Un ex-assistant de Jimmy Carter à la tête de l’enquête sur les émeutes à Gaza
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Un ex-assistant de Jimmy Carter à la tête de l’enquête sur les émeutes à Gaza

L'Argentin Santiago Canton a remplacé David Crane, qui aurait quitté le panel après qu'il s'est avéré qu'il avait travaillé pour le gouvernement israélien

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Santiago Canton de la commission inter-américaine pour les droits de l'Homme (IACHR) parle aux journalistes après une rencontre avec le président du Guatemala   Oscar Berger à Guatemala City le 17 juillet 2006 (Crédit : AP Photo/Moises Castillo)
Santiago Canton de la commission inter-américaine pour les droits de l'Homme (IACHR) parle aux journalistes après une rencontre avec le président du Guatemala Oscar Berger à Guatemala City le 17 juillet 2006 (Crédit : AP Photo/Moises Castillo)

Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a annoncé jeudi que l’Argentin Santiago Canton prendra la tête de la commission chargée de l’enquête ouverte par l’agence sur les affrontements qui ont eu lieu cet été à la frontière avec Gaza.

Santiago va remplacer David Crane qui avait quitté son poste de président du panel, citant des « raisons personnelles » pour justifier son départ surprise. Il se serait senti dans l’obligation de partir après qu’il s’est avéré qu’il avait tenu dans le passé un rôle de conseil auprès du gouvernement israélien.

Canton, qui est actuellement secrétaire pour les droits de l’Homme dans la province de Buenos Aires, a consacré sa longue carrière aux violations des droits de l’Homme en Amérique latine. Il a été directeur de RFK Partners pour les droits de l’Homme au centre Robert F. Kennedy pour la Justice et les droits de l’Homme, et secrétaire exécutif de la commission inter-américaine pour les droits de l’Homme.

Au début de sa carrière, il a assisté l’ancien président américain Jimmy Carter, intervenant dans des programmes de développement de la démocratie en Amérique latine.

Il a également travaillé aux côtés de l’ancien ministre canadien de la Justice Irwin Cotler – un fervent soutien d’Israël – sur un panel de l’Organisation des États américains, en 2018, étudiant les crimes possibles contre l’humanité commis au Venezuela.

Canton présidera la « commission d’enquête sur les manifestations dans les territoires palestiniens occupés en 2018 », composée de trois membres.

Les autres membres sont Sara Hossain, une avocate du Bangladesh qui a fait ses études au Royaume-Uni, et Kaari Betty Murungi, avocate et militante des droits de l’Homme originaire du Kenya.

Le ministère des Affaires étrangères s’est refusé à commenter la nomination de Canton, jeudi. Les responsables de Jérusalem ne devraient pas coopérer à l’enquête, dont ils avaient immédiatement rejeté l’idée.

Crane, professeur à la faculté de droit de l’université de Syracuse qui avait été désigné au mois de juillet à la tête de la commission d’enquête, avait quitté cette dernière quelques semaines plus tard en avançant des « raisons personnelles ».

Des sources avaient indiqué au Times of Israel que Crane s’était retiré de l’enquête après qu’il s’est avéré qu’il avait secrètement conseillé le gouvernement israélien sur des sujets liés au droit international et à la cour pénale internationale (CPI) de la Haye.

Crane n’a pas répondu à plusieurs courriels demandant des commentaires. Le ministère des Affaires étrangères israélien a également décliné ces demandes.

Contrairement à ce qu’il s’était passé au sujet du chef d’une enquête antérieure sur les violences israélo-palestiniennes lancée au sein du conseil des droits de l’Homme, Israël n’avait pas publiquement critiqué Crane après sa nomination.

Ecrivant au Times of Israel au mois de juillet dernier, Crane avait promis d’aborder l’enquête avec « l’esprit ouvert, sans positionnement ou perspectives préconçus ».

David M. Crane interviewé par BBC World, le 22 janvier 2014 (Capture d’écran : Youtube)

Le 18 mai, le conseil des droits de l’Homme des Nations unies a voté en faveur de la création « d’une commission d’enquête indépendante et internationale » qui sera appelée à produire un rapport final sur les événements survenus sur la frontière avec Gaza d’ici le mois de mars 2019.

Selon son mandat, le panel « enquêtera sur toutes les violations et abus présumés du droit humanitaire international et des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Jérusalem-Est et particulièrement dans la bande de Gaza occupée, dans le contexte des agressions militaires contre les manifestations civiles d’ampleur qui ont commencé le 30 mars 2018 ».

En adoptant à une majorité écrasante la résolution S-28/1, l’instance de 47 membres a donné pour instruction à la commission « d’établir les faits et les circonstances, avec l’aide d’experts et de mandataires de procédures particuliers, des violations et des abus présumés et notamment de ceux qui pourraient équivaloir à des crimes de guerre » et à en « identifier les responsables ».

A l’époque, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait fustigé ce vote – 29 pays avaient voté en faveur de la résolution, deux contre et avec 14 abstentions – disant qu’il était « hors de propos ».

« Cette organisation qui se qualifie elle-même de Conseil des droits de l’Homme a prouvé une fois encore qu’elle est une instance hypocrite et biaisée dont l’objectif est de nuire à Israël et de soutenir le terrorisme. Mais elle aura surtout prouvé qu’elle était également hors de propos », avait-il commenté. « L’Etat d’Israël continuera à défendre ses citoyens et ses soldats ».

Un manifestant palestinien utilise une fronde alors que la fumée s’échappe des pneus lors d’une violente manifestation le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de la ville de Gaza, le 27 juillet 2018. (AFP PHOTO / Mahmud Hams)

Selon les chiffres, environ 130 Palestiniens ont été tués depuis le début des manifestations massives organisées dans le cadre de la « marche du retour », le 30 mars. Israël a accusé le Hamas d’utiliser les affrontements pour tenter d’ouvrir des brèches dans la clôture frontalière et de commettre des attentats. Le groupe terroriste a pour sa part reconnu qu’un grand nombre des personnes qui ont été tuées appartenaient à ses rangs.

Le Hamas, qui s’est juré de détruire Israël, a combattu trois guerres contre l’Etat juif depuis qu’il a pris la tête de la bande de Gaza lors d’un coup d’Etat violent, en 2007.

Au mois de juin, les Etats-Unis ont quitté le conseil des droits de l’Homme des Nations unies, basé à la Haye, citant entre autres raisons sa focalisation à l’égard d’Israël.

Israël a salué l’initiative américaine. Pendant des années, ce Conseil a prouvé qu’il était une organisation partiale, hostile, anti-israélienne qui a trahi sa mission de protection des droits de l’Homme », avait commenté le bureau du Premier ministre à ce moment-là.

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