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Plus de 2 M de shekels récoltés pour payer les frais juridiques de Netanyahu

Un avocat avertit que la campagne initiée par un journaliste de droite peut s'avérer être illégale et l'ex-Premier ministre pourrait enfreindre l'éthique en acceptant les fonds

L'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive pour une audience dans son procès pour corruption au tribunal de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
L'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive pour une audience dans son procès pour corruption au tribunal de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Une campagne visant à couvrir les frais de justice du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a récolté plus de 2 millions de shekels quelques heures après son lancement dimanche.

Benjamin Netanyahu est jugé dans trois affaires de corruption distinctes : pour fraude et abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et pour corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4000. Il nie toutes les allégations portées contre lui et affirme que les accusations ont été fabriquées de toutes pièces par une police et un parquet partiaux, supervisés par un procureur général faible, en collaboration avec des opposants politiques et les médias de gauche.

La collecte de fonds a été ouverte par le journaliste pro-Netanyahu Yinon Magal, malgré des reportages récents indiquant que Netanyahu était en train de négocier un accord avec les procureurs.

Selon les organisateurs de la campagne, l’argent servira à financer le procès pénal de Netanyahu car « ce procès ne concerne pas seulement Netanyahu et il n’est pas seul sur le banc des accusés ».

Yinon Magal, alors député de HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 24 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les organisateurs ont également déclaré que le procès de Netanyahu était « le résultat d’une persécution et d’une tentative d’obtenir par tous les moyens et à n’importe quel prix la condamnation du leader du camp [de droite] avec l’intention de l’écarter de la direction de l’État. »

La collecte de fonds ne mentionne pas l’accord de plaidoyer attendu, auquel de nombreux militants de droite disent être opposés.

Selon de nombreux médias de ces derniers jours, Netanyahu a refusé jusqu’à présent de conclure un accord, principalement en raison de la demande du procureur général Avichai Mandelblit de reconnaître que ses actions étaient entachées de « turpitude morale », ce qui l’empêcherait légalement d’exercer des fonctions publiques pendant sept ans.

A LIRE : La « turpitude » au centre de l’arrangement judiciaire que négocierait Netanyahu

Au cours des trois premières heures, la collecte de fonds a dépassé le million de shekels. Sept heures plus tard, elle avait dépassé les 2 millions de shekels.

Au total, plus de 12 000 personnes – dont plusieurs législateurs et experts de droite – ont fait des dons.

La police se tient à distance alors que des manifestants pro-Netanyahu agitant des drapeaux se sont rassemblés en infraction avec les règles de distanciation sociale. (Jacob Magid / Times of Israël)

L’organisation qui collecte l’argent, selon le site de collecte de fonds, est « Musari », une organisation juive de défense des droits de l’homme. Il n’a pas été précisé si Netanyahu était impliqué dans la collecte de fonds, et le chef de l’opposition n’a pas fait de commentaire à ce sujet.

L’avocat et militant anti-corruption Shachar Ben Meir a envoyé une lettre à Musari, affirmant que la collecte de fonds dépassait les objectifs déclarés de l’organisation et pouvait entraîner le retrait de sa licence.

Selon Ben Meir, la loi stipule qu’il est illégal de collecter des fonds afin de payer une amende émise par un tribunal, si l’argent doit être utilisé dans le cas où Netanyahu est condamné à une amende lors de son procès.

Ben Meir a également averti que Netanyahu devrait avoir reçu l’approbation préalable de la commission d’Éthique de la Knesset pour pouvoir recevoir l’argent.

L’avocat et activiste Shachar Ben Meir (Autorisation)

Il a déclaré que la collecte de fonds sans l’approbation préalable du comité « enfreint les dispositions des procédures d’éthique de la Knesset » et que la Cour suprême avait déjà statué que cela pouvait être considéré comme un abus de confiance.

La commission d’Éthique ne s’est toujours pas réunie depuis sa création en novembre, dans un contexte de boycott par les législateurs du Likud.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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