Pour faire pression sur Israël, l’AP menace de ne pas payer les fonctionnaires
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Pour faire pression sur Israël, l’AP menace de ne pas payer les fonctionnaires

Les Palestiniens espèrent que la menace de troubles et le chaos en Cisjordanie et à Gaza dissuadera Israël de procéder aux annexions des implantations et de la vallée du Jourdain

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'Association de la presse étrangère dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le mardi 9 juin 2020. Les Palestiniens ont déclaré mardi qu'ils proposaient un État palestinien démilitarisé en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est avec des échanges de terres en face à face avec Israël, en contre-offre au plan du président Donald Trump pour le Moyen-Orient. (Abbas Momani/Pool Photo via AP)
Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'Association de la presse étrangère dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le mardi 9 juin 2020. Les Palestiniens ont déclaré mardi qu'ils proposaient un État palestinien démilitarisé en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est avec des échanges de terres en face à face avec Israël, en contre-offre au plan du président Donald Trump pour le Moyen-Orient. (Abbas Momani/Pool Photo via AP)

L’Autorité palestinienne (AP) menace de ne pas payer les fonctionnaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza le mois prochain pour tenter de faire pression sur Israël afin qu’il abandonne ses plans d’annexion des implantations et de la vallée du Jourdain, a rapporté mercredi le radiodiffuseur public israélien Kan.

Le reportage, citant un haut fonctionnaire palestinien non nommé, a déclaré que quelque 200 000 employés en Cisjordanie et 60 000 dans la bande de Gaza dirigée par le groupe terroriste palestinien du Hamas ne recevraient pas leur salaire.

Les paiements de la fonction publique sont un élément clé de l’économie palestinienne appauvrie qui connaît un chômage endémique, et une retenue sur les salaires risquerait de fomenter des troubles massifs.

« Laissez le nouveau ministre de la Défense (israélien) payer à notre place », a déclaré le fonctionnaire à Kan, en référence à Benny Gantz.

En vertu de l’accord de coalition entre le parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et Kakhol lavan de Gantz, le Premier ministre peut commencer à aller de l’avant dès le 1er juillet avec l’annexion des territoires de Cisjordanie destinés à Israël dans le cadre du plan de paix Trump.

L’Autorité palestinienne a annoncé le mois dernier qu’elle coupait les relations avec Israël, mettait fin à la coordination sécuritaire et refusait d’accepter les transferts de taxes en provenance d’Israël pour protester contre les plans d’annexion.

« Nous sommes confrontés à l’une des périodes les plus difficiles pour notre cause. Notre plus grand défi en ce moment est d’empêcher l’annexion par Israël de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain », a déclaré mercredi le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, à l’Union des conseils locaux palestiniens.

Dans un discours à l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riad al-Maliki, a déclaré que l’AP continuerait à chercher à faire pression sur Israël pour qu’il retire son projet d’annexion de la Cisjordanie. Al-Maliki a déclaré que l’annexion « doit être tuée dans l’œuf ».

« Nous devons former un front uni pour faire face vigoureusement à l’agression israélienne, aux éventuelles mesures politiques, juridiques, diplomatiques et économiques, y compris une action au Conseil de sécurité des Nations unies, à l’Assemblée générale des Nations unies et au Conseil des droits de l’homme », a déclaré M. al-Maliki.

Al-Maliki a demandé qu’Israël soit politiquement et juridiquement sanctionné pour ce qu’il considère comme ses plans « illégaux ». Il a déclaré que le président de l’AP Mahmoud Abbas avait exprimé à plusieurs reprises sa volonté de s’engager dans un « processus de paix significatif et crédible » basé sur l’initiative de paix arabe de 2002.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, assiste à la séance d’ouverture de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères en vue du Sommet arabe, à Tunis, le 29 mars 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

Les responsables palestiniens et européens ont indiqué que certains pays pourraient riposter à l’annexion unilatérale d’Israël en reconnaissant un État palestinien et en sanctionnant Israël, ont rapporté les médias israéliens.

Citant des responsables palestiniens non nommés, la chaîne de télévision Kan a rapporté que plusieurs pays européens, dont l’Irlande, ont déclaré qu’ils reconnaîtraient un État palestinien si Israël étendait sa souveraineté sur les zones qui lui ont été désignées dans le cadre du plan de paix du président américain Donald Trump.

Mercredi également, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a déclaré que le projet d’Israël d’annexer des parties de la Cisjordanie marque une « grave escalade » qui menace le processus de paix israélo-palestinien.

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