Pompeo embarque sur le premier vol direct officiel Tel Aviv-Khartoum
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Pompeo embarque sur le premier vol direct officiel Tel Aviv-Khartoum

Le secrétaire d’État américain fera pression au Soudan pour la normalisation des relations avec Israël en capitalisant sur l'accord israélo-émirati

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo arrive à l'aéroport Ben Gurion Airport le 24 août 2020. (Crédit : Matty Stern/US Embassy Jerusalem)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo arrive à l'aéroport Ben Gurion Airport le 24 août 2020. (Crédit : Matty Stern/US Embassy Jerusalem)

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a pris le premier vol officiel direct Tel-Aviv-Khartoum mardi matin, au lendemain de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem.

Dans une vidéo diffusée par l’ambassade américaine en Israël, un responsable israélien annonce « vous êtes maintenant sur un vol historique » à M. Pompeo qui, le visage barré d’un masque sanitaire, semble acquiescer.

Israël et le Soudan n’ont pas de relations diplomatiques et, à moins d’un changement d’itinéraire de dernière minute, il s’agirait du premier vol de ce type, ont déclaré les responsables américains.

Le département d’État a annoncé en début de semaine que M. Pompeo « exprimera son soutien à l’approfondissement des relations entre le Soudan et Israël », lorsqu’il rencontrera les dirigeants soudanais dans le cadre d’un effort visant à tirer parti de l’élan donné par l’accord historique conclu entre Israël et les Émirats arabes unis pour établir des relations diplomatiques.

Le responsable américain doit également se rendre à Bahreïn, à Oman, aux Émirats arabes unis et au Qatar.

Il rencontrera le président du Conseil de souveraineté, le lieutenant général Abdel Fattah Al-Burhan, et le Premier ministre soudanais, le Dr Abdullah Hamdok, a rapporté lundi l’agence de presse officielle du Soudan. Selon l’agence, sa visite sera axée sur la normalisation avec Israël et le retrait du Soudan de la liste noire des nations terroristes dressée par Washington ainsi que sur le « soutien à la transition démocratique du Soudan » et « la paix au Soudan ».

C’est la première visite officielle d’un secrétaire d’État américain au Soudan depuis 2004.

Au cours du week-end, des informations d’un média arabe ont rapporté que le chef du Mossad Yossi Cohen avait récemment rencontré Mohammed Hamdan Dagalo, le chef adjoint du conseil militaire au pouvoir au Soudan, lors d’une réunion organisée et accueillie par les Émirats arabes unis. Des sources ayant eu connaissance de la rencontre Cohen-Dagalo ont déclaré au média qatari Al-Araby Al-Jadeed que le conseil militaire soudanais était intéressé par une amélioration des liens avec Israël.

La semaine dernière, un porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères a confié à Sky News Arabia que son pays était intéressé par l’établissement de liens avec Israël. Khartoum a nié que des pourparlers étaient en cours et Haidar Badawi Sadiq a été licencié le lendemain.

Lors d’une interview ultérieure avec la chaîne israélienne Kan, ce dernier a déclaré qu’il en avait assez que les discussions avec Israël ne soient confirmées que par des sources extérieures.

Sadiq a déclaré qu’il ne comprenait pas pourquoi ses commentaires avaient provoqué un tel tollé, affirmant que le Soudan avait commencé à réchauffer ses relations avec Israël avant les EAU.

Le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères Haidar Badawi Sadiq a été licencié le 19 août 2020, un jour après avoir exprimé son soutien à la paix avec Israël. (Capture d’écran : YouTube)

Les responsables israéliens ont longtemps exprimé le souhait d’améliorer les liens avec Khartoum, en citant son importance dans la région ainsi que sa situation géographique. La nation a été le berceau de la politique de 1967 de la Ligue arabe, qui refusait les négociations ou la normalisation avec Israël. Après la guerre des Six Jours, la majeure partie des dirigeants arabes se sont en effet réunis à Khartoum pour adopter la résolution des « trois non » : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non aux négociations avec l’Etat hébreu.

Mais, ces dernières années, le Soudan a apparemment assoupli sa position, quittant la sphère d’influence de l’Iran qui cherchait désespérément à obtenir la levée des sanctions américaines en tant que partisan du Hamas, du Hezbollah et d’autres groupes terroristes.

Un responsable du gouvernement soudanais a fait savoir mardi dernier à l’agence Associated Press que des délibérations entre les responsables soudanais et israéliens étaient en cours depuis des mois, avec l’aide de l’Égypte, des Émirats arabes unis et des États-Unis.

« C’est une question de temps. Nous sommes en train de tout finaliser. L’initiative des Émirats nous a encouragés et a contribué à calmer certaines voix au sein du gouvernement qui craignaient une réaction hostile de la part du public soudanais », a-t-il expliqué, s’exprimant sous réserve d’anonymat, car non autorisé à en informer les médias.

La visite de Pompeo au Moyen-Orient a suscité une controverse aux États-Unis, où les critiques l’ont accusé de politiser sa position en acceptant de s’adresser à la Convention nationale républicaine par vidéo pour soutenir la réélection de Donald Trump alors qu’il était en mission diplomatique.

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