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Pour l’ambassadeur à Kiev, la menace d’une invasion russe plane encore

Le ministère des Affaires étrangères a ouvert un bureau consulaire dans la ville de Lvov ; Jérusalem demanderait à Moscou de l’aider à évacuer ses citoyens en cas d’invasion

Un militaire des forces militaires ukrainiennes de la 92e brigade mécanisée prend part à des exercices de tir réel près de la ville de Chuguev, dans la région de Kharkiv, le 10 février 2022. (Crédit : Sergey Bobok/AFP)
Un militaire des forces militaires ukrainiennes de la 92e brigade mécanisée prend part à des exercices de tir réel près de la ville de Chuguev, dans la région de Kharkiv, le 10 février 2022. (Crédit : Sergey Bobok/AFP)

L’ambassadeur d’Israël à Kiev, Michael Brodsky, a déclaré mercredi que la menace d’une invasion de l’Ukraine par la Russie continuerait de planer au moins jusqu’à la fin du mois de février.

« Jusqu’à la fin du mois au moins, il y aura un danger d’action militaire ou autre », a indiqué Brodsky dans une interview au site d’information Ynet. « Nous espérons que la situation se dénouera, mais nous nous préparons au pire. Nous avons des plans pour chaque scénario… et nous savons ce que nous devrons faire à chaque étape. »

De son côté, le ministère des Affaires étrangères a ouvert un bureau consulaire dans la ville de Lvov, dans l’ouest de l’Ukraine, pour s’occuper des citoyens Israéliens dans l’hypothèse d’une invasion par l’est du pays, frontalier de la Russie.

Selon le site d’information Axios, le ministère des Affaires étrangères aurait également élaboré un plan d’urgence pour évacuer les ressortissants Israéliens par voie terrestre via la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Moldavie et la Roumanie.

Brodsky a déploré ce qu’il décrit comme la « passivité » des Israéliens en Ukraine, dont un très petit nombre seulement (3 100 personnes) a opté pour une évacuation préventive, alors que 10 000 ressortissants demeurent encore dans le pays.

« Il se pourrait qu’arrive le moment où personne ne pourra être secouru: il faudra alors peut-être partir en direction de l’ouest, traverser la frontière vers la Pologne ou la Roumanie », a-t-il déclaré au Times of Israël dans une autre interview.

« En pareil cas, ce sera déjà l’état d’urgence et tout le pays se dirigera vers l’ouest. Ce sera un cauchemar. »

L’ambassadeur d’Israël en Ukraine Michael Brodsky (à gauche) s’entretient dans son bureau de Kiev avec le correspondant diplomatique du Times of Israel, Lazar Berman, le 15 février 2022 (Lazar Berman/Times of Israel)

Selon le site d’information Axios, le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Alon Ushpiz, se serait entretenu par téléphone, ce mercredi, avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, pour rappeler que Jérusalem aurait besoin de l’aide de Moscou pour évacuer ses citoyens et son personnel en cas d’invasion.

Israël est l’un des rares pays à entretenir de bonnes relations à la fois avec la Russie et l’Ukraine, et il a pris soin de ne pas prendre de mesures affichant une préférence pour l’un ou l’autre camp. Il aurait refusé une demande de l’Ukraine d’acheter du matériel militaire, tel que le système de défense antimissile Dôme de fer, a rapporté Ynet.

Par ailleurs, toujours ce mercredi, Brodsky a rejoint d’autres ambassadeurs en poste à Kiev pour visiter la ville côtière de Marioupol, sur la côte est de l’Ukraine, avec le président du pays, Volodymyr Zelensky, dans ce qui devait être présenté comme un acte de défiance envers la Russie.

Les compagnies aériennes israéliennes ont ajouté des créneaux pour des vols Kiev/ Tel Aviv – 32 devaient décoller cette semaine – et Brodsky a déclaré mardi au Times of Israël que les vols étaient presque pleins.

Les choses étaient manifestement bien différentes sur le vol El Al 2652, qui a décollé de Kiev mercredi soir avec plus de la moitié de ses sièges vides, en dépit de l’annulation du vol prévu par El Al le lendemain matin et du report de ses passagers sur ce vol du soir.

Sur cette photo tirée d’une vidéo fournie par le service de presse du ministère russe des Armées, le 15 février 2022, des chars de l’armée russe retournent à leur base après des exercices. (Service de presse du ministère russe des Armées via AP)

Par ailleurs, les États-Unis récusaient l’information selon laquelle la Russie retirait ses troupes de la frontière ukrainienne, accusant plutôt Moscou d’y masser davantage de soldats alors que les craintes d’une invasion grandissaient.

La Russie a accru sa présence à la frontière avec l’Ukraine de « près de 7 000 soldats », dont certains sont arrivés mercredi, a déclaré un haut responsable de la Maison Blanche, qualifiant de « fausse » l’annonce d’un retrait par Moscou.

« Nous continuons de recevoir des renseignements suivant lesquels la Russie pourrait à tout moment utiliser un prétexte fallacieux pour justifier une invasion. »

Le responsable, qui a souhaité garder l’anonymat, a ajouté que si Moscou déclarait vouloir parvenir à une solution diplomatique, ses actions « indiquaient le contraire ».

L’AFP a contribué à cet article.

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