Pour faire baisser les prix, Liberman veut cibler les supermarchés « cyniques »
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Pour faire baisser les prix, Liberman veut cibler les supermarchés « cyniques »

Suite à des chiffres montrant que certaines chaînes ont augmenté leurs bénéfices de plus de 50 % pendant la pandémie, il serait question de les démanteler, selon un reportage

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des personnes font leurs courses au supermarché Rami Levy de Modiin alors qu'Israël est entré dans un nouveau verrouillage majeur lié au coronavirus le 24 septembre 2020. (Yossi Aloni/Flash90)
Des personnes font leurs courses au supermarché Rami Levy de Modiin alors qu'Israël est entré dans un nouveau verrouillage majeur lié au coronavirus le 24 septembre 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

Le ministre des Finances Avigdor Liberman envisagerait de prendre des mesures contre les chaînes de supermarchés « exploitantes » dans sa tentative de faire baisser les prix des produits frais pour les consommateurs.

La semaine dernière, Liberman a proposé une réforme du marché agricole, qui a été critiquée par les agriculteurs qui ont insisté sur le fait que ce sont les fournisseurs des supermarchés et les points de vente eux-mêmes qui font monter les coûts.

Et lors d’une récente réunion du ministère, M. Liberman a semblé être d’accord, après qu’on lui a présenté des chiffres sur les bénéfices réalisés par certaines chaînes au cours de l’année écoulée pendant la pandémie de COVID-19, a rapporté la douzième chaîne mardi.

Les chiffres montrent que les bénéfices de certaines grandes chaînes ont augmenté de 50 % ou plus l’année dernière. Alors que les confinements et d’autres restrictions telles que l’enseignement à distance pour les écoliers ont maintenu de nombreuses personnes à la maison, augmentant ainsi la consommation alimentaire des ménages, M. Liberman aurait trouvé ces chiffres inacceptables.

« Ce sont des sauts déraisonnables et inquiétants qui font soupçonner une exploitation cynique de la peur, de la détresse et de la situation d’urgence qui ont été créées ici à la suite du coronavirus », aurait déclaré Liberman lors de la réunion, selon la station.

Selon le rapport, qui ne cite pas de source, la chaîne de supermarchés Shufersal a fait 44 % de bénéfices en plus au cours de 2020 qu’en 2019. La chaîne de supermarchés Rami Levy a vu ses bénéfices augmenter de 59 %, tandis que la chaîne Victory a réalisé 113 % de plus que l’année précédente.

« Les chaînes de magasins doivent comprendre que cette situation ne peut plus durer et qu’elles doivent penser non seulement aux bénéfices mais aussi au consommateur », a déclaré M. Liberman.

Diverses propositions ont été soulevées lors de la réunion, y compris le démantèlement de certaines des plus grandes chaînes, selon la Douzième chaîne, bien que la chaine ait noté que cette idée serait difficile à mettre en pratique.

Dimanche, les agriculteurs ont organisé des manifestations contre le plan de réforme de M. Liberman dans tout le pays.

La réforme prévue réduira progressivement sur cinq ans les droits d’importation sur la plupart des fruits et légumes, et les réduira immédiatement sur les œufs, les avocats, l’ail, les petits pois, les haricots, les dattes, les ananas et les artichauts, entre autres. En outre, Israël reconnaîtra les normes européennes pour les fruits et légumes.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman lors de la conférence pour l’Économie et la société organisée à l’Institut israélien de la Démocratie à Jérusalem, le 29 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une déclaration conjointe la semaine dernière dévoilant le plan, les ministères des Finances et de l’Agriculture ont déclaré que la réforme permettrait aux consommateurs israéliens d’économiser 2,7 milliards de shekels par an.

Selon les ministères, le prix de nombreux produits frais a augmenté de
80 % ces dernières années.

La réforme fait partie de la loi sur les arrangements économiques, qui sera incluse dans le prochain budget 2021-2022. Elle prévoit également une enveloppe de plus de 2 milliards de shekels pour accroître la productivité de l’industrie agricole locale.

Cependant, les agriculteurs affirment que l’ouverture du marché aux importations tuera l’industrie locale, qui a longtemps été protégée par des lois et des tarifs protectionnistes.

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