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Carnet du journaliste

Alors qu’Israël s’efforce de rapatrier ses citoyens, un vol El Al de Kiev quasi vide

Les compagnies aériennes ont ajouté des vols supplémentaires depuis l'Ukraine, mais la demande ne semble pas être au rendez-vous

Lazar Berman

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des passagers embarquent sur le vol El Al de Kiev à Tel Aviv, le 16 février 2022. (Lazar Berman/Times of Israel)
Des passagers embarquent sur le vol El Al de Kiev à Tel Aviv, le 16 février 2022. (Lazar Berman/Times of Israel)

KYIV – Alors que les diplomates israéliens continuent leurs efforts pour convaincre les Israéliens de quitter l’Ukraine, ils rencontrent un succès mitigé.

Les compagnies aériennes israéliennes ont ajouté des vols de Kiev vers Tel-Aviv, soit un total de 32 vols prévus cette semaine ; l’envoyé d’Israël en Ukraine, Michael Brodsky, a déclaré mardi que les vols étaient presque complets.

Mais les choses semblaient bien différentes sur le vol El Al 2652, qui a décollé de Kiev mercredi soir avec plus de la moitié de ses sièges vides, bien qu’El Al ait annulé son vol prévu pour le lendemain matin et déplacé ces passagers vers celui-ci.

Alena, qui voyageait seule, était à Kiev pour rendre visite à sa famille lorsqu’elle a vu aux informations qu’Israël demandait à ses ressortissants  de quitter le pays. Des proches en Israël étaient également concernés.

« Ils m’appelaient tout le temps d’Israël en me disant « Reviens, reviens »», a-t-elle déclaré.

Mais elle ne pensait pas que des combats éclateraient réellement avec la Russie.

Le vol presque vide d’El Al de Kiev à Tel Aviv, le 16 février 2022. (Lazar Berman/Times of Israel)

« Je pensais que c’était exagéré de dire qu’il y aurait une guerre », a-t-elle déclaré.

Parmi les quelques passagers israéliens visitant l’Ukraine en tant que touristes, il y avait un jeune couple religieux de l’implantation de Yitzhar dans le nord de la Cisjordanie.

Comme de nombreux touristes israéliens en Ukraine, ils étaient à Ouman depuis quelques jours pour se recueillir sur la tombe du rabbin Nachman de Breslev. Ils avaient prévu de rentrer jeudi, mais ont été contraints d’écourter leur séjour en raison de l’annulation de leur vol de retour.

Ils ne pensaient pas beaucoup à la possibilité d’une guerre.

« Je ne sais pas, nous avons suivi le mouvement », a déclaré Yaakov.

« Bien que certains membres de la communauté israélienne d’Ouman soient partis, la plupart restent sur place », a-t-il déclaré. Le couple a déclaré avoir choisi de visiter le site de pèlerinage maintenant parce que les femmes ne se rendent traditionnellement pas à Roch HaShana, période à laquelle des dizaines de milliers de Juifs se rendent à Ouman.

Des ultra-orthodoxes allument la bougie de la « Havdalah » qui marque la fin du Shabbat juif dans une synagogue d’Ouman, en Ukraine, pendant la fête juive de Rosh HaShana, le 7 septembre 2013. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Parmi les autres passagers figuraient des personnes âgées ayant la double nationalité qui ne parlaient pas un mot d’hébreu et plusieurs familles avec de jeunes enfants qui discutaient joyeusement en russe. Ceux qui voulaient dormir pendant le vol pouvaient occuper des rangées entières.

Mardi, Brodsky a déclaré qu’il restait environ dix mille citoyens israéliens  dans le pays et que 6 500 d’entre eux s’étaient inscrits pour recevoir les mises à jour d’urgence par l’intermédiaire de l’ambassade. Le personnel consulaire de l’ambassade, qui comprend des diplomates arrivés lundi pour renforcer l’équipe, a travaillé dur pour aider les citoyens à obtenir les documents dont ils ont besoin pour quitter l’Ukraine cette semaine.

À en juger par le vol de mercredi, des milliers d’Israéliens en Ukraine choisissent de ne pas suivre les conseils de l’ambassade.

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