Plus de 10 000 Marocains manifestent contre les morts à Gaza et l’ambassade US
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Plus de 10 000 Marocains manifestent contre les morts à Gaza et l’ambassade US

Les manifestants ont scandé "mort à Israël" ; Rabat a abandonné un projet de jumelage avec Guatemala City en raison de la nouvelle mission du pays d'Amérique latine à Jérusalem

Des manifestants pro-palestiniens brandissent des drapeaux palestiniens et marocains durant une manifestation à Rabat dénonçant la déclaration du président américain Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, le 10 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Fadel Senna)
Des manifestants pro-palestiniens brandissent des drapeaux palestiniens et marocains durant une manifestation à Rabat dénonçant la déclaration du président américain Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, le 10 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Fadel Senna)

Un mouvement de protestation a été organisé dimanche au Maroc contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et contre les politiques de l’Etat juif à Gaza, qui a rassemblé plus de 10 000 personnes.

Les manifestants ont scandé « mort à Israël » au cours de ce rassemblement de Casablanca qui a été organisé par quatre partis, notamment par la puissante organisation islamiste al-Adl Wal Ihsan, a fait savoir Reuters.

De nombreux participants ont brandi des drapeaux palestiniens et d’autres, des panneaux disant « Al-Quds [Jérusalem], capitale éternelle de la Palestine ».

D’autres avaient préparé une mise en scène, montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu tirant sur un manifestant armé d’une fronde, avec un soldat et Netanyahu lui-même se faisant « tuer » après par les protestataires.

Vingt-quatre heures auparavant, Rabat avait annulé un projet de jumelage qui était prévu avec Guatemala City en raison du déplacement par le pays d’Amérique latine de son ambassade à Jérusalem, deux jours après que les Etats-Unis ont pris cette initiative.

« Suite à la décision prise par le Guatemala d’établir une ambassade à Al Quds [Jérusalem], le conseil municipal de Rabat a décidé à l’unanimité de suspendre l’examen d’un projet de jumelage avec Guatemala City en solidarité avec la population palestinienne », a indiqué le maire-adjoint de la capitale marocaine, Lahcen El Amrani, du parti islamiste PJD, selon Reuters.

Pour leur part, des centaines de musulmans ont également protesté contre les morts à Gaza dans la province indienne du Cachemire, vendredi. Un grand nombre d’entre eux ont établi des comparaisons entre le contrôle israélien en Cisjordanie et le blocus contre Gaza et les restrictions sécuritaires et le contrôle indien au Cachemire, considéré de la même manière par de nombreux habitants comme « occupé ».

Les manifestants ont brandi des panneaux disant « Libérez la Palestine » et « A bas l’Amérique, à bas Israël », critiquant « l’inaction » internationale sur la question, a fait savoir Middle East Eye.

Depuis le 30 mars, des dizaines de milliers de Palestiniens ont pris part aux violentes manifestations hebdomadaires de la « Marche du Retour », dont Israël a dit qu’elle a été orchestrée par le groupe terroriste du Hamas et utilisée comme une couverture pour des tentatives d’attaques terroristes et pour forcer des brèches dans la barrière de la frontière.

La nouvelle ambassade américaine à Jérusalem a été inaugurée lundi dernier dans le quartier Arnona de Jérusalem, lors d’une journée marquée par des affrontements et des émeutes massives sur la frontière avec Gaza.

Un manifestant palestinien jette des pierres lors d’affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec la bande de Gaza, à l’est de la ville de Gaza, le 11 mai 2018 (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS).

Samedi, le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a indiqué que le nombre de Palestiniens tués par les forces israéliennes durant les affrontements à la frontière survenus lundi s’élevait à 64, avec plus de 2 700 blessés lors de ces violences.

Le Hamas, qui cherche ouvertement à détruire Israël, a lui-même admis que 50 des personnes tuées étaient des membres du groupe terroristes. Trois autres victimes mortellement touchées ont été revendiquées par le Jihad islamique palestinien.

Ce mouvement de protestation contre Israël qui dure depuis des semaines, connu sous le nom de « marche du retour » devait s’achever la semaine dernière mais le Hamas a indiqué qu’il voulait qu’il continue. Ce sont environ 1 000 manifestants qui ont participé aux rassemblements le long de la frontière, vendredi.

Les morts palestiniens, au cours des manifestations, ont suscité l’indignation à l’international. Vendredi, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a ordonné une enquête sur ces meurtres. Israël a fait savoir que le pays ne coopérerait pas et les Etats-Unis ont qualifié l’initiative de « scandaleuse ».

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