohana (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le premier législateur ouvertement gay du Likoud a été suspendu mercredi d’un puissant comité de la Knesset, après avoir refusé de voter avec la coalition. Une position prise pour protester contre l’opposition déclarée du gouvernement un peu plus tôt cette semaine au souhait de couples homosexuels d’adopter des enfants en Israël, en privilégiant les personnes hétérosexuelles.

Amir Ohana, député et activiste pour les droits des homosexuels, a été temporairement suspendu du Comité des Affaires étrangères et de la Défense après avoir ignoré les votes cruciaux d’un comité de la Knesset, et selon le souhait du chef de la coalition David Bitan, membre du parti Likud.

« Au vu du fait que vous avez choisi de boycotter les réunions du plenum de la Knesset, vous abstenant pour une longue liste de votes qui avait pour sujet une législation importante … J’ai décidé de vous suspendre de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense pendant quatre mois », a déclaré le président de la coalition, David Bitan, à Ohana.

Ohana avait annoncé il y a une semaine qu’il ne voterait pas avec la coalition gouvernementale, jusqu’à ce que la recommandation s’opposant à l’adoption par les couples homosexuels soit modifiée.

« Je déclare que tant que la décision ne sera pas modifiée fondamentalement (et pas seulement de manière sémantique), et tant que la question de l’adoption ne sera pas pesée au cas par cas et de manière égalitaire, afin de ne pas discriminer catégoriquement les parents LGBT, je ne voterai pas avec la coalition », a-t-il écrit sur Facebook.

Ohana et son partenaire, Alon Hadad ont un fils et une fille ensemble, nés d’une mère porteuse en 2015.

La politique qui s’oppose à l’adoption par les couples homosexuels a été révélée lors d’une réponse formelle de l’État faite le 16 juillet à une pétition déposée auprès de la Haute Cour de justice par l’Association des Pères Gay et le Mouvement réformiste israélien, contre le ministère des Affaires sociales et le procureur général.

La décision de l’État de ne pas changer sa position sur les couples de même sexe « tient compte de la réalité de la société israélienne et de la difficulté qu’elle peut entraîner pour l’adoption d’un enfant », a déclaré le gouvernement le 16 juillet dans sa réponse, citant les services de protection à l’enfance.

La Haute Cour de justice a donné au gouvernement deux mois pour reconsidérer sa position, après que le ministre des Affaires sociales, Haim Katz, a déclaré que la réponse de l’État était mal formulée. Il a demandé à la Cour de prolonger le réexamen de la question, en affirmant vouloir recueillir plus d’opinions professionnelles.

Environ 100 enfants sont adoptés chaque année en Israël. Plus de la moitié des enfants viennent de l’étranger.

Depuis 2008, les célibataires et les couples dit d’union libre sont légalement en mesure d’adopter dans le pays. 550 couples ont présenté des pétitions pour pouvoir adopter, a rapporté Haaretz. Alors que seulement trois couples de même sexe ont réussi, plus de 1 000 couples hétérosexuels auraient adopté durant la même période.

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