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Plus de 50 % des sénateurs démocrates US sont pour bloquer les ventes d’armes à Israël

L’image d'Israël dans le monde continue de sombrer à mesure que la guerre à Gaza s'enlise ; en avril, ils étaient 15 à s’opposer au transfert d'armes ; ils sont désormais 27

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Les sénateurs américains Bernie Sanders et Chris Van Hollen au Capitole, à Washington, le 11 juin 2025. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP)
Les sénateurs américains Bernie Sanders et Chris Van Hollen au Capitole, à Washington, le 11 juin 2025. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP)

Le Sénat américain a rejeté mercredi deux résolutions présentées par le sénateur progressiste Bernie Sanders visant à bloquer des ventes d’armes à Israël pour un montant de plus de 675 millions de dollars. Pour la première fois toutefois, une majorité de démocrates a voté contre ces transferts d’armes.

Vingt-sept d’entre eux ont voté contre la vente de dizaines de milliers de fusils d’assaut à Israël, tandis que dix-sept ont voté avec les républicains pour faire avancer ce transfert.

Vingt-quatre démocrates ont voté contre la vente de 5 000 bombes lourdes et de kits de guidage à Israël, contre vingt qui ont voté avec les républicains pour faire avancer ce transfert.

Le sénateur indépendant Sanders a présenté plusieurs résolutions similaires au Sénat tout au long de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza. Celle de mercredi était vouée à l’échec, comme les précédentes, car les républicains ont la majorité au Sénat et n’ont donc pas besoin des voix des démocrates pour bloquer ces mesures.

Ces deux derniers votes montrent toutefois à quel point les démocrates sont de plus en plus mécontents de la conduite d’Israël dans la guerre à Gaza.

La dernière fois que Sanders a présenté une résolution, en avril, seuls quinze démocrates avaient voté pour tenter de bloquer une vente d’armes. C’était moins que lors de la précédente tentative en novembre 2024, lorsque dix-neuf démocrates s’étaient opposés à un tel transfert.

Des bâtiments détruits photographiés dans la bande de Gaza, depuis un point situé le long de la frontière sud d’Israël, le 29 juillet 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Dans un communiqué saluant le revirement du Parti démocrate, Sanders a déclaré que la majorité de son caucus « avait voté pour mettre fin aux livraisons d’armes au gouvernement Netanyahu, qui mène une guerre horrible, immorale et illégale contre le peuple palestinien ».

« Le vent tourne. Le peuple américain ne veut pas dépenser des milliards pour affamer les enfants de Gaza », a-t-il ajouté.

« Les démocrates avancent sur cette question, et j’espère que les républicains apporteront leur soutien dans un avenir proche. »

Les sénateurs démocrates qui se sont joints à Sanders pour voter contre la vente d’armes d’assaut sont : Angela Alsobrooks, Tammy Baldwin, Lisa Blunt Rochester, Tammy Duckworth, Dick Durbin, Martin Heinrich, Mazie Hirono, Angus King, Amy Klobuchar, Tim Kaine, Andy Kim, Ben Ray Luján, Ed Markey, Jeff Merkley, Chris Murphy, Patty Murray, Jon Ossoff, Jack Reed, Jeanne Shaheen, Tina Smith, Chris Van Hollen, Raphael Warnock, Elizabeth Warren, Peter Welch, Sheldon Whitehouse et Brian Schatz.

La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen lors de la réunion du Comité des Appropriations du Sénat sur le commerce, la justice, la science, l’agriculture, le développement rural, la FDA, les lois sur les crédits budgétaires de la branche législative et d’autres projets de loi, au Capitole, à Washington, le 10 juillet 2025. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

Les sénateurs démocrates qui ont voté en faveur de l’autorisation de la vente d’armes à feu sont Michael Bennet, Richard Blumenthal, Cory Booker, Maria Cantwell, Chris Coons, Catherine Cortez Masto, John Fetterman, Kirsten Gillibrand, Maggie Hassan, John Hickenlooper, Alex Padilla, Gary Peters, Jacky Rosen, Adam Schiff, Chuck Schumer, Mark Warner et Ron Wyden.

Reed, Whitehouse et Ossoff ont changé de camp pour le vote suivant, consacré aux bombes guidées.

Ossoff, Warnock et Shaheen – qui est membre éminent de la commission des Affaires étrangères du Sénat – avaient voté contre le blocage des ventes d’armes à Israël la dernière fois que Sanders avait soumis une telle mesure au vote en avril.

La position internationale d’Israël avait déjà commencé à se détériorer en avril, les détracteurs reprochant au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir prolongé la guerre en refusant largement d’engager des pourparlers sur la deuxième phase d’un cessez-le-feu, qui s’était effondré en mars, après la reprise des opérations militaires à Gaza – en raison du refus répété du groupe terroriste palestinien du Hamas de relâcher les otages.

Des Gazaouis fuyant Rafah après les ordres d’évacuation israéliens, arrivent à Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 31 mars 2025. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Pendant les deux mois qui ont suivi, Israël a bloqué l’aide humanitaire à Gaza pendant 78 jours. Cette politique visait à faire pression sur le Hamas pour qu’il libère les cinquante otages restants, mais elle s’est largement retournée contre Israël, qui a été largement tenu pour responsable de la crise humanitaire qui a suivi.

Israël a finalement levé le blocage et mis en place un nouveau système de distribution de l’aide dont le but était d’écarter le Hamas en distribuant les vivres aux Gazaouis dans des centres isolés et militarisés, gérés par des sociétés américaines de sécurité. Cependant, ces opérations ont été entachées par des tirs répétés sur des Gazaouis contraints de parcourir de longues distances sous une chaleur torride pour atteindre les centres de distribution. La distribution a été chaotique et l’insécurité alimentaire reste extrêmement élevée dans l’enclave.

De plus, la grande majorité des convois humanitaires de l’ONU qui tentent de se frayer un chemin depuis la frontière jusqu’aux entrepôts ont été pillés par des Gazaouis affamés et désespérés avant d’atteindre leur destination.

Les organisations humanitaires ont salué une série de mesures prises dimanche par Israël pour faire face à la crise, mais elles estiment qu’une aide massive et soutenue est nécessaire pour inverser cette tendance dramatique.

Des Gazaouis transportant des sacs de farine près de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 27 juillet 2025, après l’entrée de camions transportant de l’aide humanitaire dans le nord de l’enclave. (Crédit : Bashar Taleb/AFP)

Pendant ce temps, les pourparlers en vue de la libération des otages sont au point mort depuis que les États-Unis et Israël ont rappelé leurs équipes de négociation de Doha, la semaine dernière, en raison de la réponse négative du Hamas à la dernière proposition de cessez-le-feu.

Le groupe terroriste palestinien a progressivement renoncé à exiger d’Israël qu’il s’engage d’emblée à mettre fin définitivement à la guerre en échange de la libération des otages restants, mais des divergences subsistent quant à l’étendue du retrait partiel d’Israël pendant la trêve de deux mois actuellement en discussion, ainsi qu’au nombre de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël qui seront libérés en échange de 28 des 50 otages – 10 en vie et 18 morts.

Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, a déclaré le ministère de la Santé du Hamas dimanche.

Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

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