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Rencontre Bennett/Pence pour discuter de l’Iran et de l’Ukraine

L'ancien vice-président, pressenti comme candidat pour 2024, critique Washington pour sa décision "inadmissible" de continuer à négocier avec l'Iran aux côtés de la Russie

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) avec l'ancien vice-président américain Mike Pence à Jérusalem, le 8 mars 2022. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) avec l'ancien vice-président américain Mike Pence à Jérusalem, le 8 mars 2022. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

L’ancien vice-président américain Mike Pence s’est rendu en Israël mardi, et y a rencontré le Premier ministre Naftali Bennett et le président Isaac Herzog.

Pence, qui a servi sous l’ancien président américain Donald Trump de 2017 à 2021, a rencontré Bennett à Jérusalem mardi et « a discuté de l’accord nucléaire et de ses implications, ainsi que de la situation en Ukraine », selon le bureau du Premier ministre.

Plus tôt dans la journée, Pence a rencontré Herzog, qui a remercié l’ancien vice-président pour son « amitié et son soutien et pour avoir toujours été aux côtés d’Israël. »

Il a également visité le mur Occidental mardi, accompagné du rabbin en charge des lieux, Shmuel Rabinovitch.

Pence, qui a atterri en Israël lundi, accompagné de son épouse, et a tweeté : « Karen Pence et moi sommes vraiment bénis d’être de retour en Terre sainte. L’Amérique soutient Israël ! »

Dans une interview vidéo accordée au quotidien Israel Hayom avant son arrivée, l’ancien vice-président américain avait critiqué la Maison-Blanche pour ses efforts visant à relancer l’accord avec l’Iran – en particulier en cette période.

Le président Isaac Herzog (à droite) et l’ancien vice-président américain Mike Pence à Jérusalem, le 8 mars 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Pence a déclaré au journal qu’avec « la mascarade qui se déroule dans les paysages ukrainiens, il est tout simplement inadmissible que l’administration américaine négocie au même moment aux côtés des Russes pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien. Même en temps de paix, ce ne serait pas bien de relancer l’accord sur le nucléaire iranien ».

« Le fait de littéralement coopérer avec les Russes pour parvenir à un accord – encore une fois, profondément imparfait et dangereux – avec les ayatollahs en Iran est tout simplement inacceptable. Et je crois que, particulièrement à un moment comme celui-ci, l’administration des États-Unis ne devrait pas travailler avec la Russie pour alléger les sanctions ou, de quelque manière que ce soit, réintégrer l’Iran dans la communauté des nations. »

L’accord nucléaire initial de 2015 avec l’Iran avait été conclu sous l’ancien président Barack Obama. En 2018, Trump s’était retiré de l’accord et avait réimposé des sanctions à l’Iran, déclenchant l’intensification des activités nucléaires de Téhéran.

Le président américain Joe Biden s’est engagé à réintégrer l’accord, et les diplomates travaillent depuis des mois à Vienne pour parvenir à un nouvel accord. Ces derniers ont été nombreux à déclarer la semaine dernière que les discussions étaient à quelques jours de leur conclusion. Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie a fortement compliqué les négociations en cours, les dirigeants mondiaux ayant sévèrement critiqué Moscou, qui reste néanmoins l’un des principaux partenaires des négociations.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré mardi que la Russie continuait à participer aux pourparlers.

« Nous continuons à travailler pour voir si nous pouvons revenir à une conformité mutuelle avec l’Iran sur l’accord. La Russie continue de participer à ces efforts et a elle-même intérêt à ce que l’Iran ne soit pas en mesure d’acquérir une arme nucléaire », a déclaré M. Blinken lors d’une visite en Estonie, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid.

Mercredi, M. Pence devrait recevoir un doctorat honorifique de l’université d’Ariel, en Cisjordanie, « en reconnaissance de ses contributions et réalisations soutenues pour renforcer les États-Unis et l’État d’Israël », selon l’université.

L’ancien vice-président est depuis longtemps considéré comme un candidat potentiel pour une course à la présidence en 2024. Ces dernières semaines, M. Pence s’est montré de plus en plus disposé à défier M. Trump, ce qui constitue un changement radical par rapport à sa position déférente en tant que vice-président.

Au cours du week-end, il a déclaré qu’il n’y avait pas de place dans le parti républicain « pour les apologistes de Poutine », et il a également semblé repousser les affirmations répétées et démenties de Trump selon lesquelles l’élection de 2020 a été piratée. « Nous ne pouvons gagner que si nous sommes unis autour d’une vision optimiste de l’avenir fondée sur nos valeurs les plus élevées », a déclaré Pence. « Nous ne pouvons pas gagner en menant les batailles d’hier, ou en en contestant à nouveau le passé ».

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