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Pence visite Hébron, y rencontre des résidents et est salué par Ben-Gvir et Marzel

En visite en Cisjordanie et au Tombeau des Patriarches, l'ancien vice-président a croisé le député d'extrême droite et le militant extrémiste, ce qui lui a valu des critiques

L'ancien vice-président américain Mike Pence, au centre, devant le tombeau des patriarches d'Hébron, en Israël, le 9 mars 2022. (Crédit : Mike Pence/Twitter)
L'ancien vice-président américain Mike Pence, au centre, devant le tombeau des patriarches d'Hébron, en Israël, le 9 mars 2022. (Crédit : Mike Pence/Twitter)

L’ancien vice-président américain Mike Pence s’est rendu à Hébron mercredi, pour rencontrer des dirigeants de la communauté des résidents d’implantation juifs dans la ville sensible de Cisjordanie, dont certains éminents militants d’extrême droite.

« Un grand honneur pour Karen Pence et moi de nous rendre à Hébron aujourd’hui pour visiter le tombeau des patriarches et des matriarches à la grotte de Machpelah qu’Abraham a acheté pour y enterrer Sarah il y a près de 4 000 ans », a tweeté Pence.

Yishai Fleisher, porte-parole de la communauté juive de Hébron, a déclaré dans un communiqué que la communauté « a exprimé son appréciation pour le soutien clair de Pence au peuple juif et à la Terre d’Israël et en particulier pour sa position concernant la déclaration de l’UNESCO qui considère Hébron comme un site du patrimoine exclusivement palestinien. »

Le site, considéré comme l’un des plus saints du judaïsme, aurait été utilisé comme lieu de sépulture par le patriarche biblique Abraham. Le lien avec Abraham en fait un lieu sacré pour les musulmans.

En juillet 2017, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a adopté une résolution visant à faire désigner le Tombeau des Patriarches, dans la vieille ville de Hébron en Cisjordanie, comme site palestinien du patrimoine mondial en péril.

En octobre suivant, l’administration Trump, au sein de laquelle Pence occupait alors le poste de vice-président, a annoncé qu’elle se retirait de l’UNESCO en invoquant des considérations financières, la nécessité d’une réforme et le « parti pris anti-israélien persistant de l’organisation. »

Durant sa visite, Pence a été salué – à leur propre initiative – par les députés d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Baruch Marzel, qui a été interdit par la Cour suprême israélienne de se présenter aux élections législatives du 17 septembre pour incitation à la violence, ont rejoint Pence lors de sa visite. Marzel a été chef de cabinet du défunt rabbin extrémiste Meir Kahane.

Le député Mossi Raz, du parti de gauche Meretz de la coalition, a sévèrement condamné Pence pour avoir rencontré Marzel et Ben-Gvir.

« Aujourd’hui, Mike Pence a rencontré Baruch Marzel et Itamar Ben-Gvir qui ont travaillé pendant des années pour nettoyer le vieux centre d’Hébron de sa population palestinienne », a tweeté Raz.

« Cette alliance de la haine exige que nous renforcions l’alliance progressiste pour la justice et la liberté des deux côtés de l’Atlantique », a-t-il ajouté.

Ben-Gvir dirige la faction Otzma Yehudit du parti d’opposition Sionisme religieux. Connu pour sa rhétorique anti-arabe, Ben Gvir a eu un certain nombre de démêlés avec la loi et avec des Arabes, y compris des co-législateurs. Avant d’entrer à la Knesset, l’ultra-nationaliste travaillait comme avocat représentant des suspects terroristes juifs.

Marzel a dirigé le parti Kach de Kahane après le meurtre de son fondateur en 1990, et a longtemps été connu pour sa volonté d’expulser de force les Arabes d’Israël. Il resta l’un de leurs principaux partisans jusqu’à sa dissolution en 1994 après que le gouvernement israélien l’a classé groupe terroriste.

Chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir au centre, avec Bentzi Gopstein à droite, et Baruch Marzel à gauche, lors du lancement de la campagne du parti, avant les élections israéliennes, à Jérusalem le 15 février 2020. (Crédit : Sindel/Flash90)

Pence, qui a servi sous l’ancien président américain Donald Trump en 2017-2021, a atterri en Israël lundi pour recevoir un doctorat honorifique de l’Université Ariel en Cisjordanie plus tard dans la semaine.

L’administration Trump a été accusée à de nombreuses reprises de fermer les yeux, voire d’encourager tacitement, l’extrémisme de droite aux États-Unis.

L’Anti Defamation League a tweeté qu’il « est inacceptable qu’un ancien [vice-président] engage le dialogue avec des extrémistes juifs, y compris un membre de la Knesset qui a exprimé à plusieurs reprises des opinions racistes et anti-arabes. Aucune personnalité publique américaine ne devrait être associée à ce type d’extrémistes. »

Mardi, Pence a rencontré à Jérusalem le Premier ministre Naftali Bennett et le président Isaac Herzog.

Pence et Bennett « ont discuté de l’accord nucléaire et de ses implications, ainsi que de la situation en Ukraine», a rapporté le bureau du Premier ministre. Pence a tweeté qu’il avait parlé avec Bennett à la fois de l’Ukraine « et du désastreux accord nucléaire iranien et des implications qu’il aurait sur Israël ».

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** Cet article a été mis à jour après que le Times of Israel a été informé jeudi que Pence n’a pas fait de tournée avec Ben Gvir et Marzel, mais plutôt qu’ils l’ont salué à leur initiative pendant sa visite.

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